La passion de Jean-Pierre Bacri pour le septième art est certainement née alors que son père exerçait, le week-end, la profession de guichetier dans un cinéma en complément de ses revenus de facteur. En 1962, la famille fuit l'Algérie pour venir s'installer à Cannes. A cette époque, le jeune Jean-Pierre, inscrit au lycée Carnot, poursuit le rêve de devenir professeur de français et de latin. A 25 ans, il décide finalement de changer d'orientation pour monter à Paris et se lancer dans la publicité. Cependant, il approfondit son amour pour la comédie en suivant l'enseignement du Cours Simon. Mais l'écriture demeure son dada premier. Sa première pièce intitulée "Tout simplement" est ainsi achevée en 1977. Suit "Le Timbre" en 1978 et "Le Doux visage de l'amour" en 1979 qui reçoit le Prix de la fondation de la vocation.
Au moment même où il couche ses premiers écrits, le comédien en devenir fait ses débuts par le petit écran. Après une apparition dans le court-métrage "Le goût étrange de Juliette" de Sylvain Madigan (1978), Jean-Pierre Bacri est du casting de l'épisode intitulé "Maigret et le tueur" de la série Les enquêtes du commissaire Maigret (1978) puis il figure au casting du téléfilm "L'éblouissement" de Jean-Paul Carrère (1979). Sa première apparition sur le grand écran date du film
Le Toubib de Pierre Granier-Deferre (1979) où il incarne un anesthésiste face à
Alain Delon qui tient la tête d'affiche. Après une nouvelle série de téléfilms et participations à des séries télévisées, Jean-Pierre Bacri est révélé, en 1982, par
Le Grand Pardon d'
Alexandre Arcady. Carrière lancée, l'acteur apparaît dans une succession de seconds rôles dont
Le grand carnaval (1983) et
La 7ème cible (1984). Ces personnages bougons alimentent l'intérêt des professionnels pour l'acteur qui enchaînent bientôt les interprétations à un rythme effréné.
En 1985, il est ainsi à l'affiche de
Subway (il est nommé au César du Meilleur acteur dans un second rôle),
Escalier C ,
On ne meurt que 2 fois. En 1986, il joue dans Chère canaille,
La galette du roi,
Suivez mon regard, États d'âme,
Mort un dimanche de pluie et Rue du Départ. En 1987, il touche la consécration avec
L'été en pente douce face au troublant duo constitué par Pauline Lafont et
Jacques Villeret . Cette année 1987 est déterminante à plus d'un titre. Jean-Pierre Bacri fait la connaissance de l'actrice
Agnès Jaoui . Dans un premier temps, l'acteur continue de s'illustrer seul dans des films marquants :
Mes meilleurs copains (1989),
La Baule-les-Pins (1990),
Le bal des casse-pieds (1992). Avec l'adaptation cinématographique de leur pièce
Cuisine et dépendances par le réalisateur Philippe Muyl (1993), le duo Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui devient une entité à part entière et signe le début d'une collaboration fructueuse... / RDB.