Le revoilà, plus déterminé que jamais. Depuis hier, Bond 22, ou plutôt Quantum of Solace, est entré en lice dans la course aux charts du box-office mondial. Fera-t-il mieux que Casino Royale ? Pas sûr...
Le synopsis est suffisamment explicite pour que l’on se dispense en introduction de réécrire l’histoire. Tout le monde le sait, Quantum of Solace est la suite de Casino Royale. Suivant ainsi le fil d’une première adaptation de Fleming, le nouveau Bond se trouvait dans le premier tome un ennemi à sa taille en la personne du Chiffre jusqu’à la douloureuse disparition de l’être cher. Dans ce second opus, consacrant assurément Daniel Craig, l’agent du MI6 part donc à la recherche des meurtriers de la belle Vesper (Eva Green). Question ! Faut-il alors avoir vu le précédent film pour apprécier le successeur ? Non. La véritable problématique reste de savoir si Quantum of Solace vaut le déplacement.
Dans Casino Royale, le nouveau Bond focalisait toutes les attentions. Craig serait-il à la hauteur ? Mieux que Sean Connery, Roger Moore et Pierce Brosnan ? Ce qui est certain, c’est que le spectateur découvrait un personnage revigoré, plus charismatique, beaucoup plus sensible que les références (fait rarissime, James allait jusqu’à verser quelques larmes). Dans Quantum of Solace, le voici redevenu machine à tuer, rejetant toutes hiérarchies, usant de tous, et sans vergogne, pour dénicher les criminels de son amour perdu à jamais. En ce sens, Quantum of Solace reprend quelques ficelles de Casino Royale : ici, Bond est de nouveau seul – seul face à ses chefs, seul face à la CIA, seuls contre les bandits, seul contre tous - authentique héros charmeur qui les tombe toutes (référence au Gardien des Etoiles). Pourtant, ce n’est pas la crise caractérielle qui demeure le vecteur de l’intrigue (très fine ceci dit en passant). Dépassé la découverte, que reste-t-il alors ?
Très peu de temps morts. Martin Campbell la jouait réflexion ; Marc Foster répond par l’action. Courses poursuites, jeux de poings, cascades. Des voyages aux quatre coins du monde, de belles pépés plus affolantes les unes que les autres, bagnoles de sports à la mode défoncées. Vie luxueuse ! Face à la crise, James n’a jamais connu de problèmes d’argent. On reconnaît tous les traits qui ont fait le succès du mythe. Ici, on poursuit la franchise sans trop se poser de questions. Et les maigres relents écologiques ne suffisent assurément pas à donner de la profondeur au sujet. Casino Royale surfait sur la vague du renouveau des jeux de cartes ; Quantum of Solace effleure la question de la soif dans le monde. Logique ! Soyez donc tranquilles, ou plutôt que les amateur de 007 se rassurent. C’est un bon James Bond. Mais sans plus. Quant aux autres, toujours le même défilé de marques, même s’il est un peu moins visible (une pensée pour les employés girondins de chez Ford qui doivent être contents de voir les millions passés dans la pub)... Comme toujours, un petit mot de fin : on appelle ça du cinéma pop-corn.
Reynald Dal Barco