Titre original : X-Men: First Class
Réalisé par
Matthew Vaughn
Durée : 2H10
Date de sortie :
1 Juin 2011 (FR)
| 3 Juin 2011 (US)
Distributeur :
Twentieth Century Fox France
De quoi ça parle ?
Avant que Charles Xavier et Erik Lensherr n'endossent les identités de Professor X et de Magneto, ils étaient deux jeunes homme qui découvraient leurs pouvoirs. Avant d'être ennemis, ils étaient amis. Ils travaillaient ensemble et avec d'autres mutants afin de combattre la plus grande menace que le monde ait connu. Au cours de cette aventure, quelque chose va les opposer, et la guerre éternelle entre eux va commencer...
Qu'en pense
?
par Emilie Bablée
X-Men : le commencement. Un commencement, une génèse, c’est bien ce dont il est question ici. Il s’agit d’un véritable prequel, assez long, 2h20, pour mettre en place la mythologie
X-Men en s’appuyant sur un binôme de choc,
Michael Fassbender et
James McAvoy.
X-Men: le commencement est à la hauteur de nos attentes, un excellent film de divertissement. Pas au-delà, car nous n’avons qu’en de rares moments, une véritable jubilation de spectateur.
Difficile de cerner à quel niveau le film atteint
X-Men : le commencement. Un commencement, une génèse, c’est bien ce dont il est question ici. Il s’agit d’un véritable prequel, assez long, 2h20, pour mettre en place la mythologie
X-Men en s’appuyant sur un binôme de choc,
Michael Fassbender et
James McAvoy.
X-Men: le commencement est à la hauteur de nos attentes, un excellent film de divertissement. Pas au-delà, car nous n’avons qu’en de rares moments, une véritable jubilation de spectateur.
Difficile de cerner à quel niveau le film atteint ses limites car il est pourtant bourré de qualités, la première un casting de choix. Les rôles-clé ayant été confiés à des pointures.
Le réalisateur en place, Matthew Vaughn fait du bon boulot sachant que, cette fois, contrairement à sa précédente expérience sur Kick-ass, il avait le studios sur le dos en permanence. Privé de la liberté totale qui lui aurait certainement permis de signer un film parfait, il parvient tout de même à construire un Marvel digne de ce nom.
Sa première audace est contenue dans la scène d’ouverture où il copie à l’identique (même cadrage, même musique) celle que Bryan Singer avait créée pour le premier opus sorti, X-Men. On découvre donc comment Erik Lehnsher enfant fut séparé de sa famille dans les camps d’Auschwitz. Là où Singer avait arrêté sa scène d’ouverture, Matthew Vaughn poursuit. Il fait de Erik Lehnsherr, le cobaye des expérimentations d’un nazi. Ce même nazi ayant maîtrisé un processus d’absortion d’énergie qui prévient le vieillissement. Nous le retrouvons 20 ans plus tard sous le nom de Sebastian Shaw, bien décidé à éradiquer l’espèce humaine en s‘appuyant sur les tensions entre Russes et Américains.
Il fallait bien 2h20 pour construire parallèlement les destinées des futurs Professeur X et Magneto, ainsi que d’introduire d’autres mutants et de dénouer l’intrigue de menace nucléaire. Tout cela est rondement mené avec une touch’ artistique qui n’est pas sans évoquer James Bond contre Docteur No pour le plus sérieux mais également OSS 117 n'est pas mort et Austin Powers pour un côté décalé, qui fait également le cinéma de Vaughn (Layer Cake, Kick-Ass).
Quoi qu’il en soit, le film se noue très clairement autour de ses deux personnages centraux. Au-delà d’une simple transposition de l’éternelle opposition entre le bien et le mal, le film complexifie la chose, en tout cas pour nous spectateur. Habitués à nous ranger sans même y réfléchir du côté des "gentils", nous sommes ici bien plus attirés par le côté Erik Lehnsherr-Magneto.
Ne soyons pas naïfs, ceci se produit parce que ce sont les orientations du scénariste et du réalisateur. Alors que les hommes, les puissants, révèlent toujours davantage de leur pathétisme, nous sommes en effet plus enclin à nous ranger du côté du cynisme (Erik Lehnsherr) que de la naïveté (Charles Xavier).
Comme l’a été District 9 et bien d’autres le films, les mutants sont l’objet d’une métaphore sur la différence, l’exclusion, le racisme, la ségrégation. C’est le tour de force de l’excellent scénario de parvenir à brouiller la ligne qui existe entre les bons et les méchants. Car ici Charles Xavier nous apparaît comme quelqu’un, qui certe veut faire avancer les siens, mais qui dans le même temps, comme lui dira Raven/Mystique, n’a de cesse de vouloir s’intégrer au monde des humains, affichant une certaine intolérance face aux différences physiques des mutants, lui qui n’en a pas.
Cette subtilité nous permet de comprendre notamment comment Mystique choisira de rejoindre le camp de Magneto. Le film est très bien conçu de ce point de vue, en tant que prequel il fait largement le job et nous explique l’origine de bien des choses (Cerebro, le casque de Magneto, le fauteuil roulant de Professeur X…)
Dans la continuité de la parabole, on pourrait voir Charles Xavier tel un Martin Luther King et Erik Lehnsherr tel un Malcolm X. La radicalité d’un combat à mener est un aspect intéressant en filigrane.
Notons également que, bien sûr, Charles Xavier fut élevé dans l’amour et la richesse, tandis que l’enfance de Lehnsherr lui fut arrachée et ses parents tués. D’où gestion différente de la colère… Là encore, sans être décortiqué plus avant, ce sont des éléments qui expliquent les deux différents cheminements.
De toutes façons, tout comme le scénario, c’est le casting qui oriente notre inclinaison, car, si James McAvoy est tout-à-fait à la hauteur dans le rôle d‘un Charles Xavier léger, il ne peut rien contre la puissance dévastatrice du charisme de Michael Fassbender. Ce n’est vraiment plus un hasard si ce gars-là décroche tous les gros rôles, son talent est une évidence.
Le casting est donc un énorme point positif du film car McAvoy et Fassbender sont entourés d’excellentes jeunes femmes, Jennifer Lawrence (Mystique) et January Jones (Emma Frost). Dans le rôle du méchant, Kevin Bacon est comme toujours irréprochable.
Les effets sonores sont ahurissants, plus encore que les effets visuels, alors que reprocher à ce film ? Rien en fait, si ce n’est un tout petit manque de véritable panache émotionnel. Dans le cadre de la genèse de deux amis qui vont devenir ennemis, on aurait aimé une scène aussi forte que celle de l’affrontement entre Obiwan Kenobi et Darth Vador dans Star Wars : Episode 3 - La Revanche des Sith. Mais, en fait, si le film n’est pas allé aussi loin, c’est qu’on en garde sous le pied pour un ou deux autres volets...
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