Sur le papier, Un Monstre à Paris a de quoi séduire. Doté d'un casting réjouissant emmené par Vanessa Paradis, Mathieu Chédid et Gad Elmaleh, le film d'animation d'Eric Bergeron sort en grande pompe dans les salles françaises. Qu'en est-il réellement ? Critique...
Le film se déroule à Paris, en 1910. Emile (Sébastien Desjours), un timide projectionniste de cinéma a un pote, Raoul (Gad Elmaleh), un inventeur exubérant. La de Raoul va les amener à créer,
Sur le papier, Un Monstre à Paris a de quoi séduire. Doté d'un casting réjouissant emmené par Vanessa Paradis, Mathieu Chédid et Gad Elmaleh, le film d'animation d'Eric Bergeron sort en grande pompe dans les salles françaises. Qu'en est-il réellement ? Critique...
Le film se déroule à Paris, en 1910. Emile (Sébastien Desjours), un timide projectionniste de cinéma a un pote, Raoul (Gad Elmaleh), un inventeur exubérant. La de Raoul va les amener à créer, accidentellement un monstre. Mais le suspense ne dure pas bien longtemps, le monstre n’est pas un monstre mais une gentille petite puce qui a vu sa taille décupler et qui est dotée de talents démesurés pour la musique. Le ‘monstre’ va ainsi faire la connaissance de Lucille (Vanessa Paradis), chanteuse au cabaret L‘Oiseau rare, et deviendra Francoeur (Mathieu Chédid ) aux côtés de la belle… mais le préfet (François Cluzet) consumé par l’ambition, a décidé de traquer la créature.
La première impression est bien sûr visuelle, et de ce côté le film est plutôt pas mal réussi, sans être révolutionnaire il reconstitue en tout cas le Paris des années 1900 avec charme et précision mais nous laisse un gôut de déjà-vu, à mi-chemin entre Les Triplettes de Belleville et Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain ou encore le récent Adèle Blanc-Sec. Mais cette magie-là opère toujours, pour peu que l’on soit sensible à ce petit côté désuet si réconfortant…
Côté personnage on est bien heureux de découvrir Raoul et Lucille, après avoir débuté le film avec le projectionniste Emile (Sébastien Desjours) à qui l’on a prêté des lignes de dialogue vraiment gnan-gnan. Oui, cela s’adresse aux enfants, mais il ne faut pas exagérer…
Bref Raoul, l’atout comique du film, à qui Gad Elmaleh a prêté sa voix, est de loin ce qu’il y de plus excitant dans le film, et malgré la résistance que l’on tente encore d’opposer au tout puissant Elmaleh, il faut admettre qu’il est bon. Le personnage de Lucille n’est vraiment pas mal non plus et Vanessa Paradis l’a nettement animée de ses talents de comédiennes.
Et oui, et la chanson dans tout ça, puisque le but était tout de même de faire chanter Vanessa Paradis et Mathieu Chédid dans un film d’animation. Et bien c’est pas mal, enfin difficile de se mettre à la place des enfants, mais en tant qu’adultes, on aimerait autant les voir jouer des morceaux sur scène... Les ritournelles sont agréables et Mathieu Chédid prête plutôt bien sa voix fluette aux désespoir de Francoeur, mais l’émotion ne passe jamais vraiment avec force.
Il y a du bon dans Un Monstre à Paris, une fable qui évoque très nettement King Kong : on est émerveillé par la scène de la serre (qui était fort prometteuse) et la romance à la dure entre Lucille et Raoul fonctionne bien. Mais au final le scénario manque un peu de ressors, de rythme, et la plus grande faiblesse réside dans les dialogues (même François Cluzet est parfois ennuyeux, vous croyez ça possible?). Par ailleurs les messages sont un peu lourds (apparence etc) surtout par le biais du policier Pâté.
Mais les films d’animation ne s’adressent pas prioritairement aux adultes; donc le tout sera de savoir si le film fonctionne auprès des enfants. Quoi qu’il en soit, si, visuellement, Paris innondé ne manque pas de charme, les Américains ont une meilleure maîtrise du dialogue, du décalage, de l’humour...