Délaissant un temps, avec The Dictator, l'esthétique documentaire fiction pour une approche hollywoodienne, Sacha Baron Cohen et son réalisateur Larry Charles n'en demeurent pas moins habiles pour déboulonner les poncifs de tout bord.
Si le film résonne comme un hommage,
Sacha Baron Cohen n'est pas stupide au point de se lancer dans une forme de remake. Dans les années 30,
Charles Chaplin captait tout le cynisme de son époque. Aujourd'hui, le bouffon de service à l'intelligence aiguisée se nomme Baron Cohen. Exit toutes comparaisons hâtives entre
Le Dictateur et The Dictator, à
Délaissant un temps, avec The Dictator, l'esthétique documentaire fiction pour une approche hollywoodienne, Sacha Baron Cohen et son réalisateur Larry Charles n'en demeurent pas moins habiles pour déboulonner les poncifs de tout bord.
Si le film résonne comme un hommage,
Sacha Baron Cohen n'est pas stupide au point de se lancer dans une forme de remake. Dans les années 30,
Charles Chaplin captait tout le cynisme de son époque. Aujourd'hui, le bouffon de service à l'intelligence aiguisée se nomme Baron Cohen. Exit toutes comparaisons hâtives entre
Le Dictateur et The Dictator, à moins d'insister sur leur rôle salvateur respectif. Depuis le début, la marque de fabrique de l'Anglais est de jouer sur les oppositions les plus radicales en façonnant des personnages improbables mis en situation authentique. D'où des vérités pas bonnes à dire qui explosent à la gueule, un humour vitriolé faisant la nique à la bienséance, un parlé vrai qui fait mouche au sein d'une époque vouée au politiquement correct.
Pas facile donc pour le créateur de
Ali G,
Borat et
Bruno. Alors que le public et la critique reconnaissaient son talent subversif, voici qu'il change de braquet, passant du docu-fiction à une esthétique ouvertement hollywoodienne. Après avoir lutté contre l'image décérébrée des rappeurs, après avoir réhabilité les gens de l'Est trop souvent pris pour des ploucs, après avoir dégommé la fausse complaisance de la société envers les homosexuels, voici notre trublion captant le démon du jour : les démocrates donneurs de leçon. L'une des clés de compréhension de
The Dictator se situe dans les mots de
Larry Charles, le réalisateur : "Chaque système politique génère de la souffrance." Ainsi, la première partie du film passe à la moulinette tous les archétypes dictatoriaux que les Occidentaux collent traditionnellement aux dynasties pétrolières d'origines proches et moyen-orientales.
Mais le film commence réellement au bout d'un quart d'heure, quand sa Majesté Aladeen se voit obligée de se rendre aux Etats-Unis : "ce pays construit par des Noirs et racheté par des Chinois" - grand proverbe wadiyien qui résume à lui seul le propos de son auteur qui se retrouve rapidement en slip (son accessoire préféré). The Dictator joue constamment l'équilibre entre comique de situation et humour grinçant. Ce n'est peut-être pas aussi incisif qu'à la grande époque, mais l'animal est loin d'être mort. Baron Cohen attaque toujours autant les mollets (très bon discours à la fin du film). Résultats : éclats de rire garanti, réflexions obligées sur une démocratie moralement incorrecte, déviante, à bien des égards parfois pernicieuse. Le film fait parfois aussi dans la facilité, dans le pipi-caca. Mais bon ! Pour un petit gars venu de la télé qui rêve de grandes audiences afin de mieux disperser son poil à gratter, le détail reste éminemment pardonnable. N'oublions pas que le Sacha Baron Cohen fait partie de ces espèces en voie de disparition. Préservons-le.