REC présente la survie d’une journaliste de télévision locale qui, accompagnée de son caméraman, part en opération de nuit au sein d’une compagnie de pompiers intervenant dans un immeuble. L’intervention (secourir le malaise d’une personne âgée visiblement agressée chez elle) se transforme littéralement en cauchemar quand le sujet chique voracement l’un des secouristes, et que les témoins de la scène, ainsi que le reste des habitants de l’immeuble rassemblé dans la cage d’escalier, comprennent que le bâtiment a été cerné par les forces de l’ordre, qu’il est
REC présente la survie d’une journaliste de télévision locale qui, accompagnée de son caméraman, part en opération de nuit au sein d’une compagnie de pompiers intervenant dans un immeuble. L’intervention (secourir le malaise d’une personne âgée visiblement agressée chez elle) se transforme littéralement en cauchemar quand le sujet chique voracement l’un des secouristes, et que les témoins de la scène, ainsi que le reste des habitants de l’immeuble rassemblé dans la cage d’escalier, comprennent que le bâtiment a été cerné par les forces de l’ordre, qu’il est placé en quarantaine, et qu’aucune des personnes de l’intérieur ne doit en sortir, sous peine d’être purement et simplement abattue. A partir de cet instant, la situation oscillera entre attente de nouveaux secours, recherches d’un havre de paix, fuites éperdues devant les enragés assoiffés de chaire humaine, et nouvelles contaminations. En bandoulière, l’origine de l’infection. Bien entendu, toute l’action est rapportée au spectateur par le prisme de la caméra des jeunes journalistes embarqués dans l’horreur.
En réponse au voyeurisme médiatique, l’utilisation du procédé caméra à l’épaule et captation format numérique va finir par lasser. Car en définitive, la critique est toujours la même. La recherche de réalisme affichée par les réalisateurs se trouve constamment confronté à l’invraisemblance des situations filmées. Dernièrement, le meilleur exemple était la fuite des personnages de
Cloverfield (06-02-08) qui grouillait de non-sens. D’où les constantes références des personnages au besoin de vérité, l’omniprésence de propos justifiant la liberté de la presse dans
REC - il faut filmer toujours pour témoigner du drame vécu. Quant à la question du dynamisme esthétique, rappelons que le
Le Projet Blair Witch est sorti en 1999. Ce n’est pas très vieux, suffisamment tout du moins pour modérer l’enthousiasme sur l’originalité du montage des Espagnols.
Redacted de
Brian De Palma transposait le genre au drame. La prochaine
Diary Of The Dead - Chronique des Morts-Vivants de
George A. Romero nous permettra de critiquer à nouveau le procédé.
Ne soyons pourtant pas trop durs avec le film (Prix du Jury, Prix du Public, Prix du Jeune Public à Gérardmer 2008). A l’instar de l’incompris
Abandonnée de Nacho Cerdà,
REC appartient à la trempe de ce cinéma espagnol fantastique en devenir, plus encore au stade de la chapelle que de l'école. Les parallèles techniques existant dans le film de Balaguero et Paco Plaza, si grossiers soient-ils, ne peuvent s’expliquer que par un hommage aux pairs (référence affichée au
Le Silence des agneaux à la toute fin du film). Quant à l’histoire à proprement parlé, elle fut maintes fois revue et corrigée. Evidemment, sans l’hystérie fatigante de l’héroïne, sans les manœuvres contradictoires du cameraman, sans les comportements poussifs des pompiers et flics prisonniers, REC tient ses promesses. La deuxième partie du film, lorsque le désespoir a pris place, est révélatrice. Tout devient urgence. Le chaos est total. Dans le noir, ça hurle dans tous les sens. La caméra devient floue alors que la Bête montre son nez. Mais on attend toujours le cinéaste qui saura parfaitement fondre le fond à la forme. John Erick Dowdle et son
En quarantaine feront-ils mieux ?