Aujourd'hui dans nos salles, les plus jeunes pourront choisir de suivre les aventures d'un petit garçon pas comme les autres dans L'Etrange pouvoir de Norman. Malheureusement ce film d'animation qui s'annonçait prometteur, louchant nettement vers l'univers de Tim Burton, nous laisse de marbre, comme les tombes qui inondent l'écran.
La première chose qui vient à l'esprit quand on pense à L'Etrange pouvoir de Norman, c'est agressivité. Si certains personnages sont bien développés, et l'intrigue plutôt bien ficelée, l'ensemble pâtit d'un trop plein d'images, de couleurs parfois
Aujourd'hui dans nos salles, les plus jeunes pourront choisir de suivre les aventures d'un petit garçon pas comme les autres dans L'Etrange pouvoir de Norman. Malheureusement ce film d'animation qui s'annonçait prometteur, louchant nettement vers l'univers de Tim Burton, nous laisse de marbre, comme les tombes qui inondent l'écran.
La première chose qui vient à l'esprit quand on pense à L'Etrange pouvoir de Norman, c'est agressivité. Si certains personnages sont bien développés, et l'intrigue plutôt bien ficelée, l'ensemble pâtit d'un trop plein d'images, de couleurs parfois criardes, d'effets grossiers, de mouvements de caméras brusques, de voix braillardes insupportables, d'un son globalement fatiguant.
Dommage, car il y avait du bon aussi dans cette production Laïka. Et pour commencer un graphisme inhabituel, où les physiques des personnages, assez caricaturaux, donnent néanmoins une vision plus réaliste, et grinçante, de la population américaine, que celle que l'on a l'habitude de voir dans les films d'animation américains. Surpoids, cernes, jogging rose, cheveux gras, casquettes crasses, bras flasques, dents pourries, les personnages de ce film d'animation ne sont pas épargnés, même la mère du petit héros n'a pas un physique très avenant.
Lui en revanche, ce petit Norman, esseulé et incompris parce qu'il a le pouvoir de voir et parler avec les morts, avec ses cheveux dressés sur la tête et son corps filiforme, est plutôt mignon, avec une voix qui est de celles qui passent le mieux. Le personnage de son ami, le petit obèse Neil est également très réussi et livre quelques très bonnes répliques, tout comme le débile de service, Alvin.
Malheureusement ces quelques interactions intéressantes entre personnages, ne font pas le poids face à un film, dans son ensemble très moyen, que l'on aura vite fait d'oublier. Cet univers cauchemardesque de zombies, de malédiction et de petit garçon qui parle avec les morts, aurait pu être original et rafraîchissant, mais le film ne sort jamais vraiment d'un schéma narratif tout tracé, d'une morale cucul vue et revue (pardonner, rester soi-même), et de visuels insipides et surtout très peu novateurs, notamment tout ce qui concerne les spectres, les morts vivants et la représentation orageuse de la sorcière.
Bref, n'est pas Tim Burton qui veut. Tim Burton a toujours réussi à contourner la difficulté du message téléphoné et de la morale à six francs six sous. C'est ce qui fait que ses films pour jeune public ont pu séduire également les adultes. De plus, il n'utilise pas les fantasmes des figures cauchemardesques et de la mort, comme un moyen de créer un univers original.
C'est un univers qui passionne Tim Burton de manière authentique, qui fait partie de sa condition d'artiste, et qu'il a toujours magnifié par une forme de poésie macabre et par des créations visuelles étonnantes. Ici rien de tout ça, vouloir mêler l'univers macabre burtonien et l'humour très habituel des productions d'animation américaines, ça ne fait pas bon ménage, et en tout cas, ça ne converge pas vers un film novateur et surprenant. Décevant, d'autant que la production Laïka qui se cache derrière ce film, avait un réalisé un très joli coup avec le film d'animation Coraline.
Emilie Bablée.