Son cinéma a toujours été celui de la guerre. Guerre physique, ou guerre psychologique,
Clint Eastwood aime conter les conflits – sa filmographie d’acteur, et plus encore de réalisateur, le démontre. Bienvenue donc dans le monde d’une mère bataille, authentique destin d’une femme luttant contre les égarements d’une société corrompue, les préjugés machiste de son époque. L'Echange, film féministe ? Film du courage plutôt, de la droiture face à l’adversité insurmontable, la guerre contre l’abandon de soi. Le classicisme de la forme n’occulte en rien la démarche
Son cinéma a toujours été celui de la guerre. Guerre physique, ou guerre psychologique,
Clint Eastwood aime conter les conflits – sa filmographie d’acteur, et plus encore de réalisateur, le démontre. Bienvenue donc dans le monde d’une mère bataille, authentique destin d’une femme luttant contre les égarements d’une société corrompue, les préjugés machiste de son époque. L'Echange, film féministe ? Film du courage plutôt, de la droiture face à l’adversité insurmontable, la guerre contre l’abandon de soi. Le classicisme de la forme n’occulte en rien la démarche toujours novatrice du réalisateur. Il faut de l’effort pour entrer dans le film jusqu’à une véritable prise en main pour 2h21 de plongée dans un drame aux aspérités multiples, plus tortionnaires les unes que les autres. Histoire incroyable, mais vraie. Inimaginable. Pour exprimer cette détresse, une idée lumineuse. D’abord curiosité, le talent d’
Angelina Jolie se déploie au fur et à mesure. Jusqu’ici prisonnière de rôles dérivatifs façon Lara Croft, voici l’actrice pulpeuse dans un rôle dramatique, presque taillé sur mesure. En route pour les Oscars (comme le symbolise la toute fin du film) ? Certitude, le public la redécouvre des pieds à la tête. Au-delà du thème de la guerre, la faute originelle marque L'Echange. Pour Christine, celle d’avoir délaissé son fils quelques heures seulement. Quelques heures pour aboutir à l’atroce d'un mal incarné par le brillant
Jason Butler Harner. Pourquoi en est-on arrivés là ?
Clint Eastwood, guitare à la main, poursuit son étude de mœurs. Quelle histoire de l’Amérique pour tant de sauvageries ? Balzac avait sa
"La Comédie humaine". Il faudra qu'un jour Clint, ou la critique, trouve une appellation pour quantifier son oeuvre. Au sortir de L'Echange, instant suspendu. Bravo.