Echange Standard. Nous sommes arrivés hier à
Deauville pour dix jours de Festival du film Américain. Le Festival propose à la fois des films indépendants en compétition et des premières de films de studios. Ce matin, donc 9h pétante pour la projection de la comédie Echange Standard, distribuée par Universal.
Dans le registre de la comédie classée R, c’est-à-dire interdit aux moins de 17 ans, les scénaristes ont un mal fou à se renouveler entre blagues potaches - dont le paroxysme doit tout au caca - et une obsession pour le quarantenaire marié, sexuellement frustré.
Echange Standard, comme le titre l’indique, fonctionne sur le concept de l’échange d’enveloppe corporelle, concept précédemment exploité dans la comédie Freaky Friday dans la peau de ma mère et de la même tendance que Big, 30 ans sinon rien, 17 ans encore…. Dave (
Jason Bateman) et Mike (
Ryan Reynolds) sont amis depuis l’enfance mais radicalement différents, Dave est un homme responsable, avocat, marié, père de trois enfants, un peu harassé par sa vie. De son côté, Mike est enfantin, irresponsable et amateur d'orgies sexuelles. Lors d'une soirée bien arrosée, chacun déclare envier la vie de l'autre, leur souhait va être exaucé, Dave se réveille dans le corps de Mike et réciproquement.
S’ensuit une enchaînade de situations cocasses plutôt attendues. On peut se laisser divertir par chaque scène, même si l’humour potache autour du caca, des prouts et des anus peuvent finir par lasser tant il est devenu incontournable dans les comédies américaines R-Rated.
Echange standard a d’ailleurs beaucoup en commun avec la récente comédie des frères Farrelly, Bon à Tirer (B.A.T.). La frustration sexuelle des quarantenaires est devenu le thème de prédilection, incontournable. Sur le fond, on n’avance pas d’un iota, tout est hyper stéréotypé et on peut commencer à être vraiment irrité par le traitement qui est appliqué aux femmes. Elles sont soit mères de famille hystériques avec un seul besoin au monde, l’attention de leur époux, soit bombasses carburant à l’alcool fort, au sport et au sexe. Le rêve de tout homme apparemment… Et on vous étale des poitrines et du string sans aucune nécessité scénaristique.
La subtilité est totalement absente du film qui vous envoie une petite musique genre « Confessions intimes » pour vous annoncer la séquence émotion.
Le seul aspect positif de cette production peut éventuellement se trouver dans l’interprétation de Jason Bateman (Juno, Hancock, Jeux de Pouvoir) et Ryan Reynolds (X-Men Origins: Wolverine, La Proposition, Buried) qui ont su jouer avec des expressions typiques de l’un et de l’autre, conférant ainsi une certaine authenticité à cet échange de corps.
Cependant, ni l’un ni l’autre ne semblent avoir un sens comique assez développé pour ce type de film et de toute façon n’ont-t-ils rien de mieux à faire ?