Réalisé par
Brice Cauvin
Durée :
1H35
Date de sortie :
19 Avril 2006 (FR)
Distributeur :
Pierre Grise Distribution
Genre :
Comédie
(2006)
De quoi ça parle ?
L’histoire d’un couple qui s’apprête à partir à Venise mais qui n’a plus envie d’y aller...
L’histoire d’une famille de parisiens qui veulent déménager mais ne savent plus très bien pourquoi, où, ni comment...
Et aussi l’histoire d’un homme qui se croit embarqué dans une affaire de terrorisme et d’une femme qui se demande lequel des deux est le plus fou...
Mais toutes ces histoires ne sont celles que d’un seul couple dans ce film : Philippe et Marion, un couple en pleine renaissance...
Qu'en pense
?
par Reynald Dal Barco
Philippe et Marion, la trentaine, deux enfants... Lui est architecte ; elle travaille dans le cinéma (ou réalise plutôt des doublures vocales pour des séries télévisées de bas étages). Un couple sans histoires (travail, argent, bonheur), si ce n’est qu’ils n’arrivent pas à se décider sur leur voyage à Venise... Partira, partira pas ? Au dernier moment, Philippe et Marion reportent leur départ sur le quai de gare. Dans le hall, Marion met alors la main sur un sac de voyage visiblement abandonné par un étourdi. Seul indice : l’étiquette d’identité du bagage où figure
Philippe et Marion, la trentaine, deux enfants... Lui est architecte ; elle travaille dans le cinéma (ou réalise plutôt des doublures vocales pour des séries télévisées de bas étages). Un couple sans histoires (travail, argent, bonheur), si ce n’est qu’ils n’arrivent pas à se décider sur leur voyage à Venise... Partira, partira pas ? Au dernier moment, Philippe et Marion reportent leur départ sur le quai de gare. Dans le hall, Marion met alors la main sur un sac de voyage visiblement abandonné par un étourdi. Seul indice : l’étiquette d’identité du bagage où figure le nom d’un hôtel - écriture et consonance arabes. Philippe souhaite rapporter le gros paquet aux objets trouvés. Marion, piquée de curiosité, préfère le garder. Ramené à la maison, il s’avère que le sac est plein de billets de banque étrangers. Après enquête via Internet, les numéraires sont syriens.
La quotidienneté retrouve peu à peu ses droits, sauf pour Philippe qui pense avoir mis le doigt sur le financement d’un réseau terroriste. Il se croit épié. Marion à beau se moquer de lui mais le doute s’empare d’elle aussi. Ainsi bascule leur vie de Parisiens. Ce sac perdu symbolise une bombe à retardement - point de départ de la chute dans un vide. Chacun est en proie au questionnement. Ils retrouvent bizarrement des photos de Venise chez eux ; des gens louches semblent les suivre dans la rue. Absorbés par leur névrose, les deux oiseaux ne se cherchent plus, ils n’ont plus goût au travail, ils n’ont plus envie de déménager, ils fuient leurs amis. Philippe prend prétexte d’une lointaine affiliation pour s’intéresser tout d’un coup à la religion juive, tandis que Marion (qui devait être incarnée à l’origine par Irène Jacob) sombre peu à peu avec ses deux enfants dans un repli des plus profonds. Le besoin d‘air est flagrant. Quelque chose est en train de mourir en eux. La fracture est proche. Leur couple tiendra-t-il ?
"Pour moi, un couple, ça n’existe pas. J’ai l’impression qu’on essaye de figer quelque chose qui n’existe qu’en mouvement. Un couple qui doute n’est pas un couple en voie de décomposition. Je voulais montrer que l’amour se construit aussi sur des moments difficiles, fragiles. Le doute est le moteur de cette histoire, ce qui fait de Philippe et Marion des personnages vivants, avec des contours flous..." Plus loin, Brice Cauvin ajoute : "C’est dans l’ambiguïté que se situe la vérité des êtres."
Pour son premier film, le réalisateur n’y sera pas aller avec le dos de la cuillère. Logique ! Brice Cauvin a été pendant 14 ans assistant réalisateur auprès de Romain Goupil, Nicole Garcia, ou encore Maurice Pialat et Pierre Salvadori. "Ce projet existe depuis quatre ans. Il a été difficile à monter. Je me suis dit alors que je n’avais rien à perdre, que ce serait peut-être mon unique film en tant que réalisateur. J’ai tout donné." Bien lui en a pris. Afin de compléter son intrigue, le réalisateur a ainsi glissé quelques subtilités techniques - comme ce dernier quart d’heure dépouillé de tout dialogue.
A la – bonne – surprise générale, De particulier à particulier était récemment proposé dans le cadre du Forum de la Biennale berlinoise (2006). Ici, l’énigmatique Laurent Lucas sourit (pour une fois, c’est rare !) et la douce Hélène Fillières incarne la fragilité même. Traînant sa psyché fébrile, De particulier à particulier n’est peut-être pas à mettre entre toutes les mains. A voir cependant, pour les amateurs de silences, et ceux qui détestent les sentiers battus.
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