A n'en pas douter
Cosmopolis est bien du Cronenberg. En adaptant (assez fidèlement) le roman de
Don DeLillo, le réalisateur canadien trouve un matériau à sa hauteur. Récit hypnotique et philosophique Cosmopolis pourra en surprendre plus d'un. Sous forme de huis-clos mouvant (la quasi-totalité du film se déroulant dans la limousine), le film apparait excessivement bavard dès le départ et le spectateur devra faire l'effort de s'y atteler, d'autant qu'il faut bien avouer que la bande-annonce ne fait pas réellement la lumière sur l'affaire.
Cosmopolis se mérite. Il me faudra
A n'en pas douter
Cosmopolis est bien du Cronenberg. En adaptant (assez fidèlement) le roman de
Don DeLillo, le réalisateur canadien trouve un matériau à sa hauteur. Récit hypnotique et philosophique Cosmopolis pourra en surprendre plus d'un. Sous forme de huis-clos mouvant (la quasi-totalité du film se déroulant dans la limousine), le film apparait excessivement bavard dès le départ et le spectateur devra faire l'effort de s'y atteler, d'autant qu'il faut bien avouer que la bande-annonce ne fait pas réellement la lumière sur l'affaire.
Cosmopolis se mérite. Il me faudra d'ailleurs penser à le revoir une seconde fois (au moins) pour réellement cerner tous les méandres et la densité du nouveau film de celui à qui l'on doit
A History of Violence et
eXistenZ. Tout au long de son parcours intérieur, Eric Packer (
Robert Pattinson) verra défiler, dans sa bulle, différents personnages qui cimentent sa vie. Nous y retrouverons ainsi
Jay Baruchel,
Juliette Binoche,
Samantha Morton,
Sarah Gadon,
Mathieu Amalric pour se terminer avec l'apothéose
Paul Giamatti. Ces rencontres capitonnées se feront (pour la plupart) dans la limousine elle-même où Eric assiste au spectacle d'une société qui explose, le monde des autres, celui qui n'entre jamais dans le sien.
David Cronenberg porte un regard sans concession sur notre Monde dont les racines du mal se trouvent clairement dans un capitalisme ravageur, déshumanisant et glacial. Au fur et à mesure de ces dissertations longues et appuyées (un véritable danger pour le spectateur qui pourrait s'y perdre), Eric Packer sombre doucement et cours à sa chute. Une chute salvatrice, ou du moins source d'une redécouverte de la réalité de l'autre.
Robert Pattinson révèle au grand jour que le cinéma ne s'est pas trompé en le lançant sur l'orbite midinettes. Il aura fallu ce parcours pour que le jeune homme dévoile à tous ses qualités de comédiens et ses choix pertinents. Magistral le gamin ! Difficile aujourd'hui d'imaginer un autre que lui pour camper Eric Packer (
Colin Farrell devait tenir le rôle à l'origine). La justesse de son interprétation est parfaite et mesure idéalement l'ambiguité de son personnage.
Cosmopolis n'aura pas été une claque, mais le choc aura été au rendez-vous ! Le film vous laissera peut-être une impression étrange, comme si vous étiez resté en dehors de la " limo ". Cronenberg n'a pas pris de pincettes et son film demandera au spectateur de s'y abandonner sous peine d'y être hermétique.