Titre original :
Casino Royale
Réalisé par
Martin Campbell
Durée :
2H18
Date de sortie :
22 Novembre 2006 (FR)
|
17 Novembre 2006 (US)
Distributeur :
Gaumont Columbia Tristar Films
De quoi ça parle ?
Pour sa première mission, James Bond affronte le tout-puissant banquier privé du terrorisme international, Le Chiffre. Pour achever de le ruiner et démanteler le plus grand réseau criminel qui soit, Bond doit le battre lors d'une partie de poker à haut risque au Casino Royale. La très belle Vesper, attachée au Trésor, l'accompagne afin de veiller à ce que l'agent 007 prenne soin de l'argent du gouvernement britannique qui lui sert de mise, mais rien ne va se passer comme prévu.
Alors que Bond et Vesper s'efforcent d'échapper aux tentatives d'assassinat du Chiffre et de ses hommes, d'autres sentiments surgissent entre eux, ce qui ne fera que les rendre plus vulnérables...
Qu'en pense
?
par Reynald Dal Barco
C’est peu dire que le spectateur en aura bouffé du Casino Royale. A toutes les sauces ! Presse écrite, Internet, radiophonique, télévisuelle, même le secteur de la publicité aura tiré la couverture afin de profiter de la déferlante 007. On aurait bien tort de ne pas mettre notre grain de sel dans la discussion généralisée. Afin d’aiguiller le lecteur, de notre côté, oui, ce James Bond des années 2000, nous, on adore (bien qu’il ne soit pas exsangue de nombreux défauts).
C’est peu dire que le spectateur en aura bouffé du Casino Royale. A toutes les sauces ! Presse écrite, Internet, radiophonique, télévisuelle, même le secteur de la publicité aura tiré la couverture afin de profiter de la déferlante 007. On aurait bien tort de ne pas mettre notre grain de sel dans la discussion généralisée. Afin d’aiguiller le lecteur, de notre côté, oui, ce James Bond des années 2000, nous, on adore (bien qu’il ne soit pas exsangue de nombreux défauts). Voici pourquoi...
"De l’amour, de l’action, de l’aventure". Tout le monde connaît le refrain : la recette a fait le succès planétaire de l’agent au service de sa majesté. Le Casino Royale de Martin Campbell garde ce précepte comme fil conducteur. A ceci près que de l’aventure, le réalisateur a gardé le plaisir des beaux décors - paysages féeriques, hôtels princiers et belles bagnoles. Ce James Bond n’est, dans ce sens, pas original – il voyage toujours avec autant de facilité de l’Europe à l’Afrique, en passant par l’Amérique latine. Quant à l’action, elle est surtout, ici, charnelle. Fini les cascades grandiloquentes et improbables aux effets spéciaux démesurés. A l'inverse de son GoldenEye (1995), Campbell insiste sur les capacités corporelles de son héros (style Yamakasi en ouverture). Les spécialistes racontent que le tournage fut difficile pour Daniel Craig. On peut le croire à la vue des véritables performances de l’acteur. James n’arrête pas de courir, de bondir, de se battre comme un tigre. Heureusement car la première critique que nous ferions à Casino Royale est le manque de consistance de son intrigue. Après tout, qu’elle est telle ? Démanteler un réseau international de terroristes financiers ! Le thème n’est pas nouveau. Cependant, il méritait peut-être un meilleur traitement. La première partie du film balade notre James au quatre coins du monde pour l’asseoir au final à une table de poker. Sincèrement, mis de côté de qualités physiques évoquées plus haut et les quelques rebondissements plantés ici ou là, il n’y a pas de quoi fouetter un chat.
Le plus important dans Casino Royale, c’est le nouveau James Bond, c’est Daniel Graig. Il paraît qu’à l’annonce officielle révélant l’embauche du comédien jusque-là quasiment inconnu, une pétition britannique circula afin de décrier l’acteur. Bien mal en pris les signataires. Sean Connery, Roger Moore et Pierce Brosnan avaient la classe, certes. Trop même, jusqu’à rendre l’agent secret trop lisse, trop impénétrable, machine à sexe dénuée de toute sensibilité. Le mâle dans toute sa puissance – tombeur, et surtout jamais pris au dépourvu quelles que soient les circonstances. Pourquoi James Bond est-il si rude, si dénué de sentiments ? Il faut aller voir Casino Royale pour le savoir, et pour le croire.
En 2006, si les filles continuent à se retourner sur son passage, James est fragile. Face à la chronologie de la franchise, on pourrait bien sûr expliquer ce trait de caractère – jusque-là inconnu pour notre homme – par sa fraîche arrivée dans le MI6 (à l’inverse des autres épisodes, il ne profite d’ailleurs pas de toute la technologie de l’espion trois étoiles). On supposera plutôt que Craig incarne la fragilité et l’humanisme du soi-disant homme moderne. Quoi qu’il en soit, dans le Casino Royale de Campbell, James est esseulé plus que jamais. "Seul contre tous", c’est encore l'une des caractéristiques de la légende. Sauf qu’aujourd’hui, il est dépourvu de secours, marchand sur des oeufs à chacun de ses rapports avec l’autre, jusqu’à être trahi dans un amour qu’il croyait éternel (James pleurera, c’est dire). Même le MI6 est à deux doigts de le laisser tomber avant de l’extirper du monde des morts. Vous verrez, James a le cœur très sensible. Puisqu’on ne veut rien lui donner, il prendra tout !
Casino Royale, avant d’être parodié en 1967 par un David Niven sous la houlette d’une pelletée de réalisateurs et de scénaristes, fut d’abord le premier roman, publié en 1953, par un écrivain de génie, Ian Fleming. On tuera donc dans l’œuf toute tentative de comparaison entre le Casino Royale d’hier et celui d’aujourd’hui. Campbell, loin de faire du neuf avec du vieux, a réalisé un prequel de la série. Comment cet orphelin si charitable, aimant autant son prochain, est-il devenu une bête de guerre affublée du sigle double 0, alias permis de tuer, toute entière dédiée à la protection froide de son pays ? Parce qu’il a souffert pardi !
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