Critique cannoise : S'inspirant d'événements ayant vraiment eu lieu en Roumanie en 2005, alors qu'une jeune fille avait rendu visite à une amie dans un petit couvent isolé de Moldavie où elle mourut finalement quelques semaines plus tard, Cristian Mungiu décide cependant de se distancer le plus possible de l'histoire initiale pour parler d'amour, de libre arbitre, de choix, en amour et au nom de ses croyances. En effet, dans le film Alina rend visite à Voichita afin de l'emmener avec elle en Allemagne. Ayant été élevées toutes deux en orphelinat, Voichita, est la seule personne
Critique cannoise : S'inspirant d'événements ayant vraiment eu lieu en Roumanie en 2005, alors qu'une jeune fille avait rendu visite à une amie dans un petit couvent isolé de Moldavie où elle mourut finalement quelques semaines plus tard, Cristian Mungiu décide cependant de se distancer le plus possible de l'histoire initiale pour parler d'amour, de libre arbitre, de choix, en amour et au nom de ses croyances. En effet, dans le film Alina rend visite à Voichita afin de l'emmener avec elle en Allemagne. Ayant été élevées toutes deux en orphelinat, Voichita, est la seule personne qu'elle ait jamais aimée et qui l'ait jamais aimée. Mais, entre temps, dans ce couvent isolé, Voichita a rencontré Dieu. Dans son incompréhension de cet amour, plus grand, que Voichita porte à dieu, Alina se comporte d'une manière que les membres du couvent jugent être une obsession par le diable.
S'écartant donc de l'histoire vraie, Mungiu évite effectivement de somber dans le mélodrame et le film sensationnel. Il livre en revanche un tableau saisissant d'une vie monacale, âpre, simple. Les images de ce petit hameau enneigé sont par ailleurs somptueuses. Malheureusement, le réalisateur ne semble ne jamais prendre vraiment position et laisse le spectateur assez dubitatif quant à ce qu'il tenterait éventuellement de nous dire. Nous constatons d'ailleurs, que Mungiu n'est pas un cas isolé, que les réalisateurs posent leur caméra, filment des histoire, de manière souvent magistrale, mais ne prennent pas position, ne livrent pas de véritable point de vue sur leur sujet, et c'est éminemment frustrant pour le spectateurs, et encore davantage pour le chroniqueur.
Le principal obstacle à notre compréhension et appréhension complète, vient de ce que Mungiu - certainement dans son désir d'éviter tout sensationnalisme- ne nous éclaire jamais vraiment sur la véritable teneur de la relation des deux jeunes filles. Une homosexualité consommée est suggérée à quelques reprises mais jamais clairement énoncée. De là, il est assez difficile de bien comprendre les motivations et les choix des deux protagonistes. On ne sait par ailleurs jamais pourquoi Voichita a choisi de s'exiler dans ce couvent où elle a trouvé Dieu. Et sur la question de la religion, alors là le film est encore plus trouble. Il semble la condamner mais fait dans le même temps, le portrait de personnes généreuses, douces et protectrices. De ses propres mots, le réalisateur souhaitait mettre en avant le seul pêché qui n'est pas énoncé dans les 464de l'église orthodoxe, celui de l'indifférence, mais nous n'avons aucunement le sentiment d'avoir vu un film sur l'indifférence. Plus intéressant, et plus criant ici, sa volonté de montrer un pays qui a été exposé à une série d'atrocités qui rendent finalement les gens inertes face à des signaux évidents.