On adore Judd Apatow et c'est sass doute pour cela que ce film nous a quelque peu déçu. La férocité, la quasi absence de compromis (sinon à la fin), c'est le point fort de cette "comédie" qui dure plus de deux heures et qui, à l'image de la précédente et excellente réalisation de Judd Apatow, Funny People, ne fait aucune concession à une démarche "commerciale". Judd Apatow enfonce le clou de ce qu'il a déjà abordé précédemment, et cette fois beaucoup plus frontalement : le délitement du couple.
C'est son leitmotive car il s'agit de son angoisse la plus profonde. Lui-même
On adore Judd Apatow et c'est sass doute pour cela que ce film nous a quelque peu déçu. La férocité, la quasi absence de compromis (sinon à la fin), c'est le point fort de cette "comédie" qui dure plus de deux heures et qui, à l'image de la précédente et excellente réalisation de Judd Apatow, Funny People, ne fait aucune concession à une démarche "commerciale". Judd Apatow enfonce le clou de ce qu'il a déjà abordé précédemment, et cette fois beaucoup plus frontalement : le délitement du couple.
C'est son leitmotive car il s'agit de son angoisse la plus profonde. Lui-même enfant du divorce, il ne se cache pas du fait que cela reste l'événement fondateur de sa "psychologie". L'angoisse de voir le couple et donc la famille s'effondrer demeure une angoisse profonde, et c'est ce qu'il tente d'exorciser dans ce film.
Judd Apatow s'attaque à l'Américain moyen. Il ne nous épargne rien de la médiocrité du rapport de couple, des travers de chacun et même des moyens pathétiques mis en oeuvre pour tenter de sauver le navire. Pete (Paul Rudd) pète au lit, montre son anus à sa femme our qu'elle le rassure sur la teneur d'une gêne. Debbie (Leslie Mann) est dictatoriale, empêche son époux de manger ce qu'il veut. Il se sent nul, lui dissimule leurs problèmes financiers, elle a peur de ne plus lui plaire, et entretient donc son corps à l'excès...
Malgré un sujet très intéressant et une manière d'aborder les choses sans concession, Judd Apatow se prend un peu les pieds dans le tapis, et ce pour plusieurs raisons. Malgré quelques scènes vraiment outrancières et donc drôles, la globalité du film est assez sombre et il se trouve que l'humour, la dérision d'Apatow, est plus efficace dans une vraie comédie que dans ce film plus nuancé.
40 ans : mode d'emploi est bien plus intéressant et audacieux que la majorité des productions américaines, mais malheureusement le film perd énormément d'efficacité de par son casting. Paul Rudd et Leslie Mann sont des seconds rôles, ils sont parfaits en seconds rôles, ils n'ont en revanche pas les épaules pour être des acteurs principaux. Ils ne sont pas assez drôles, ils n'ont pas suffisamment le sens du rythme et ils sont physiquement trop lisses, sans relief (ce qui leur est d'ailleurs dit dans le film).
Il ne s'agit pas du meilleur film de Judd Apatow mais cela reste sociologiquement intéressant sur la classe moyenne américaine, qui ne nous fait clairement pas rêver. Il y a moins (voire pas) de fulgurances comiques que dans ces précédentes réalisations. On apprécie cependant toujours ses références à la pop culture, que ce soit au travers de la musique ou au travers de la télévision avec une évocation des séries Lost et Mad Men...