Mariées mais pas trop

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L'interview de Jane Birkin


L'interview de Jane BirkinActuellement en tournée mondiale pour son album "Arabesque", de retour du festival Léo Ferré en Italie, après être rentrée en Angleterre pour offrir un chapeau à sa maman Judy Campbell (avant que celle-ci, à l'âge de 87 ans, n'entame son one man show à Londres en passant par le Japon), et avant de donner des concerts dans les prisons de Fresnes et Nanterre (ainsi que dans des maisons de retraite - dont les recettes vont aux victimes du séisme d'Algérie), Jane Birkin se pose quelques heures, souriante, enthousiamante et intarissable pour une rencontre autour de "Mariées mais pas trop".

CineMovies : Catherine Corsini vous a donc demandé de changer beaucoup de choses pour incarner Renée ?

Jane Birkin : "Oui, elle me voulait sans cheveux, sans accent, sans mes dents... Elle ne voulait pas voir les gimmicks ; elle voulait que je sois plus mignonne. Il ne fallait pas avoir d'accent britannique, pour être provinciale. Renée, c'était l'idée du luxe désuet. Il fallait avoir de l'autorité aussi. C'était très difficile car Emilie en avait plus que moi ! Je ne suis pas comme Dianne Wiest, qui vient de tourner "Coup de foudre sur Broadway"... Pas comme ces Américains qui ont une autorité naturelle... Dianne Wiest ou Kathleen Turner auraient été parfaites pour ce rôle. Mais d'un autre côté, je n'aurais pas pu jouer le rôle de Mrs Robinson dans le remake du "Lauréat"... L'important, c'est d'avoir un humour personnel."

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Mais ces Anglaises sont parfaitement flegmatiques...

"Ah oui, nous les Anglais, si on trouve un cadavre dans le réfrigérateur, on continue à servir le dîner ! Et d'ailleurs, j'ai adoré tenir la main de Clovis (NDLR : la scène de la main coupée). L'enfance de l'art, pour nous, c'est de jeter des cadavres par dessus les ponts."

Le rôle vous a demandé beaucoup de travail ?

"Oui, beaucoup. Tout le monde travaille beaucoup, tous les acteurs, toute l'équipe, c'est sûr... Mais pour moi, c'était plus que les autres : le temps de mettre les perruques, le travail sur l'accent... C'était long, oui."

Comment s'est déroulé le travail avec Catherine Corsini ?

"Catherine est très tendre. Elle adore les acteurs, ce qui n'est pas le cas de tous les réalisateurs, croyez-moi ! (NDLR : elle fait allusion là au tournage de "Mort sur le Nil"). Elle est très fine ; elle était actrice, une actrice très douée. C'est elle qui a toutes les idées. Ses idées sont vraiment drôles. Mais on peut lui proposer, et s'il y a une vraie folie, elle garde."

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Qu'avez-vous pensé du casting ?

"Avec Emilie, j'avais l'innocence même devant moi. Emilie était ma force. Elle est la bonne humeur même, fraîche à chaque instant, le même charme ! Pierre Richard, lui, est très drôle, mais tellement maladroit ! Il est même dangereux ! Parce que lui, il peut faire une gaffe et il ne lui arrive rien, mais si vous marchez derrière lui, c'est vous qui prenez la planche dans le nez ! Cornillac est un acteur vraiment très précis. Le casting était génial."

Propos recueillis par Isabelle Kersimon lors d'une interview-déjeuner.