Mais qui a tué Pamela Rose ?

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Interview de Eric Lartigau, Kad et Olivier...


Interview de Eric Lartigau, Kad et Olivier...Au détour d'une avant-première du film «Mais, qui a tué Pamela Rose ?», Kad, Olivier, et le réalisateur Eric Lartigau, répondent aux questions de CineMovies. Ambiances à la déconnade bien entendu, mais les trois protagonistes n'ont pas hésité aussi à confier leur sentiment sur un film déterminant.

CineMovies :Vous êtes plutôt habitués à travailler l'écriture de petits formats. Comment s'est passé le passage au long métrage ?

Olivier : Faire du cinéma est quelque chose qui nous a toujours motivés, et cela depuis nos débuts. En douze années de collaborations réciproques, avec Kad, nous avons écrit beaucoup de faux films, de fausses bandes-annonces, de faux extraits de films, de fausses émissions de cinéma. Inconsciemment peut-être, faire du cinéma s'est imposé comme un état de fait pour nous, même si on se disait que nous n'y arriverions jamais parce que l'exercice est trop difficile. On a eu la chance de rencontrer une personne (NDLR : Dominique Farrugia) qui a été capitale dans la concrétisation du projet. Dominique avait adoré les sketches de «Pamela Rose» diffusés sur la chaîne Comédie. Au bout d'une année, il a ainsi évoqué l'idée que nous devrions passer à l'acte, et faire de «Pamela Rose» un long métrage. Partant de cette proposition, nous avons écrit une dizaine de pages sur une histoire policière mettant en scène Ripper et Bullit. A la lecture de notre scénario, Dominique a déclaré que nous étions prêts pour le grand saut. Par la suite, il nous a fait rencontrer des producteurs, et le film s'est monté rapidement. Le premier jour du tournage, Kad et moi, nous étions encore en train d'halluciner. On arrêtait pas de se dire : "Putain, on fait du cinéma". Pour nous, c'était comme un conte de fée qui se réalisait.

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Quel rapport s'est instauré entre le duo Kad et Olivier, et vous, le réalisateur ? Sachant, qui plus est, que c'était là votre premier long ?

Eric Lartigau : Les garçons ont eu, je trouve, l'intelligence, une fois le scénario écrit, de me laisser réaliser le film, et de dire : «Ben voilà, maintenant c'est ton film, chacun sa merde», pour rire bien sûr ! Enfin, chacun son métier ! Eux deux ont écrit littéralement le scénario - avec l'aide de Julien Rappeneau qui les a rejoints sur la fin. Ils me faisaient lire de temps en temps ce qu'ils avaient écrit, j'intervenais mais à la manière d'un réalisateur. J'ai fabriqué certes le film, mais j'ai cherché aussi à les faire participer aux différentes phases du tournage, comme la création des décors. Après, ils découvraient, au jour le jour, les placements, les mouvements, les déplacements. Tout s'est passé d'une manière très naturelle en fait, et sympathique. Sympathique, parce que le tournage s¹est déroulé dans une totale confiance, entre moi et eux. Ils m'ont laissé faire ce que je voulais, du début à la fin !

Le rythme du film est relativement effréné. Les sketches se suivent à une vitesse folle. La somme de recherche a dû être conséquente. Quelles ont été vos sources d'inspirations ?

Kad : Toutes les blagues de Picsou Magazine ont été mises les unes à la suite des autres. Non, avec Olivier, nous avons essayé de surprendre, faire que le spectateur ne s'attendent jamais à ce qui va arriver. Le schéma du film policier est relativement assez classique : il y a un meurtre, puis l'enquête. Nous avons essayer de rompre avec cette tradition. Et encore, il y a plein d'idées que nous avons été obligées d'enlever.

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Parce que vous alliez trop loin ?

Kad : Pas véritablement. Notre scénario était surtout trop riche, trop dense. Nous nous sommes rendus compte qu'il y a avait trop de choses. Nous avions envie d'exprimer tout ce que nous avions envie de faire ou de dire au cinéma. C'est vrai qu'on s'est pris la tête, et que l'aide de Julien Rappeneau a été très utileŠ Ça fait douze ans que nos écrivons tous les jours, pour la télé, pour Internet, pour la scène. Là, c'était différent. Nous savions la chance que cela représentait pour nous d'écrire un film. Et nous n'avions pas envie de faire les feignants, en nous reposant sur nos acquis. Nous voulions de l'originalité pour le spectateur, mais aussi révolutionner notre travail. Nous nous sommes servis du cinéma pour aller plus loin dans ce que nous aimons faire. Tout simplement.

Vous êtes-vous inspirés plus particulièrement d'un réalisateur, ou d'un film ?

Olivier : Non. Nous avons cherché plutôt à développer des ambiances que l'on peut retrouver dans les films américains, et non pas une parodie d'un film à proprement dit, même si on retrouve, de temps en temps, quelques clins d'¦il ici ou là. Ce que nous voulions, c'est que les gens, au sortir de la salle, se disent : "On a vu un film américain avec plein de conneries dedans". C'était ça le but. Utiliser tous les clichés - la morgue, l'interrogatoire, etc., - et déconner dessus.
Eric Lartigau : La trame du film est sérieuse, mais le développement de l'intrigue, par ces deux protagonistes, fait que le décalage est drôle. Enfin, on l'espère ! Même si toutes les actions dérapent vers l'absurde, au départ, tout demeure crédible.

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Sachant que c'était là votre premier film, quelles ont pu être vos craintes de réalisateur ?

Eric Lartigau : J'ai eu des craintes légitimes de premier film. Les sous sont comptés, il faut souvent rendre des comptes à la production, etc. Maintenant, c'est un budget comme un autre. Tout doit être géré sur la longueur. J'étais habitué à ce schéma de production puisque que j'ai déjà réalisé des pubs, et des fictions (NDLR : Eric Lartigau a réalisé certains épisodes de la série "H"). Au cinéma, la différence, c'est que tout est, cinquante, pour ne pas dire cent fois plus gros. L'angoisse est là tous les jours parce qu'il faut réussir à mettre en image ce que d'autres ont écrit sur le papier, et qu'il fallait restituer au mieux ce que Kad et OIivier avaient imaginé. Après, moi, je suis d'une nature anxieuse ; donc des craintes, je crois que j'en aurais toujours !

Et l'ambiance sur le plateau ? Entre Chabbat, Darmon, Rouve des Robins des Bois, Kad, Olivier ? Ce n'était pas trop le bordel de temps en temps ?

Eric Lartigau : Elle était sérieuse. Comme souvent sur le tournage dune comédie, les gens sont plutôt studieux, bien plus que pour un film dramatique, où justement, là, on peut éprouver le besoin de sortir d¹un cadre obscure, plus lourd. Les gens ont ainsi plus tendance à partir dans des fous rires, ou à se raconter des histoires drôles. Là, on était sérieux certes, mais détendus. On ne se prenait pas la tête, mais on était tous rigoureux.

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La fin du film laisse présager une suite !

Kad : Ah bon !
Olivier : Nous avons écrit une fin qui fasse envie au public. Si le public aime les aventures de Ripper et Bullit, si nous avons la possibilité, ou si on nous donne la possibilité, et bien voilà, nous pourrons le faire. Nous n'avons pas voulu fermer la porte aux aventures des deux flics.


Comment appréhendez-vous la sortie de «Mais, qui a tué Pamela Rose» ?

Olivier : Le cinéma est extraordinaire dans le sens où tout peut se décider en une journée. Nous savons très bien que nous allons jouer notre avenir au cinéma le jour de la sortie du film.

Propos recueillis pour CineMovies par Dal Barco.