Rencontre avec l'actrice Cheryl Hines
Rencontre avec la comédienne américaine Cheryl Hines. Evocation du film donc, mais aussi d'Adrienne Shelly, la réalisatrice, tragiquement décédée quelques temps après le tournage.
Bonjour Cheryl Hines, comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?
Et bien, mon agent, qui avait lu le scénario, me l’a soumis. Il pensait que le rôle de Becky pouvait m’intéresser. En effet, j’ai adoré le scénario. Je n’arrêtais pas d’y penser.
Est-ce que pour vous, il était évident que le rôle de Becky vous allait comme un gant ou auriez-vous aimé incarner un autre personnage ?
Non, je voulais être Becky, elle a les répliques les plus drôles.
Pouvez-vous nous parler un peu plus de ce personnage. Je me demandais si vous aviez vous même été serveuse ?
En réalité, j’ai fait ce métier pendant dix ans. J’essayais de débuter une carrière d’actrice et vous savez, ce n’est pas facile. C’était donc un moyen de gagner ma vie. Je connais bien le monde de la restauration ; mais franchement, je n’étais pas douée pour ça. Je ne me sentais pas vraiment concernée par le bien être des clients. D’ailleurs, j’ai souvent été virée. D’autre part, j’ai grandi en Floride et les petites villes de cet état me font penser à ce film et à ce qu’est la vie dans les petites bourgades américaines. Il y a une ambiance particulière et les gens qui y vivent doivent créer eux mêmes un peu de divertissement. L’amitié y est importante et on trouve son bonheur là où on peut.
Actuellement, vous vivez dans une de ces petites bourgades ou dans une grande ville ?
Je vis dans une grande ville maintenant, à Los Angeles.
Comment était-ce de travailler et de jouer avec Adrienne Shelly (la réalisatrice et l’une des interprètes) ?
C’était génial, nous nous sommes tout de suite comprises car nous avons toutes deux des filles du même âge. Elle a écrit le film alors qu’elle était enceinte et nous avions la même compassion pour le personnage de Jenna, qui ne sait pas comment aborder sa grossesse. Je comprenais très bien le sentiment de doute, de se demander comment les choses seront quand l’enfant sera là. En même temps, je comprenais également très bien l’idée que, lorsque l’enfant arrivé, on en tombe immédiatement amoureux. La vie est changée pour toujours. Enfin bref, la complicité a été immédiate entre Adrienne et moi. C’était une personne extrêmement drôle et intelligente.
Effectivement, on ressent cette complicité entre les femmes dans le film. Elles ont d’ailleurs la part belle mais en revanche, Waitress n’est-il pas un peu dur pour les hommes ?
Oui, mais il s’agit avant tout d’un voyage que l’on fait avec le personnage de Jenna. Son mari, interprété par Jeremy Sisto, qui est vraiment bon dans le film, est le genre de type que l’on adore détester. Mais le rôle de l’amant gynécologue, interprété par Nathan Fillion, est vraiment charmant.
En effet, mais la fin est un peu dure pour ces hommes et même pour l’amant, les hommes deviennent des objets que l’on jette ?
Non, je ne crois pas et vous savez en général, ce sont les femmes qui sont traitées à la légère dans les films.
Pensez-vous qu’Adrienne Shelly voulait faire passer un message féministe ?
Non, pas vraiment ; mais le personnage du mari, Earl, lui a été inspiré par un de ses ex. Elle a donc écrit le film d’un point de vue objectif et honnête. Je n’étais pas dans sa tête et je ne voudrais pas parler pour elle,mais il ne semble pas que son propos était féministe.
Pouvez-vous nous parler de la grossesse dans le film et des sentiments que cela implique ?
Je ne sais pas, il y a beaucoup d’interprétations possibles mais ce que le film montre est le fait de se sentir coincée par une situation, d’avoir l’impression d'être sans espoir, qu’il n’y a pas d’issue possible mais que l’on peut aussi avoir une révélation soudaine, comme quand Jenna donne naissance à son enfant dans le film et que, de ce fait, tout le reste se simplifie. Le message c’est aussi que l’on doit se sortir soi-même d’une situation délicate ; personne ne peut le faire pour vous.
Le film a été tourné très rapidement, en vingt jours, était-ce compliqué ?
Oui, c’était un challenge car c’est très court, nous avions tout de même le temps de répéter certaines scènes avant le tournage. Mais, vous savez, vous tournez à l'intérieur puis à l'extérieur, vous êtes dépendant de la lumière et du temps, alors vous ne pouvez refaire la scène qu’une ou deux fois et puis il faut avancer. C’était difficile en ce sens, oui.
En même temps cela le rend les scènes sassez spontanées…
Tout à fait, cela crée une énergie, celle de l’instant.
Avez-vous goûté certaines des tartes qui sont confectionnées tout au long du film ?
Oui, mais, en fait, pas celles qui étaient utilisées à l’écran, car on ne savait pas vraiment ce qu’il y avait dedans. En réalité, certaines étaient délicieuses et d’autres moins (rires). Mais Keri Russell (Jenna) et moi faisions également quelques gâteaux…
Et qu’en est-il de vos projets ?
Et bien, je vais enchaîner avec le tournage d’une nouvelle saison de Curb your enthusiasm qui débute la semaine prochaine. Je viens de travailler sur la comédie The Grand, qui parle d’un tournoi de poker, avec Woody Harrelson et Ray Romano. C’est très drôle et fou.
Interview réalisée et retranscrite par Emilie Bablée.
Rencontre avec la comédienne américaine Cheryl Hines. Evocation du film donc, mais aussi d'Adrienne Shelly, la réalisatrice, tragiquement décédée quelques temps après le tournage.Bonjour Cheryl Hines, comment êtes-vous arrivée sur ce projet ?
Et bien, mon agent, qui avait lu le scénario, me l’a soumis. Il pensait que le rôle de Becky pouvait m’intéresser. En effet, j’ai adoré le scénario. Je n’arrêtais pas d’y penser.
Est-ce que pour vous, il était évident que le rôle de Becky vous allait comme un gant ou auriez-vous aimé incarner un autre personnage ?
Non, je voulais être Becky, elle a les répliques les plus drôles.
Pouvez-vous nous parler un peu plus de ce personnage. Je me demandais si vous aviez vous même été serveuse ?
En réalité, j’ai fait ce métier pendant dix ans. J’essayais de débuter une carrière d’actrice et vous savez, ce n’est pas facile. C’était donc un moyen de gagner ma vie. Je connais bien le monde de la restauration ; mais franchement, je n’étais pas douée pour ça. Je ne me sentais pas vraiment concernée par le bien être des clients. D’ailleurs, j’ai souvent été virée. D’autre part, j’ai grandi en Floride et les petites villes de cet état me font penser à ce film et à ce qu’est la vie dans les petites bourgades américaines. Il y a une ambiance particulière et les gens qui y vivent doivent créer eux mêmes un peu de divertissement. L’amitié y est importante et on trouve son bonheur là où on peut.
Actuellement, vous vivez dans une de ces petites bourgades ou dans une grande ville ?
Je vis dans une grande ville maintenant, à Los Angeles.
Comment était-ce de travailler et de jouer avec Adrienne Shelly (la réalisatrice et l’une des interprètes) ?
C’était génial, nous nous sommes tout de suite comprises car nous avons toutes deux des filles du même âge. Elle a écrit le film alors qu’elle était enceinte et nous avions la même compassion pour le personnage de Jenna, qui ne sait pas comment aborder sa grossesse. Je comprenais très bien le sentiment de doute, de se demander comment les choses seront quand l’enfant sera là. En même temps, je comprenais également très bien l’idée que, lorsque l’enfant arrivé, on en tombe immédiatement amoureux. La vie est changée pour toujours. Enfin bref, la complicité a été immédiate entre Adrienne et moi. C’était une personne extrêmement drôle et intelligente.
Effectivement, on ressent cette complicité entre les femmes dans le film. Elles ont d’ailleurs la part belle mais en revanche, Waitress n’est-il pas un peu dur pour les hommes ?
Oui, mais il s’agit avant tout d’un voyage que l’on fait avec le personnage de Jenna. Son mari, interprété par Jeremy Sisto, qui est vraiment bon dans le film, est le genre de type que l’on adore détester. Mais le rôle de l’amant gynécologue, interprété par Nathan Fillion, est vraiment charmant.
En effet, mais la fin est un peu dure pour ces hommes et même pour l’amant, les hommes deviennent des objets que l’on jette ?
Non, je ne crois pas et vous savez en général, ce sont les femmes qui sont traitées à la légère dans les films.
Pensez-vous qu’Adrienne Shelly voulait faire passer un message féministe ?
Non, pas vraiment ; mais le personnage du mari, Earl, lui a été inspiré par un de ses ex. Elle a donc écrit le film d’un point de vue objectif et honnête. Je n’étais pas dans sa tête et je ne voudrais pas parler pour elle,mais il ne semble pas que son propos était féministe.
Pouvez-vous nous parler de la grossesse dans le film et des sentiments que cela implique ?
Je ne sais pas, il y a beaucoup d’interprétations possibles mais ce que le film montre est le fait de se sentir coincée par une situation, d’avoir l’impression d'être sans espoir, qu’il n’y a pas d’issue possible mais que l’on peut aussi avoir une révélation soudaine, comme quand Jenna donne naissance à son enfant dans le film et que, de ce fait, tout le reste se simplifie. Le message c’est aussi que l’on doit se sortir soi-même d’une situation délicate ; personne ne peut le faire pour vous.
Le film a été tourné très rapidement, en vingt jours, était-ce compliqué ?
Oui, c’était un challenge car c’est très court, nous avions tout de même le temps de répéter certaines scènes avant le tournage. Mais, vous savez, vous tournez à l'intérieur puis à l'extérieur, vous êtes dépendant de la lumière et du temps, alors vous ne pouvez refaire la scène qu’une ou deux fois et puis il faut avancer. C’était difficile en ce sens, oui.
En même temps cela le rend les scènes sassez spontanées…
Tout à fait, cela crée une énergie, celle de l’instant.
Avez-vous goûté certaines des tartes qui sont confectionnées tout au long du film ?
Oui, mais, en fait, pas celles qui étaient utilisées à l’écran, car on ne savait pas vraiment ce qu’il y avait dedans. En réalité, certaines étaient délicieuses et d’autres moins (rires). Mais Keri Russell (Jenna) et moi faisions également quelques gâteaux…
Et qu’en est-il de vos projets ?
Et bien, je vais enchaîner avec le tournage d’une nouvelle saison de Curb your enthusiasm qui débute la semaine prochaine. Je viens de travailler sur la comédie The Grand, qui parle d’un tournoi de poker, avec Woody Harrelson et Ray Romano. C’est très drôle et fou.
Interview réalisée et retranscrite par Emilie Bablée.