La petite Jérusalem

  »  La revue de presse

par Sabrina | 3/5

Magnifique Elsa Zylberstein ! La comédienne se révèle bouleversante dans la peau de cette jeune femme mariée emprisonnée par ses propres principes religieux. Touchante, ludique et définitivement étonnante !. Révélations pour la jeune Fanny Valette, incarnant à perfection cette jeune fille à la fois volontaire et scindée. Que de jolies choses semées en images, regards et mots, de l'intimité à la vie sociale, en passant par ces paysages urbains. Humour et tendresse ponctuent invariablement le film, toujours de façons inattendues. Délicat et délicieux. Reste une mise en scène haute en figures de style, mais quelque peu lisse. D'intéressantes perspectives se présenteront notamment en terme de picturalité. Un cinéma en devenir pour la jeune cinéaste Karin Albou qui, rappelons-le, signe son premier long métrage. Un film prometteur.
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par Jean-Luc Douin | Positif

Croiser Djamel, un Algérien, collègue de travail et féru de mystique, anéantit les principes de Laura, qui après pleurs, mortifications, finit par opter pour la transgression, s'offrir à l'homme qu'elle désire... et découvrir que ce dernier appartient à un monde différent. Une autre forme d'intégrisme lui est alors révélée, une autre cible de racisme, et le sort des clandestins. Porté par une révélation (la jeune Fanny Valette), de jolies scènes d'intimité féminine (celle où la mère confesse sa mélancolie entre deuil de son mari et exil de la Tunisie, ou celle où Elsa Zylberstein réapprend à assumer son désir), La Petite Jérusalem fait beaucoup mieux que de faire état de doutes et de refuser tout dogmatisme. Il arbore une petite grâce qui tient à ce non-dit du désir physique, la puissance d'une sensualité brimée, et, à la manière dont Karin Albou le suggère, entre pudeur et obsédante sensualité.
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par hilippe Descottes | 3/5

Pour apprécier LA PETITE JERUSALEM, la connaissance des us et coutumes séfarades, celles des juifs originaires des pays méditerranéens, est utile, mais elle n'est pas indispensable. Initié ou non, on s'accordera sur le fait que LA PETITE JERUSALEM évite les clichés représentant fréquemment la communauté juive dans le cinéma de divertissement. Avec pour point de départ deux soeurs qui ont reçu la même éducation religieuse, la réalisatrice Karin Albou dresse le portrait de deux femmes sous un angle bien particulier : celui de leur désir face au discours religieux.
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par Pierre Murat | Mitigé

La réalisatrice se plante nettement lorsqu'elle filme l'amour contrarié de Laura avec cet Arabe également traditionaliste et, lui aussi, très lâche : de toute évidence, Karin Albou n'a pas de la gent masculine une idée extrêmement favorable. Elle excelle, en revanche, à observer les rapports de force qui opposent, en chacun, la tradition à la liberté individuelle. Lutte âpre, par moments féroce, qu'elle saisit sans la caricaturer, et dont l'issue demeure jusqu'au bout incertaine. Si on quitte Laura au bord d'une liberté qu'elle a conquise de haute lutte et qu'elle découvre avec bonheur, les autres, tous les autres, se résignent ou se démettent. L'ombre du racisme, qui plus est, plane sur cette France mal aimante et mal aimée, où le repli sur soi et l'exil deviennent les seules réponses terrifiantes à des questions trop longtemps niées.
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