La Maison de Nina

  »  La revue de presse

par Guillaume Loison | 3/5

A chaque nouvelle fiction sur l'Holocauste, resurgit la rengaine lanzmannienne sur l'impossibilité de la représentation. Pas d'exception pour La Maison de Nina qui, bien que laissant les camps hors champs, se pose frontalement la question avec plus ou moins de bonheur. Mais bien lui en prend car le film ne prend corps que par une impuissance mêlée de pudeur à incarner cette leçon d'histoire.
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par Sabrina | 2/5

Rappelons que le réalisateur est décédé en plein montage de son film. Le doute persiste, notamment avec ce dernier plan séquence focalisé sur cette flamme de bougie vacillante… Inutile de pointer le cliché. Soulignons en revanche que le cinéaste mettait un point d'orgue à ne jamais tomber dans la sensiblerie. Sa mise en scène contrastée, usant de volubiles travellings, jeux de perspectives et recadrages, en témoignent d'autant plus. Hommage au cinéaste ? La question reste en suspens. Après tout, le montage filmique constitue une seconde écriture, bien plus significative que toute page de script, aussi imagée soit sa continuité dialoguée. La maison de Nina pêchera justement en son timing. Trop long pour conserver son élan. Mais au moins l'aurons-nous un temps partagé… Tendre découverte.
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par Thomas Sotinel | Mitigé

Ce n'est pas le seul exemple de maladresse dans la narration. Ils sont inégalement répartis tout au long du film. Il arrive que La Maison de Nina trouve les moyens d'évoquer l'indicible sans grands effets : deux enfants croient retrouver leur mère que l'on voit au loin sur un quai de gare ; une jeune femme (très impressionnante Sarah Adler) décide de surmonter son deuil en allant chaque jour enquêter auprès des rescapés accueillis à Paris à l'Hôtel Lutetia. Ces fragments ouvrent mieux les yeux que les séquences de confrontation entre les deux clans qui se partagent la maison de Nina.
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par Olivier De Bruyn | Positif

Les dialogues, la caractérisation des personnages, la mise en scène : tout vise ici à faire sens avec le maximum d'efficacité pédagogique. Même si cette insistance pose parfois problème, la sincérité et la profonde nécessité du film ne font aucun doute. En l'occurrence, c'est l'essentiel.
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par Camille Brun | 2/5

Seule une mise en scène forte et vraiment inspirée pouvait faire la différence. Et jamais la réalisation de Dembo ne parvient à relever son récit. C'est d'autant plus dommage que LA MAISON DE NINA est la troisième et dernière réalisation de Richard Dembo, cinéaste rare et atypique (LA DIAGONALE DU FOU, L'INSTINCT DE L'ANGE) décédé pendant le montage de LA MAISON DE NINA, fin 2004.
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par Jean-Claude Loiseau | Mitigé

Mais de la difficile coexistence entre ceux qui croient aux lendemains qui chantent du communisme et ceux qui cherchent la voie du salut dans la Torah, Richard Dembo tire surtout des effets rhétoriques. Comme si la vérité intime des êtres devait être sacrifiée à un débat passionnant mais maladroitement inséré dans la chronique. On préfère, de loin, le regard simple et chaleureux porté sur l'engagement sans phrases de Nina et celui des autres moniteurs qui faisaient vivoter au jour le jour une petite flamme d'espoir.
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par Caroline Guillou | Mitigé

Un film qui touche grâce à son ensemble de bons sentiments et de compréhension. Un brin de déception au niveau de la réalisation un peu trop académique et appliquée. Une perfection des images qui casse quelque peu la perfection de l'histoire. Trop de perfection entraîne l'ennui à long terme. Mais on reste tout de même accroché aux visages attendrissants de ces déportés, à leur force et à leur courage. Et, bien sûr, on s'accroche à Nina, interprétée avec simplicité par Agnès Jaoui, qui nous éblouit par son dévouement et son amour pour la vie qui l'entoure. Merci à Richard Dembo pour son film.
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