L'Exorcisme d'Émily Rose

  »  La revue de presse

par Reynald Dal Barco | 6/10

Sur le thème de la possession, « L’Exorciste » de Friedkin demeurera pendant encore longtemps la référence des références. Bizarrement, le film de Scott Derrickson ne souffre pas de la comparaison. Le réalisateur en herbe (c’est là sa première réalisation) n’hésite d’ailleurs pas à s’appuyer sur ce premier pour expliquer les tenants et aboutissants de son oeuvre. Différence majeure : le film de 1971 qui terrifia des générations et des générations était une fiction, jouant des ambiances, de la possession par le Malin d’un être sans défense et qui cherche à se venger du père Merrin. Celui de 2005 se base sur des faits réels. On touche ici un point sensible puisque tout le film de Derrickson repose sur le déroulement des faits, rien que des faits.

Si l’on peut critiquer la véracité de ce que l’on voit (l’étudiante était Allemande, et non américaine, etc., etc.)...
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par Marc Gadoury | 2.5/5

Lorsque l'on découvre la vraie histoire qui a inspiré le film THE EXORCISM OF EMILY ROSE (une affaire qui s'est déroulée en Allemagne au milieu des années 70), on peut se demander d'ailleurs quelles sont les raisons qui ont motivé le réalisateur et coscénariste Scott Derrickson (HELLRAISER : INFERNO) à s'écarter de l'histoire réelle? Il y avait assez de potentiel dans les faits originaux pour ne pas se perdre dans des détours inutiles et pour faire de THE EXORCISM OF EMILY ROSE un drame humain prenant et une réflexion sur la science et la religion. Or, Derrickson a préféré dénaturer l'histoire authentique en y insérant en plus des éléments surnaturels qui viennent gâcher la crédibilité de l'ensemble.
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par Eric Van Cutsem | Positif

Le récit joue sur une alternance de scènes de prétoire et de scènes de la vie quotidienne d'Emily confrontant à de nombreuses reprises le rationnel et l'irrationnel pour convaincre le spectateur d'abandonner clairement son rationnalisme. En faisant ainsi basculer les certitudes de l'avocate arriviste (interprétée avec justesse par Laura Linney) défenseur du prêtre, les scénaristes Paul Harris Boardman et Scott Derrickson (également réalisateur) entraînent peu à peu l'histoire sur les pentes de l'inexpliqué tout en ancrant l'ensemble de la société qui nous entoure. Les scènes de possession sont filmées de façon la plus authentique possible à des milliers de kilomètres d'un THE EXORCIST et la scène de l'exorcisme à proprement dit est très forte et parfaitement maîtrisée dans son réalisme.
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par Guillaume Loison | 1/5

Dommage que ce petit thriller fantastique ne parvienne pas à la hauteur de son incroyable rentabilité financière. L'Exorcisme d'Emily Rose avait pourtant de quoi séduire le cinéphage en quête de perles, entre un staff discrètement Eastwoodien (Laura Linney vue dans Les Pleins pouvoirs et Mystic river, éclairée par Tom Stern, le dernier chef op de Clint) et un sujet par essence culte. Hélas, l'inconnu Scott Derrickson aurait dû le rester : pas un gramme de mise en scène ici, le fantastique n'étant pas plus poussé que celui d'un opus de la collection "Vertiges" sur M6. Conséquence logique, qui leste pas mal de produits similaires, un pensum bavard qui prend très au sérieux la philo de bazar.
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par Arnaud | 2/5

Plus à même d'ouvrir une soirée débat sur France 2 que d'honorer le Festival Fantastique de Gérardmer, « L'exorcisme d'Emilie Rose » est la quintessence du bel ouvrage auquel on ne peut rien reprocher… sinon le bel ouvrage proprement dit. Prônant sa légitimité et sa respectabilité dans le fameux « d'après une histoire vraie », le film n'a dès lors plus qu'à remplir le contrat pré-signé et se garantir de toute sublimation artistique ou narrative. Un travail de techniciens et de performances d'acteurs où l'on cherchera en vain la présence d'un véritable auteur derrière la caméra. Epousant une structure à la « Rashomon » de Kurosawa, Scott Derrickson et son scénariste affichent en grand leur intention de ne pas prendre partie dans ce qui s'avèrera être rapidement un film de procès à champs contre-champs entrecoupé de témoignages en flash-back propices à quelques scènes chocs, a l'instar d'une pièce de Robert Hossein : vous êtes le jury !
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par Thomas Sotinel | Mitigé

Le metteur en scène de L'Exorcisme d'Emily Rose doute, lui aussi. Au moins le prétend-il. Scott Derrickson se réclame du Rashomon d'Akira Kurosawa, qui racontait plusieurs fois la même histoire à partir de points de vue différents. Devant le tribunal se succèdent les témoins du mal qui a frappé Emily (Jennifer Carpenter à l'étrange visage, asymétrique et inexpressif). Lorsque ces témoins sont croyants (les parents d'Emily, son fiancé), leur récit prend la forme d'un film d'horreur, avec des lumières orange (la jeune fille a été saisie au moment où elle a quitté sa famille pour une université éclairée comme un décor du Grand Guignol) et des apparitions effrayantes. Quand les psychiatres témoignent, Scott Derrickson fait rejouer la même scène, sans éclairages, sans effets spéciaux, et en obtenant des comédiens qu'ils laissent toute conviction au vestiaire. Cette tricherie grossière est l'équivalent du pouce posé sur le plateau de la balance chez le charcutier. Il n'est pas besoin d'avoir poursuivi bien loin ses études en cinéma pour déceler les ficelles de la mise en scène et la raison de leur agencement : Derrickson ne doute de rien et veut seulement que le spectateur se range (même si son radio-réveil passe le cap des 3 heures du matin) du côté du Père Moore et de la religion tout en ayant l'impression d'avoir entendu les arguments de la partie adverse.
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Négatif

Autre alternative amusante : devenir exorciste. C'est une profession en plein boom si l'on en croit l'Exorcisme d'Emily Rose de Scott Derrickson, un film de propagande chrétienne d'une bêtise sidérante inspiré d'un procès réel attenté à un prêtre tellement efficace qu'il tua une possédée.
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par Jean-Christophe Derrien | 4/5

Que l'histoire soit vraie ou pas, on s'en fiche. On a la trouille, comme à la vision des meilleurs épisodes de MILLENNIUM, la série apocalyptique de Chris Carter. Les acteurs sont tous impeccables, notamment la nouvelle venue Jennifer Carpenter dans le rôle casse-gueule de la possédée. Sous une apparence de film classique, bien écrit et bien interprété, L'EXORCISME D'EMILY ROSE est une expérience. Il faut juste accepter de la vivre ou non.
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par Frédéric Strauss | Négatif

Mais il y a tromperie sur la marchandise : cette version « sérieuse » de L'Exorciste ne fait qu'entretenir le doute, comme n'importe quel film d'horreur. Le réalisateur prend soin de ménager la chèvre et le chou, les mécréants et les croyants tremblants. Le film se défile, finalement inconsistant. Et on n'a même pas peur.
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