Whisky

  »  La revue de presse

par Jacques Mandelbaum | Positif

Heureuse métaphore que celle de cette photographie, à partir de laquelle Rebella et Stoll semblent nous renvoyer leur embarras de cinéaste, résolus à tourner une fiction un tant soit peu inattendue et gracieuse sur le fond de désespoir routinier d'un pays au bord du gouffre. Ainsi, l'espoir d'une possible rédemption qui nous tient en haleine tout au cours de ce film sera-t-il nécessairement déçu, au profit d'une dignité esthétique moins propice au pathos, mais qui aura fait sienne cette nécessité de faire contre mauvaise fortune bon coeur par laquelle tous les perdants de l'histoire tentent de survivre à leur affliction.
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par Didier Péron | Positif

Dans "Whisky", le tirage de tronche est une ligne de conduite et un état d'esprit. Il n'y a vraiment pas de quoi rire et c'est ça qui est drôle. Comme Kaurismaki, Rebella et Stoll aiment à composer des plans statiques avec des gens qui se répondent les uns les autres avec un léger temps de retard sur le tempo normal d'une conversation. Ces trous dans la communication ont force de gags plombés et permettent d'exprimer une ironie sur les conventions familiales, amicales ou amoureuses. Convivialité fausse des retrouvailles, enthousiasme morne d'une virée en bord de mer, sinistrose des soirées de bar d'hôtel, tout un univers bullshit en velours côtelé et mise en plis.
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par Hugo de Saint Phalle | 3/5

L'histoire nous embarque dans des directions toujours inattendues, évite le sentimentalisme et réserve quelques scènes cocasses irrésistibles. Parfait reflet de la monotonie de l'existence des protagonistes, le style est des plus dépouillé, avec une caméra fixe comme un pylône électrique. L'émotion affleure pourtant en de nombreux instants, grâce à la délicatesse du jeu des comédiens et à la finesse de l'écriture.
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par Catherine Le Ferrand | 4/4

Après "25 watts", Juan Pablo Rebella et Pablo Stoll nous tiennent ici sur le fil de l'intime, au bord du coeur de ces personnages. Herman apporte le rire, la fantaisie, la couleur, Jacobo sait que pour lui, tout est fini. Marta, entre les deux, reste le personnage le plus lumineux, transcendée par un bonheur éphémère, bâti sur un leurre, qu'elle savoure sans illusions mais sans en perdre une miette. Rien ne se passe, rien ne se dit, mais tout transparaît dans une interprétation magistrale qui laisse émerger le non-dit et fait osciller sans cesse les personnages entre deux bords, celui des vivants et celui des morts.
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par Vincy | 4/5

Le titre du film vient de l'expression étrange employée lorsqu'on vous prend en photo. Pour sourire, ou plutôt pour faire croire à votre bonne humeur, à votre bonheur, il suffit de prononcer le mot Whisky (vous pouvez essayer, ça vaut cheese). Et le film est à cette image : un jeu de rôle où les faux semblants dissimulent mal les sentiments sous-jacents et frustrés, Tout semble étouffé sous l'insupportable silence, martyrisé par une intolérable promiscuité. Cette histoire de frustration - amoureuse, professionnelle - n'est que le révélateur d'un autisme désespérant (et émouvant) et un catalyseur d'envies.
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par Benjamin d'Aoust | Positif

"Whisky", c'est une mystique alcoolique, une synesthésie étrange comme une espèce de fausse joie, de lenteur passive, de ton rompu qui en dit peu et qui en cache beaucoup. On parle très très peu dans ce "Whisky", et en tout cas jamais de ce qui est important. Car l'important c'est la situation, ce qu'elle définit, ce qu'elle sous entend: des mécanismes amoureux enroués, des relations familiales sombres, des désirs incompris, des frustrations inavouées.
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