Combien tu m'aimes ?

  »  La revue de presse

par Sabrina | 2/5

Après Miou-Miou, Huppert et Grinberg, Bertrand Blier a trouvé sa pute idéale. La sublime, irrésistible ensorceleuse, la compagne, gardienne du cocon, la femme aimante et mère nourricière de substitution. La madone qui assume pleinement son rôle de pute et aime son métier. Rien que ça. Que voulez-vous ! Disons que ça sent la fin de carrière. Blier s'englue dans ses dédales cherchant coûte que coûte à explorer ces territoires féminins, éclairé par sa seule dose de testostérone, à mille lieux de Notre histoire et Trop belle pour toi. Mâle fantasmant cherche absolu féminin. Et plus, puisque affinité moyennant bonnes finances.
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par Jean-Luc Douin | Positif

Ce qui frappe dans cette comédie, c'est la volupté avec laquelle Blier s'empiffre de son actrice, l'aisance avec laquelle celle-ci communique son sex-appeal, puis sa dignité, lorsque son personnage découvre le délice d'être à peine effleurée, la contagion de l'amour, la dévotion à un homme qui lui a rendu sa pudeur. En dépit du happy end, on est saisi par le désespoir qui rôde, le monologue du copain toubib (Jean-Pierre Darroussin), porte-parole moral de l'"étourdi", de l'"homme perdu", condamné à soigner le coeur meurtri de ses malades, à errer loin des pin-up par une fatalité comme sortie d'un roman de Houellebecq, dans l'humeur sombre des laissés-pour-compte du bonheur sexuel.
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par François-Guillaume Lorrain | Négatif

Pour la énième fois, Blier greffe sur une trame dont il se contrefiche ses béatitudes sur la cuisse, l'orgasme et l'éternel féminin. Au mieux, cela sonne comme du sous-Audiard. Au pis, c'est beau et léger comme de la poésie de corps de garde. Chacun a les obsessions qu'il veut. Mais une telle rumination, cela devient préoccupant.
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par Gilles Renault | Négatif

onument historique décrépit du cinéma français, Bertrand Blier appartient à une époque (comme Lelouch, Mocky, Boisset...). Ainsi, passé sa période prodigue (milieu des années 70-fin des années 80), le cinéaste n'a guère proposé autre chose que des variations souvent autoparodiques d'une oeuvre fondée sur l'impertinence et la provocation. En ce sens, Combien tu m'aimes ? tient à la fois du florilège et de la mise en abyme. Multipliant les références suffisantes (la Femme de mon pote, Notre histoire, Trop belle pour toi...), tous les thèmes chers à Blier y sont, autour de la nature profonde des relations hommes-femmes : sexualité contrariée, transgression, frustration, faux-semblants, misère affective et sociale... Mais, puisqu'il s'agit de radotage et que les temps ont changé, ce qui voulait naguère choquer le bourgeois peut ici tout au plus l'émoustiller, et susciter une gêne qui n'est pas forcément celle escomptée.
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par Aurélien Allin | 2/5

Ce jusqu'au-boutisme narratif et visuel aurait pu être brillant si l'on y décryptait une intention artistique véritable ou un développement psychologique signifiant. Alors que tout sonne comme un ensemble de tics et délires hermétiques. Certes, Monica Bellucci, toujours plus belle, est une vraie épiphanie érotique à elle seule. Mais cela ne suffit pas à faire un bon film.
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par Marine Landrot | Mitigé

Contre toute attente, la beaufitude cède soudain le pas à la béatitude, la vulgarité s'efface devant l'humanité. Le cinéaste aux noirs fantasmes tente de renouer avec le meilleur de lui-même en piochant dans ses films d'antan. Certes, cela ressemble parfois à du recyclage de Mon homme (pour la chosification soporifique du sexe faible) ou des Acteurs (pour la désincarnation des comédiens). Mais ces embardées sont rares, et, le plus souvent, Bertrand Blier lorgne du côté de Trop belle pour toi. Même utilisation de la musique classique, symbolisant la concrétisation du désir. Mêmes apartés en apesanteur, trahissant la profonde solitude des êtres.
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par Eric Van Cutsem | Positif

En scénariste de talent, toujours sur le fil du surréalisme, il joue à merveille avec le spectateur en se payant même le luxe de retourner la situation au trois quart du film et de nous donner une re-lecture de l'ensemble en nous suggérant que l'amour vrai peut naître sur le fumier du faux! Chapeau bas, Monsieur Blier, vous êtes vraiment unique en votre genre...
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