Le tigre et la neige

  »  La revue de presse

par Guillaume Loison | 2/5

Malaise, malaise : après l'Holocauste vu comme un camp de vacances et un Pinocchio hystérique et quadragénaire, Roberto Benigni sort Le Tigre et la neige, nouvelle vision dégoulinante de poésie détraquée dans le Bagdad contemporain. Plus nauséabond que jamais, ce nouvel opus est cependant un must du cinéaste italien. Jamais névrose n'a été mise en scène avec autant d'insistance. Plus aucune retenue académique ne vient perturber son propos, c'est-à-dire lui-même, personnage obsessionnel par excellence, grand malade refoulé qui se célèbre et se sacrifie sur l'autel d'une obscène pureté. Inutile de préciser que l'intérêt du Tigre et la neige ne réside pas dans la maîtrise du cinéaste mais plutôt dans son absolu contraire. Car au-delà des gerbes lyriques crapoteuses et autres prises d'otages affectives du public, c'est une visite guidée de l'inconscient benignien que le film offre en pâture.
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par Vincy | 3/5

Film inégal, agréable et divertissant, parfois un peu ralenti par certaines pesanteurs, il fait oublier le loupé Pinocchio. Certaines séquences sont proprement hilarantes, parfois s'enchaînant comme celle du duo avec le chameau ou le franchissement du barrage américain (dans les deux cas, cela souligne une impuissance au dialogue). Le dernier tiers est le plus inspiré. Le fanfaron sautille sur les mines et prend conscience de sa mortalité. Puis les portes se ferment sur la beauté du monde et après un instant d'émerveillement où deux poètes récitent leur vie ("Même après ma mort, je garderai des bons souvenirs de ma vie."), la mort s'invite, suspendue.
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par Jean-Luc Douin | Positif

L'Irak apparaît comme l'enfer où Orphée va chercher Eurydice. Un enfer que Benigni nimbe de merveilleux, apostrophant des chameaux trop lymphatiques et effrayant des GI lorsque, bardé de produits médicaux, il est pris pour une bombe humaine. Extrêmement touchante, cette course contre le temps rappelle les belles heures de la comédie à l'italienne. On y respire le même air que dans certains mélos enchanteurs de Luigi Comencini, et revoyez, dans Nous nous sommes tant aimés d'Ettore Scola, les scènes de l'infirmier ébloui devant Stefania Sandrelli, au point d'en rester muet et figé comme sur une image d'Epinal : Benigni apparaît comme un héritier crédible de Nino Manfredi.
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par Vincent Ostria | Mitigé

Touchant, mais il s'intéresse moins à l'Irak dévasté qu'à ses émois d'Occidental romantique. Cela dit, il y a quelques numéros plaisants : le passage au check-point où il est pris pour un kamikaze ; la traversée du champ de mines...
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par Didier Péron | Mitigé

Le message pacifiste est décliné en une suite de scènes où Benigni s'agite, soliloque et s'épuise comme un psychotique en pleine crise maniaque. L'hésitation constante rire/larmes finit par donner une fiction essentiellement grimaçante et pleine d'un humanisme superficiel.
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par Franz Miceli | 3/5

De la naïveté à la niaiserie, il n'y a qu'un pas. LE TIGRE ET LA NEIGE est sans conteste un bon film mais il aurait gagné à être plus concis. « La bouche garde le silence pour écouter parler le coeur », a dit Alfred de Musset. Un autre vers à méditer.
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par Aurélien Ferenczi | Positif

Sur un schéma proche de La vie est belle - l'humain minuscule dans la tourmente de la guerre et de la destruction -, Le Tigre et la Neige contourne, ce qu'on lui reprochera sans doute, les questions politiques, mais fait preuve parfois d'une sophistication scénaristique inattendue : la façon dont se révèlent les liens qui unissent le héros au personnage féminin est ainsi exemplaire. De même que l'ellipse, géniale et farfelue, du voyage vers l'Irak. On ne résiste pas au plaisir de la dévoiler : Benigni s'est fait jeter de l'aéroport, où il demandait, avec insistance, un billet pour Bagdad ; on suit alors, avec étonnement, l'employé de la compagnie aérienne qui rentre chez lui et raconte à sa famille cet épisode insolite de sa journée. La télé, dans un coin du salon, diffuse les infos, et le reportage d'un envoyé spécial en Irak : qui voit-on alors, déjà arrivé à Bassora, où il porte - en gesticulant - les cartons d'une cargaison humanitaire ? Benigni, moitié-Zelig, moitié-Charlot. Rien ne lui résiste, pas même le spectateur...
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par Eric Van Cutsem | Positif

Le scénario est malgré tout un peu moins achevé que dans LA VITA E BELLA et il n'évite pas certains passages plus longs qui n'apportent rien au récit. Mais que cela ne vous empêche pas de vous faire plaisir en famille à la vision de cette comédie douce-amère.
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