par Jean-Sébastien Chauvin | 5/5

Comme son prédécesseur, le sublime "Blissfully yours", "Tropical malady" est cassé en deux, si bien qu'un autre film semble commencer en son milieu. Un film ? Deux ? Cette question n'a strictement aucune pertinence tant le film de Weerasethakul sort des sentiers cartésiens pour explorer les contrées du délire opiacé.
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par Jacques Mandelbaum | Positif

Depuis peu, le nom d'Apichatpong Weerasethakul vient aussi facilement que celui de Jean Renoir sur les lèvres d'un cercle de plus en plus large de cinéphiles. Cet exploit - relativement rapide si l'on songe à la pénétration récente et plus que modeste de ce cinéaste thaïlandais sur le territoire national (son premier long métrage de fiction, "Blissfully yours", avait été distribué en 2002 dans une salle parisienne, après sa sélection dans la section Un certain regard du Festival de Cannes) - mérite explication.
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par Gérard Lefort | Positif

A la fin, quand le fauteuil magique qui nous a fait voyager dans tant d'espaces et de temps, atterrit, lorsque cesse autour de nous la ronde des animaux, des hommes et des mondes, quand on se réveille du film comme on relève d'une fièvre somnambulique, on peut dire : "J'ai bien dormi, les yeux grands ouverts." Sonné, hanté, terrorisé et ravi. La "Tropical Malady" est une maladie d'amour.
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par Olivier Pélisson | 5/5

"Tropical Malady" est un film absolument fascinant. Un voyage mystérieux et un pur objet de cinéma. Le cinéaste thaïlandais Apitchatpong Weerasethakul - un nom impossible et pourtant il faut le retenir ! - est extrêmement doué pour construire des atmosphères d'une densité rarement atteinte. Il travaille l'imaginaire en le laissant investir l'écran, et installe ses scènes en mêlant précision du découpage et langueur du rythme. Bien loin de frustrer le spectateur, le réalisateur lui permet de combler à loisir les manques, et de se satisfaire de ce qu'il voit.
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par Nicolas Bardot | 2/4

Tranché en deux, "Tropical malady" esquisse d'abord les traits d'une histoire d'amour blottie dans un village, relation pure et naïve, flirtant souvent avec la mièvrerie où les déclarations se font autour d'un karaoké sirupeux, où les missives enflammées se perdent dans les poches. Mais derrière l'évidence des sourires, la nuit vient apporter son lot de questions. Et le réalisme rural de la première partie bascule alors vers un fantastique nocturne, une légende muette envahie par les chants étranges de la jungle.
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par Vincy | 1/5

Déroutant, folklorique, comique, troublant, perturbant et au final ? De l'indifférence ?. Le mystère ne provoquer qu'un brouillard dans nos cerveaux paumés dans ce dédale narratif. Trop simple ou inutilement complexe? Le film a des allures de concepts qui s'éternisent et nous envoie dans un autre monde. Un univers où les singes parlent. Nous sommes loin "d'Happy Together", par exemple. Et sur la fin, beaucoup plus proche de "O Fantasma". Cette histoire de fantôme thaï n'a du coup rien de spectral ni de mémorable.
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par Louis Guichard | Positif

On pense au Mulholland Drive de Lynch, autre film dévoilant l'envers atroce d'une histoire trop belle, et lui aussi déchiré en son centre par une faille insondable, un trou noir - à Cannes, les spectateurs de Tropical Malady crurent à une défaillance technique. Mais, au final, Apichatpong Weerasethakul est plus proche du mysticisme de Jacques Tourneur, laissant le dernier mot aux forces obscures de sa jungle vaudoue, sans renier aucunement sa sentimentalité : jusqu'au sang, la maladie tropicale reste maladie d'amour.
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