La Nina santa

  »  La revue de presse

par Jacques Mandelbaum | Positif

Le deuxième long métrage de Lucrecia Martel - révélée en 2001 par La Cienaga comme une des figures de proue de la jeune garde du cinéma argentin - était attendu au tournant. Présenté en compétition au Festival de Cannes en mai dernier, "La Niña Santa" (la sainte fille) y a suscité une première vague de réactions, certes positives, mais à travers lesquelles se perçoit l'ombre d'un désappointement. Compréhensible mais injustifié, ce sentiment est sans doute lié à l'aspect plus lisse, plus conventionnel, de ce film qui est en réalité aussi fiévreux, original et étrange que le précédent, mais d'une manière moins immédiatement lisible, plus insidieuse et plus secrète.
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Négatif

Dans un hôtel de province en Argentine, un médecin reconnu dans sa spécialité et bourgeoisement marié ne peut résister au désir de se frotter à une adolescente en profitant d'un attroupement. Ceci provoque un émoi profond chez la jeune fille. Climat glauque et charme vénéneux.
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par Antoine de Baecque | Positif

"La Niña Santa" est un film à thèse qui met en cause sa propre thèse (une pulsion pédophile où le désir des adolescentes est impérieux), autant que le précis de décomposition d'une microsociété si sophistiquée et si délabrée qu'elle tombe en lambeaux, mais avec grandeur et élégance. On y trouve enfin, déployée selon un pouvoir de révélation sans égal, une observation de la psyché des jeunes femmes qui transforme Amalia et sa copine Josefina, les véritables héroïnes du film, en un duo fascinant.
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par Olivier Pélisson | 2/5

Il faut dire que le film n'est pas vraiment prenant. Certes la cinéaste construit un espace étrange, concentré dans les différents étages d'un hôtel, entre les chambres, le restaurant et la piscine. Mais la sauce ne prend pas entièrement, de sorte que le spectateur se sent extérieur à ce qu'il regarde, en attente d'un climat plus intrigant, car sur le papier, les situations le sont. Le plus intéressant reste tout de même le traitement du personnage d'Amalia, adolescente à la moue secrète et rebelle, prise entre son mutisme parfois moqueur et ses désirs contrariés.
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par Romain Le Vern | 3/4

Présenté en compétition au dernier festival de Cannes, "La Nina santa", le second long métrage de Lucrecia Martel, fer de lance du nouveau cinéma argentin, a le mérite de ne pas laisser indifférent. En effet, cette histoire faite d'attirance, de regards subreptices, de désirs évanescents, qui se noue entre un médecin père de famille et une jeune adolescente en proie à des tourments métaphysiques a de quoi dérouter.
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par Romain Le Vern | Positif

On peut également ne pas succomber au jeu et trouver que ces entrelacements frôlent le maniérisme. Mais il y a un effet paradoxal et pervers à tout ce tumulte : le trouble provoqué par cette valse de sentiments interdits a du mal à quitter l'esprit après la projection. Séduction dangereuse qui amène à penser que Martel a atteint son dessein et réussi son film…
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