par Vincy | 4/5
Entre narration en voix off intime et scènes cocasses (le meilleur étant le pansement autour des couilles atteintes par la surdose de crème anti morpions), Factotum est de très bonne facture. Drame social et comédie de moeurs, gags et déchéance, l'esprit de l'auteur ne transpire pas à travers le film. Autrement dit, le film n'a rien de sordide ou de poétique au sens visuel du terme. Hamer ne fait que transposer la pensée Bukowskienne (et ses absences) dans un monde réel (ici Minneapolis). En parallèle, des personnages secondaires s'invitent occasionnellement dans cette noyade éthylique. De filles paumées en hommes ridicules et archaïques (le père, le compositeur d'opéra, la plupart des patrons), il s'agit d'une succession d'adiueux à des visages qui deviennent fantômatiques. Blasphèmateur ou philosophe, Chanoski / Dillon balance avec une franchise qui fait du bien. Sa désobéissance n'a rien de civilisée. Le rebelle parfait. Sauf quand il fait le méange. "J'ai décide de nettoyer l'appartement. J'avais l'impression de devenir une vraie tapette." Et quand vous connaîtrez la suite, vous verrez que ses (rares) efforts ne sont jamais récompensés. Du coup il encaisse les humiliations et les chèques ("... et me bourrer la gueule. Ce n'est peut-être pas noble. Mais c'est mon choix.").
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Entre narration en voix off intime et scènes cocasses (le meilleur étant le pansement autour des couilles atteintes par la surdose de crème anti morpions), Factotum est de très bonne facture. Drame social et comédie de moeurs, gags et déchéance, l'esprit de l'auteur ne transpire pas à travers le film. Autrement dit, le film n'a rien de sordide ou de poétique au sens visuel du terme. Hamer ne fait que transposer la pensée Bukowskienne (et ses absences) dans un monde réel (ici Minneapolis). En parallèle, des personnages secondaires s'invitent occasionnellement dans cette noyade éthylique. De filles paumées en hommes ridicules et archaïques (le père, le compositeur d'opéra, la plupart des patrons), il s'agit d'une succession d'adiueux à des visages qui deviennent fantômatiques. Blasphèmateur ou philosophe, Chanoski / Dillon balance avec une franchise qui fait du bien. Sa désobéissance n'a rien de civilisée. Le rebelle parfait. Sauf quand il fait le méange. "J'ai décide de nettoyer l'appartement. J'avais l'impression de devenir une vraie tapette." Et quand vous connaîtrez la suite, vous verrez que ses (rares) efforts ne sont jamais récompensés. Du coup il encaisse les humiliations et les chèques ("... et me bourrer la gueule. Ce n'est peut-être pas noble. Mais c'est mon choix.").
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par Jean-Luc Douin | Positif
L'une des qualités du film de Bent Hamer, réalisateur d'origine norvégienne, est de prendre cette légende de haut. En adaptant l'un de ses romans, Factotum (1975), il se préoccupe plus de "l'émule de Dostoïevski qui écoute du Mahler à la nuit tombée" que du mal élevé au bagout de "fils de pute". Chronique d'une vie d'errances vouée à l'écriture de textes dont la transe reflète joies et dégoûts du quotidien, Factotum égrène la litanie des boulots temporaires, chambres sordides, soûleries et étreintes glauques d'Henri Chinaski (son double autobiographique), sans enfermer le personnage dans un pittoresque à deux sous.
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L'une des qualités du film de Bent Hamer, réalisateur d'origine norvégienne, est de prendre cette légende de haut. En adaptant l'un de ses romans, Factotum (1975), il se préoccupe plus de "l'émule de Dostoïevski qui écoute du Mahler à la nuit tombée" que du mal élevé au bagout de "fils de pute". Chronique d'une vie d'errances vouée à l'écriture de textes dont la transe reflète joies et dégoûts du quotidien, Factotum égrène la litanie des boulots temporaires, chambres sordides, soûleries et étreintes glauques d'Henri Chinaski (son double autobiographique), sans enfermer le personnage dans un pittoresque à deux sous.
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par J. R. | Positif
Ici, c'est l'Amérique des perdants, des laissés-pour-compte, des passés par profits et pertes, celle qui pue et végète entre champs de course et bars miteux, petits boulots et combines foireuses, amours loupées et filles d'occasion, dans le double sens du terme. Il y a là un univers glauque, où pourtant une rose pousse sur le fumier, l'esprit souffle où il veut. Il y a là aussi un humour froid qui n'est pas sans rappeler Jim Jarmush ou Aki Kaurismäki dans le traitement de ce conte de la folie ordinaire. Bent Hamer est décidément un cinéaste à suivre.
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Ici, c'est l'Amérique des perdants, des laissés-pour-compte, des passés par profits et pertes, celle qui pue et végète entre champs de course et bars miteux, petits boulots et combines foireuses, amours loupées et filles d'occasion, dans le double sens du terme. Il y a là un univers glauque, où pourtant une rose pousse sur le fumier, l'esprit souffle où il veut. Il y a là aussi un humour froid qui n'est pas sans rappeler Jim Jarmush ou Aki Kaurismäki dans le traitement de ce conte de la folie ordinaire. Bent Hamer est décidément un cinéaste à suivre.
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par Olivier De Bruyn | Positif
Inspiré du roman de Charles Bukowski, « Factotum » réinvente l'univers ironique et morose de l'écrivain. Si le film fait preuve d'une relative timidité formelle, il évite toutefois les surenchères complaisantes auxquelles l'univers de Bukowski prête naturellement. Impeccable prestation du revenant Matt Dillon.
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Inspiré du roman de Charles Bukowski, « Factotum » réinvente l'univers ironique et morose de l'écrivain. Si le film fait preuve d'une relative timidité formelle, il évite toutefois les surenchères complaisantes auxquelles l'univers de Bukowski prête naturellement. Impeccable prestation du revenant Matt Dillon.
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par Philippe Descottes | 3/5
Grâce au retour à l'écran, sympathique, de Matt Dillon et à la prestation de Lili Taylor, dans un personnage attachant à la WANDA, on ira jusqu'à mettre le film sur les mêmes pieds d'égalité et de qualité que CONTE DE LA FOLIE ORDINAIRE, de Marco Ferreri, et BARFLY, de Barbet Schroeder, deux autres variations sur la vie de Chinaski / Bukowski. Seulement voilà, en raison même de la présence des deux acteurs et de l'impact que leur interprétation exerce sur le film, on ne retrouve plus tout à fait ce cinéma auquel nous avait habitués le cinéaste, avec ce comique de situation, à la limite de l'absurde, où les dialogues ont très peu de place. C'est dommage.
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Grâce au retour à l'écran, sympathique, de Matt Dillon et à la prestation de Lili Taylor, dans un personnage attachant à la WANDA, on ira jusqu'à mettre le film sur les mêmes pieds d'égalité et de qualité que CONTE DE LA FOLIE ORDINAIRE, de Marco Ferreri, et BARFLY, de Barbet Schroeder, deux autres variations sur la vie de Chinaski / Bukowski. Seulement voilà, en raison même de la présence des deux acteurs et de l'impact que leur interprétation exerce sur le film, on ne retrouve plus tout à fait ce cinéma auquel nous avait habitués le cinéaste, avec ce comique de situation, à la limite de l'absurde, où les dialogues ont très peu de place. C'est dommage.
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par Frédéric Strauss | Positif
Bent Hamer nous aide à le comprendre, au péril même de son film : Factotum montre des petits moments d'un quotidien que Chinaski traverse en s'en foutant, scènes souvent joliment croquées mais modestes, et des moments où il écrit, forts, mais qui, comme toujours, ne sont pas très payants à l'écran. Soutenu par Matt Dillon, qui interprète Chinaski avec toute la grandeur modeste qui convient, Bent Hamer réussit pourtant l'essentiel : saisir cette singulière attitude de Bukowski, l'esprit qui l'anime, lui donne la liberté, l'inspiration, et le distingue de tous. En somme, ce qui fait son style. Le plus bel honneur.
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Bent Hamer nous aide à le comprendre, au péril même de son film : Factotum montre des petits moments d'un quotidien que Chinaski traverse en s'en foutant, scènes souvent joliment croquées mais modestes, et des moments où il écrit, forts, mais qui, comme toujours, ne sont pas très payants à l'écran. Soutenu par Matt Dillon, qui interprète Chinaski avec toute la grandeur modeste qui convient, Bent Hamer réussit pourtant l'essentiel : saisir cette singulière attitude de Bukowski, l'esprit qui l'anime, lui donne la liberté, l'inspiration, et le distingue de tous. En somme, ce qui fait son style. Le plus bel honneur.
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L'actualité cinéma...
Celle qui fut reine de la pop R'n'B dans les années 80 et 90 a été retrouvée morte dans sa chambre de l'hôtel...
