par Élise Colineau | 9/10

"Le château ambulant", conte fantastique et baroque, réunit dans une Europe imaginaire du XIXe siècle histoires de sorcellerie, d'amour, de maturité et de guerre. Dans le roman "Le château de Hurle" de l'Anglaise Diana Wynne Jones, le démiurge Miyazaki a trouvé une matière première à la démesure de son imagination. La multiplicité de décors naturels et d'architectures, les machines délirantes, les personnages à l'apparence changeante constituent un terrain idéal pour mettre en œuvre l'audace des choix esthétiques, la virtuosité du trait, et la poésie du dessin en 2D qui caractérisent ses films. Un scénario touffu et le goût du réalisateur pour les incessantes métamorphoses rendent la continuité narrative… lynchienne !

Ce "dessin animé", qui ne s'adresse pas aux jeunes enfants, est exempté de niaiserie et de manichéisme par la profondeur et l'ambiguïté des personnages, le jeu sur les codes du conte, les évocations mythologiques...
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par Julien Bastide | 3/5

Ce manque d'inspiration global ne serait pourtant pas tant problématique s'il ne débouchait sur une oeuvre visuellement et narrativement boursouflée, d'une allure baroque confinant parfois au kitsch. "Le Château ambulant" cumule en effet les points faibles déjà repérés dans la seconde partie du "Voyage de Chihiro" : surenchère chromatique optiquement épuisante, emballement narratif confinant à la vacuité, dénouement expéditif, personnages secondaires exaspérants ayant pour seul rôle d'amuser la galerie.
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par Thomas Sotinel | Positif

Dans la mise en scène de ces catastrophes, comme dans celle de moments plus intimes, Miyazaki associe, avec la maîtrise que confère l'expérience, la trivialité et la grandeur, teintant les figures les plus communes d'étrangeté, comme ce champ de fleurs sur lequel s'ouvre la porte du château : on reconnaît là une mièvrerie qui fut celle - par exemple - de l'adaptation de "Heidi" sur laquelle travailla jadis Miyazaki, mais l'ampleur du champ, l'inscription des personnages dans le décor transforment ce cliché en une vision. Et sur l'écran, deux heures durant, les rêves d'Hayao Miyazaki donnent l'illusion de la réalité.
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par Marie-Noëlle Tranchant | Positif

Jolie fable où l'esprit de paix et d'harmonie parvient finalement à stabiliser l'agitation trouble du monde magique, monde du pouvoir et des conflits, des sortilèges contradictoires et des perpétuelles métamorphoses. Miyazaki a puisé cette fois-ci son inspiration chez la romancière anglaise Diane Wynne Jones, et il est étonnant de voir combien son univers narratif est proche des thèmes et des visions du cinéaste japonais. Leur rencontre à l'écran donne une fantasmagorie pleine d'invention visuelle et de charme subtil, activement rêveur.
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par Didier Péron | Positif

Manège d'enfance effarée, foreuse-hélicoptère, objet hypnotique multifacette, toupie neuronale, "Le Château ambulant" se désarticule et se reconstruit sans cesse, les lignes bavent, se maculent de taches, la méchante sorcière gonflée d'importance se ratatine soudain tandis que le prince play-boy se couvre de plumes noires éclaboussées de sang et fend le ciel nocturne tel un démon échappé d'un cauchemar d'Edgar Allan Poe; Sophie change d'âge d'un plan à l'autre, adolescente chenue, mémé speed, rose fanée instantanément refleurie.
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par Jean-Christophe Derrien | 4/5

Tout est impeccable, sauf et c'est souvent le seul défaut des films de Miyazaki - un script confus et inutilement compliqué...
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par Romain Le Vern | 2/4

Disons-le tout de go : "Le château ambulant" n'atteint pas le niveau stratosphérique du superbe "Château dans le ciel". Pourtant, en l'état, ce bel édifice stimule plus d'une fois les mirettes : il se révèle par ailleurs suffisamment dense, intelligent, drôle, touchant et foisonnant pour n'apporter que de la satisfaction sur un plan technique et narratif. La réputation de l'homme n'est néanmoins plus à faire : aujourd'hui, Miyazaki a acquis une telle reconnaissance internationale qu'une exposition vient de lui être consacrée au musée de la Monnaie à Paris.
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par Vincy | Positif

"Le château ambulant", sans être aussi touchant que "Le voyage de Chihiro", traduit bien les sensations et les émotions. Le temps y est relatif, les espaces vertigineux. Mais on ne s'attachera qu'à ce coeur qui s'enflamme, visuellement et littéralement. Ce coeur qui brûle, quelle plus belle image ? Rarement une image dessinée n'avait été aussi pertinente dans sa signification. On aurait aimé encore plus d'ardeur. Mais Miyazaki n'a pas voulu le feu de la passion, et a esquivé le feu des armes. Faîtes l'amour, pas la guerre ? Grandiose et poétique, la symphonie, légère, nous a rendu heureux.
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par François-Guillaume Lorrain | Positif

A 63 ans, Miyazaki a appris à discipliner un imaginaire foisonnant. Et à l'heure des mangas froids et technologisés, il prouve que, pour faire rêver, rien ne vaut un brin de poésie et un vieux fond de sagesse.
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par Cécile Mury | Positif

Fluide, débordant de trouvailles ébouriffantes, entre l'esthétique rétro-futuriste des machines et la limpidité des paysages, le dessin est, comme toujours, à la hauteur du récit. L'imagination y déborde sur le trait, dans le style inimitable de Miyazaki, jouant des codes du manga pour mieux se les approprier et les magnifier. Si ce chef-d'oeuvre aux couleurs irréelles peut parfois dérouter, il promet un voyage inoubliable.
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par Christophe Bruynix | Positif

Avec "Le Château ambulant", Miyazaki au sommet de son art signe son film le plus fort, le plus flamboyant, et le plus personnel. Trop peut-être. Car il laisse l'essentiel de son public - enfants, ados, jeunes adultes - sur le carreau.
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