Lonesome Jim

  »  La revue de presse

par Vincy | 5/5

Le rôle de critique est, parfois, de faire partager un coup de coeur. Unique objectif pour que le lecteur ne passe pas à côté d'un petit joyau. Ce n'est pas forcément le plus beau des diamants. C'est parfois juste un objet de valeur auquel on s'est attaché au fil du temps. Lonesome Jim, réalisé par l'acteur Steve Buscemi, est un film inattendu. Vu le sujet, la dépression d'un presque trentenaire revenant chez ses parents, au milieu des champs, on pouvait craindre voir une complainte country grasse et triste. Mais Lonesome Jim n'a rien de tout ça. Comédie pleine de dérision et d'ironie, le film est en fait une déclaration d'amour d'un fils à sa mère. Buscemi réalise un portrait subtil et sensible d'une génération cramée par le libéralisme, impuissante à concrétiser ses rêves dans une Amérique de plus en plus névrosée.
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par Thomas Sotinel | Positif

Pourtant, ce troisième long métrage de l'acteur Steve Buscemi (qui est cette fois resté derrière la caméra) est une comédie tout à fait charmante. Pour qu'il y ait charme, il faut une fée, qui a ici le visage de Liv Tyler. Depuis qu'elle a pris sa retraite de reine elfique (elle jouait Arwen dans Le Seigneur des anneaux), la comédienne est revenue dans le monde des humains. Elle est Anika, infirmière au coeur d'artichaut, qui vit seule avec son fils et s'attache à Jim, peut-être parce que celui-ci est assez joli garçon (Casey Affleck est quand même le frère de Ben Affleck), peut-être parce qu'il lui inspire un peu de compassion.
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par F.-G. L. | Positif

Tout l'intérêt de cette chronique assez réaliste de l'Amérique profonde réside bien sûr dans l'humour distillé finement à chaque scène par Casey Affleck, le petit frère de Ben. Un humour du désespoir parfois facile, mais qui confère à cette comédie noire un charme certain.
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par Philippe Azoury | Mitigé

Après Three Lounge et Animal Factory, c'est le troisième film de Steve Buscemi cinéaste, et le premier dans lequel Steve Buscemi acteur n'apparaît pas. Même si on est un peu tenté de voir là une sorte d'autoportrait intime sur comment Mister Pink se sent, les jours de catastrophe. Les fans de Big Lebowski et des bouquins de Brautigan ou de Fante devraient s'y retrouver. Et puis réussir à faire passer des acteurs avec le vent en poupe comme Liv Tyler et Casey Affleck pour des provinciaux écrasés de complexes force l'admiration. Modestie Buscemi est encore un type largement fréquentable.
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par Hugo de Saint Phalle | 4/5

Bien aidé par le scénario visiblement très personnel de James C. Strouse, Buscemi tient la barre, sans jamais dévier de l'itinéraire choisi : une sobriété à toute épreuve qui va de pair avec l'optimisme timide mais salvateur du récit. Car jamais ici l'on ne verse dans le misérabilisme, malgré la rudesse du propos.
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par Frédéric Strauss | Positif

La cruauté est bien réelle, mais elle tombe à plat. Englués dans un blues chronique, Jim et les autres n'ont plus assez d'énergie pour se balancer des horreurs en même temps que des assiettes à la figure. Juste des horreurs. Du coup, ce portrait de famille en crise ne ressemble à aucun autre. Car Lonesome Jim raconte l'hypocrisie de l'harmonie familiale, mais aussi la lâcheté des haines. Au fond, on est toujours à deux doigts d'aimer papa-maman avec tous leurs défauts, de ne pas détester tant que ça un frère qu'on ne peut pas voir en peinture. Le malheur et le bonheur se valent, l'un et l'autre assez mensongers, à moitié subis, à moitié voulus. Mais, dans ce marasme où chacun reconnaîtra les siens, il y a place aussi, peut-être, pour une joie vraie, sincère, simple. Steve Buscemi part à sa recherche à travers une histoire d'amour qui court tout au long de son film et commence, ô désespoir ordinaire de l'existence !, par une éjaculation précoce. Irrésistible.
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