Stephen Frears a tout de suite aimé le charme particulier et les possibilités offertes par le roman graphique de Posy Simmonds : ”J’ai adoré sa réelle originalité. Christine Langan (directrice de la création chez BBC Films) m’a envoyé le livre en me disant : ”J’ai quelque chose pour vous.” J’étais dans l’avion pour New York quand je me suis décidé à ouvrir cette enveloppe. J’ai immédiatement aimé ce que j’étais en train de lire. Je me souviens que cela s’est passé comme ça avec THE SNAPPER. Dans ces moments, on a l’impression de rêver… c’est magique.”
Alison Owen et Christine Lagan proposent alors à Moira Buffini d’écrire le scénario. Sa première version était déjà si satisfaisante que Stephen Frears a accepté tout de suite de réaliser le film. Le roman graphique se présente comme un story-board, ce qui a évidemment beaucoup aidé Moira Buffini : ”C’est visuellement très complet et c’est presque déjà un film. Dans ses dessins, Posy donne énormément d’indications sur les personnages. Le roman graphique est littéralement un story-board. Il nous est souvent arrivé de tourner une scène, puis de regarder dans le livre en nous disant qu’on ne pouvait pas faire mieux”
Pour le décorateur Alan Macdonald, ”C’est très rare d’avoir un story-board déjà existant. C’est un avantage, mais cela peut aussi devenir un inconvénient ! Parfois Stephen me disait : ”Mais regarde le bouquin ! et d’autres fois, c’était : “Mais arrête donc de penser au bouquin !”” Pour les acteurs aussi, l’existence du roman graphique présentait à la fois un défi et un soutien ainsi que Luke Evans et Tamsin Greig aiment à le souligner : ”C’est peut-être la première fois que les acteurs du film ressemblent autant à leur personnage, y compris physiquement… Après, il s’agit quand même d’être à la hauteur !”
Alison Owen se souvient qu’elle souhaitait que le film soit aussi fluide et plaisant que le livre : ”On voulait capturer un peu de cet esprit, parce que la façon dont le texte est traduit sous forme picturale a un rythme que Stephen a su capter. Au final, on a quelques effets de split screens, mais pas de flèches ni d’indications comme on en voit dans les bandes dessinées. On sent bien sûr que le film est adapté d’un roman graphique mais Stephen en a particulièrement bien saisi l’esprit dans la matière comme dans la forme et le genre.”
Alison Owen et Christine Lagan proposent alors à Moira Buffini d’écrire le scénario. Sa première version était déjà si satisfaisante que Stephen Frears a accepté tout de suite de réaliser le film. Le roman graphique se présente comme un story-board, ce qui a évidemment beaucoup aidé Moira Buffini : ”C’est visuellement très complet et c’est presque déjà un film. Dans ses dessins, Posy donne énormément d’indications sur les personnages. Le roman graphique est littéralement un story-board. Il nous est souvent arrivé de tourner une scène, puis de regarder dans le livre en nous disant qu’on ne pouvait pas faire mieux”
Pour le décorateur Alan Macdonald, ”C’est très rare d’avoir un story-board déjà existant. C’est un avantage, mais cela peut aussi devenir un inconvénient ! Parfois Stephen me disait : ”Mais regarde le bouquin ! et d’autres fois, c’était : “Mais arrête donc de penser au bouquin !”” Pour les acteurs aussi, l’existence du roman graphique présentait à la fois un défi et un soutien ainsi que Luke Evans et Tamsin Greig aiment à le souligner : ”C’est peut-être la première fois que les acteurs du film ressemblent autant à leur personnage, y compris physiquement… Après, il s’agit quand même d’être à la hauteur !”
Alison Owen se souvient qu’elle souhaitait que le film soit aussi fluide et plaisant que le livre : ”On voulait capturer un peu de cet esprit, parce que la façon dont le texte est traduit sous forme picturale a un rythme que Stephen a su capter. Au final, on a quelques effets de split screens, mais pas de flèches ni d’indications comme on en voit dans les bandes dessinées. On sent bien sûr que le film est adapté d’un roman graphique mais Stephen en a particulièrement bien saisi l’esprit dans la matière comme dans la forme et le genre.”
Il était évidemment crucial de trouver la bonne actrice pour interpréter notre emblématique héroïne. Comme le dit Alison Owen : “Tamara devait être super sexy, intelligente, un peu paumée, un peu malicieuse aussi car elle devait pouvoir jouer l’ironie tout en attirant la sympathie des spectateurs. Gemma Arterton paraissait rassembler toutes ces caractéristiques et Stephen est tombé sous son charme. Dès le premier jour de tournage, on a immédiatement compris qu’il ne s’était pas trompé. C’était vraiment Tamara comme on l’avait imaginée.”
Stephen Frears aime à souligner les autres qualités de Gemma : “Elle est très flexible, comme une ligne qui ondulerait à sa guise… Et c’est une fille très sympathique, chaleureuse et drôle. Je me suis dit que j’aimerais la regarder pendant 90 minutes. C’est aussi simple que ça.” Pour incarner Nicholas, l’auteur de best-seller coureur de jupons, le cinéaste avait un seul acteur en tête : Roger Allam. Stephen Frears lui avait confié le rôle du secrétaire particulier de la reine dans THE QUEEN : “Il y était tout simplement génial.”
En choisissant Tamsin Greig pour le rôle de Beth Hardiment, le cinéaste s’est détaché de la vision de Posy Simmonds. “Tamsin est beaucoup plus jeune que son personnage, mais il nous fallait une actrice qui puisse être à la fois spirituelle, émouvante et expérimentée.” Autour de ce triangle “amoureux” gravitent quelques électrons libres. Ben Sergeant (Dominic Cooper), le rocker idole des jeunes, et Andy Cobb (Luke Evans), le fidèle homme à tout faire des Hardiment. “On a organisé une lecture et Dominic était hilarant. Les filles étaient excitées et m’ont dit : “Allez, prends Dominic Cooper ! J’ai obéi. Il était dans MAMMA MIA ! et les adolescentes tueraient père et mère pour lui. Il est très crédible et colle au rôle. Quant à Luke Evans, il a ce ce côté incroyablement ‘campagnard chic et discrètement sexy’ qu’il fallait.”
Bill Camp interprète le personnage américain de Glen McCreavy, spécialiste de Thomas Hardy. Bronagh Gallagher, un des acteurs du film, écrivain venu en résidence à Stonefield, commente cette habileté que possède Stephen Frears à dénicher de vrais trésors : “Il connaît un nombre incroyable d’acteurs, non seulement de ce côté du globe, mais aussi dans la communauté théâtrale américaine. Bill Camp était un inconnu pour nous, et dès les premières minutes, on a compris que c’était un grand comédien.”
Stephen Frears aime à souligner les autres qualités de Gemma : “Elle est très flexible, comme une ligne qui ondulerait à sa guise… Et c’est une fille très sympathique, chaleureuse et drôle. Je me suis dit que j’aimerais la regarder pendant 90 minutes. C’est aussi simple que ça.” Pour incarner Nicholas, l’auteur de best-seller coureur de jupons, le cinéaste avait un seul acteur en tête : Roger Allam. Stephen Frears lui avait confié le rôle du secrétaire particulier de la reine dans THE QUEEN : “Il y était tout simplement génial.”
En choisissant Tamsin Greig pour le rôle de Beth Hardiment, le cinéaste s’est détaché de la vision de Posy Simmonds. “Tamsin est beaucoup plus jeune que son personnage, mais il nous fallait une actrice qui puisse être à la fois spirituelle, émouvante et expérimentée.” Autour de ce triangle “amoureux” gravitent quelques électrons libres. Ben Sergeant (Dominic Cooper), le rocker idole des jeunes, et Andy Cobb (Luke Evans), le fidèle homme à tout faire des Hardiment. “On a organisé une lecture et Dominic était hilarant. Les filles étaient excitées et m’ont dit : “Allez, prends Dominic Cooper ! J’ai obéi. Il était dans MAMMA MIA ! et les adolescentes tueraient père et mère pour lui. Il est très crédible et colle au rôle. Quant à Luke Evans, il a ce ce côté incroyablement ‘campagnard chic et discrètement sexy’ qu’il fallait.”
Bill Camp interprète le personnage américain de Glen McCreavy, spécialiste de Thomas Hardy. Bronagh Gallagher, un des acteurs du film, écrivain venu en résidence à Stonefield, commente cette habileté que possède Stephen Frears à dénicher de vrais trésors : “Il connaît un nombre incroyable d’acteurs, non seulement de ce côté du globe, mais aussi dans la communauté théâtrale américaine. Bill Camp était un inconnu pour nous, et dès les premières minutes, on a compris que c’était un grand comédien.”
“La résidence de Stonefield est tenue par Nicholas et Beth Hardiment” explique la scénariste Moira Buffini. “Mais c’est surtout l’invention de Beth. Nicholas, son mari, est un auteur de bons polars, véritables best-sellers, et Beth se consacre au confort des résidents. Elle a une petite ferme, quelques poules, des chèvres qu’elle soigne avec amour. Les écrivains trouvent dans ce cadre paisible l’espace et la tranquillité pour se consacrer à l’écriture. Stonefield attire toute sorte d’auteurs : Glen, le professeur qui travaille à un ouvrage sur Thomas Hardy, Tess qui écrit des romans à l’eau de rose, Eustacia des polars lesbiens, et Diggory, un poète certes reconnu par la critique mais qui a du mal à trouver un public plus large.” De retour dans le Dorset pour se défaire de la maison de sa mère, Tamara Drewe apparaît radicalement transformée depuis qu’elle s’est fait refaire le nez.
Moira Buffini aime le fait que “malgré les années et sa métamorphose physique, Tamara est restée en réalité la même fille en colère…” Pour Gemma Arterton, “Tamara est une vraie héroïne contemporaine, finalement plus complexe qu’elle ne le paraît, physiquement radieuse, intelligente mais moins confiante qu’on ne l’imagine. Pour se rassurer, elle agit spontanément, sans se préoccuper des conséquences. Elle doit aussi apprendre à vivre avec sa transformation et tout tourne plus ou moins autour de son nouveau nez. Elle veut trouver sa place, être belle, réussir une carrière, devenir célèbre comme beaucoup de filles qui se sont senties un peu moches adolescentes. Elle veut aussi être aimée… Je n’ai eu aucun mal à m’identifier à elle !”
Roger Allam pense que son personnage Nicholas, auteur à succès, souffre de ne pas être reconnu en tant qu’écrivain : “Il est aussi persuadé qu’un artiste a tous les droits - dont celui de tromper sa femme - et traverse en fait une très banale crise de la cinquantaine. Il rêve de se réinventer dans les yeux et les bras de jolies jeunes femmes.”
Son épouse, Beth, a en quelque sorte trouvé sa vocation : créer un havre de paix paradisiaque où les écrivains n’ont pas à se soucier du quotidien. Heureuse de cette réalisation, elle n’a pas de réel besoin de reconnaissance sociale et se voit en muse indispensable de son mari sur lequel elle veille depuis une vingtaine d’années. D’après Moira Buffini, “Beth manque d’estime personnelle. On dirait une sainte alors qu’elle est en fait coincée dans un mariage que les psys qualifieraient de “co-dépendant”. En réalité, son mariage est quasi-agonisant.” Les Hardiment réagissent différemment au retour de Tamara. Si Nicholas voit en elle l’opportunité de redonner un coup de fouet à sa vie et à son écriture, Beth se méfie immédiatement de la nouvelle créature qu’est devenue Tamara.
Bill Camp joue le rôle de Glen, l’auteur américain qui tente d’écrire une biographie de Thomas Hardy : “Glen est un amoureux de la littérature qui fréquente assidûment les bibliothèques, écrit et lit énormément. Il vit principalement aux Etats-Unis tout en enseignant ponctuellement à Londres. Il est convaincu qu’il doit être à Stonefield et nulle part ailleurs pour dépasser le 6ème chapitre de son livre. Il est aussi fasciné par ce qu’il voit à Stonefield, les histoires de Beth et Nicolas mais aussi celles de Andy et bien sûr de Tamara. Contrairement aux autres hommes du film, ce n’est pas tant Tamara qui l’attire que Beth. Il se verrait volontiers à la place de Nicholas, protégé, admiré et conseillé par une épouse dont l’unique but est de permettre à son mari de se consacrer pleinement à l’écriture.”
Andy Cobb est le jardinier-homme à tout faire des Hardiment. Il veille lui aussi sur Stonefield. Quand il était adolescent, il a eu une aventure avec Tamara, mais comme le dit Luke Evans, “il n’est pas du tout intéressé par tout ce qui brille, les stars, les magazines… Il se moque de tout ça. C’est un campagnard authentique sans pour autant être un rustre. Il ne comprend même pas pourquoi Tamara s’est fait refaire le nez et surtout pourquoi elle en a parlé en long et en large dans sa chronique quotidienne. Il aimait bien l’ancienne Tamara. Bon, évidemment, quand il la voit revenir, cela ne le laisse pas indifférent…”
Ben Sergeant est le parolier et le batteur du groupe Swipe. Il débarque presque par hasard au village. Dominic Cooper incarne le musicien frimeur et suffisant. Il rencontre Tamara venue l’interviewer lors d’un concert. Immédiatement attiré par la jeune journaliste, il n’est évidemment pas le genre d’homme avec qui elle se verrait passer sa vie mais le garçon n’est pas aussi déplaisant qu’il en a l’air et finalement la séduit… Dès le début, on éprouve une espèce de sympathie pour lui. Même si son narcissisme et son manque de jugeote en font un personnage assez bête, on ne peut réellement lui en vouloir tant il peut aussi être charmant et sexy. En le jouant, Dominic Cooper s’est beaucoup amusé et “a réalisé un vieux rêve… faire partie d’un groupe ! Et jouer de la batterie sur scène devant une foule de gens, est vraiment quelque chose d’exceptionnel. On a un peu ce sentiment quand on joue au théâtre, mais là, il y a la musique en plus. Je ne ferai jamais partie d’un groupe mais j’étais franchement content d’être musicien le temps d’un film.”
Jody Long et Casey Shaw sont les deux collégiennes de Stonefield qui trainent à l’arrêt du bus, fument des joints et dévorent les magazines qui parlent de Ben du groupe Swipe. Elles détestent immédiatement Tamara quand elles découvrent son aventure avec leur idole. Au départ, ces deux rôles devaient être secondaires, mais leur importance s’est accrue au fur et à mesure du tournage. Alison Owen se souvient que “Posy Simmonds était convaincue que ces deux jeunes filles aideraient le film à mieux fonctionner en incarnant une espèce de choeur, comme dans la tragédie grecque, en commentant l’action. Stephen Frears et sa scénariste ont éprouvé tout de suite de l’affection pour les deux adolescentes : “Moira aimait beaucoup ces personnages, les blagues sortaient tout naturellement… Pendant le tournage, les deux jeunes actrices, Jessica et Charlotte nous ont beaucoup aidés.”
Moira Buffini aime le fait que “malgré les années et sa métamorphose physique, Tamara est restée en réalité la même fille en colère…” Pour Gemma Arterton, “Tamara est une vraie héroïne contemporaine, finalement plus complexe qu’elle ne le paraît, physiquement radieuse, intelligente mais moins confiante qu’on ne l’imagine. Pour se rassurer, elle agit spontanément, sans se préoccuper des conséquences. Elle doit aussi apprendre à vivre avec sa transformation et tout tourne plus ou moins autour de son nouveau nez. Elle veut trouver sa place, être belle, réussir une carrière, devenir célèbre comme beaucoup de filles qui se sont senties un peu moches adolescentes. Elle veut aussi être aimée… Je n’ai eu aucun mal à m’identifier à elle !”
Roger Allam pense que son personnage Nicholas, auteur à succès, souffre de ne pas être reconnu en tant qu’écrivain : “Il est aussi persuadé qu’un artiste a tous les droits - dont celui de tromper sa femme - et traverse en fait une très banale crise de la cinquantaine. Il rêve de se réinventer dans les yeux et les bras de jolies jeunes femmes.”
Son épouse, Beth, a en quelque sorte trouvé sa vocation : créer un havre de paix paradisiaque où les écrivains n’ont pas à se soucier du quotidien. Heureuse de cette réalisation, elle n’a pas de réel besoin de reconnaissance sociale et se voit en muse indispensable de son mari sur lequel elle veille depuis une vingtaine d’années. D’après Moira Buffini, “Beth manque d’estime personnelle. On dirait une sainte alors qu’elle est en fait coincée dans un mariage que les psys qualifieraient de “co-dépendant”. En réalité, son mariage est quasi-agonisant.” Les Hardiment réagissent différemment au retour de Tamara. Si Nicholas voit en elle l’opportunité de redonner un coup de fouet à sa vie et à son écriture, Beth se méfie immédiatement de la nouvelle créature qu’est devenue Tamara.
Bill Camp joue le rôle de Glen, l’auteur américain qui tente d’écrire une biographie de Thomas Hardy : “Glen est un amoureux de la littérature qui fréquente assidûment les bibliothèques, écrit et lit énormément. Il vit principalement aux Etats-Unis tout en enseignant ponctuellement à Londres. Il est convaincu qu’il doit être à Stonefield et nulle part ailleurs pour dépasser le 6ème chapitre de son livre. Il est aussi fasciné par ce qu’il voit à Stonefield, les histoires de Beth et Nicolas mais aussi celles de Andy et bien sûr de Tamara. Contrairement aux autres hommes du film, ce n’est pas tant Tamara qui l’attire que Beth. Il se verrait volontiers à la place de Nicholas, protégé, admiré et conseillé par une épouse dont l’unique but est de permettre à son mari de se consacrer pleinement à l’écriture.”
Andy Cobb est le jardinier-homme à tout faire des Hardiment. Il veille lui aussi sur Stonefield. Quand il était adolescent, il a eu une aventure avec Tamara, mais comme le dit Luke Evans, “il n’est pas du tout intéressé par tout ce qui brille, les stars, les magazines… Il se moque de tout ça. C’est un campagnard authentique sans pour autant être un rustre. Il ne comprend même pas pourquoi Tamara s’est fait refaire le nez et surtout pourquoi elle en a parlé en long et en large dans sa chronique quotidienne. Il aimait bien l’ancienne Tamara. Bon, évidemment, quand il la voit revenir, cela ne le laisse pas indifférent…”
Ben Sergeant est le parolier et le batteur du groupe Swipe. Il débarque presque par hasard au village. Dominic Cooper incarne le musicien frimeur et suffisant. Il rencontre Tamara venue l’interviewer lors d’un concert. Immédiatement attiré par la jeune journaliste, il n’est évidemment pas le genre d’homme avec qui elle se verrait passer sa vie mais le garçon n’est pas aussi déplaisant qu’il en a l’air et finalement la séduit… Dès le début, on éprouve une espèce de sympathie pour lui. Même si son narcissisme et son manque de jugeote en font un personnage assez bête, on ne peut réellement lui en vouloir tant il peut aussi être charmant et sexy. En le jouant, Dominic Cooper s’est beaucoup amusé et “a réalisé un vieux rêve… faire partie d’un groupe ! Et jouer de la batterie sur scène devant une foule de gens, est vraiment quelque chose d’exceptionnel. On a un peu ce sentiment quand on joue au théâtre, mais là, il y a la musique en plus. Je ne ferai jamais partie d’un groupe mais j’étais franchement content d’être musicien le temps d’un film.”
Jody Long et Casey Shaw sont les deux collégiennes de Stonefield qui trainent à l’arrêt du bus, fument des joints et dévorent les magazines qui parlent de Ben du groupe Swipe. Elles détestent immédiatement Tamara quand elles découvrent son aventure avec leur idole. Au départ, ces deux rôles devaient être secondaires, mais leur importance s’est accrue au fur et à mesure du tournage. Alison Owen se souvient que “Posy Simmonds était convaincue que ces deux jeunes filles aideraient le film à mieux fonctionner en incarnant une espèce de choeur, comme dans la tragédie grecque, en commentant l’action. Stephen Frears et sa scénariste ont éprouvé tout de suite de l’affection pour les deux adolescentes : “Moira aimait beaucoup ces personnages, les blagues sortaient tout naturellement… Pendant le tournage, les deux jeunes actrices, Jessica et Charlotte nous ont beaucoup aidés.”
“Il fallait trouver Stonefield, c’était la grosse difficulté” explique le décorateur Alan Macdonald. “La maison qu’on a trouvée dans un premier temps, Limbury, à Salwayash dans le Dorset, était parfaite comme point de départ, mais il a fallu embellir, adoucir l’extérieur. On a mis des roses grimpantes sur les murs et fait des plantations dans le jardin. On filmait la fin de l’été qu’on aurait dû filmer 6 semaines plus tôt. On a dû mettre des filtres en plastique partout. On a peint les murs, on a construit des remises, on a fait venir des vaches, installé des clôtures. Dans ce genre de film, le décor est très important mais il fallait que tout ait l’air naturel.”
Les illustrations de Posy ont été un point de référence pour le décorateur. “Les romans graphiques ne sont par essence pas portés sur le naturalisme. Je devais être fidèle à l’esprit du roman en ajoutant une touche de réalisme. Posy travaille souvent avec une palette de couleurs bien particulière, ce qui m’a poussé à être très sélectif sur les couleurs que je choisissais, surtout pour les intérieurs. Il y a une espèce d’onctuosité, “la crème du Dorset” comme je l’appelle,dans le monde de Stonefield. Il n’y a pas de bleu. Posy l’a imaginé rouge/marron/jaune. Par contre, à Winnards Farm, chez la mère de Tamara, il y a beaucoup de bleu. Quand la maison se transforme, Andy la repeint, on efface le bleu et la palette est beaucoup plus sobre. Il y a des flashes de couleur rouge quand Tamara et Nicholas sont ensemble. Stonefield est l’oeuvre de Beth qui, malgré ses soucis conjugaux, veut que le monde qu’elle s’est inventé reste immaculé, intouché. Elle y reçoit, en bonne maîtresse de maison. On sent ce contrôle quand on entre dans la maison. La “petite maison” où Nicholas écrit est le seul endroit où il peut exprimer sa personnalité. Il y est comme un enfant de 15 ans qui n’aurait pas grandi.”
Finalement, il y a eu deux Stonefield : un pour les intérieurs et l’autre pour les extérieurs. “Les proportions des espaces intérieurs de ces fermes des XVIIe et XVIIIe siècles sont très claustrophobes. Heureusement au cours de nos recherches, nous sommes tombés sur une maison, Blackdown, construite à plus grande échelle. Il régnait dans cette maison une atmosphère romantique qui manquait à Limbury. La maison avait un escalier magnifique, une cuisine avec un espace salle à manger extraordinaire, ce qui nous a permis de tourner dans des conditions beaucoup plus faciles.”
La musique a été composée par Alexandre Desplat : “Dans certains films, il y a des scènes de bataille, des scènes très émouvantes, ou des moments où un personnage est en proie à la mélancolie. Dans ce cas, la musique vient tout naturellement. Dans TAMARA DREWE, l’énergie est canalisée par la dramaturgie, la structure chorale des personnages et par l’humour noir du film. Quand j’ai vu le film la première fois, je me suis demandé s’il fallait réellement composer une musique pour l’accompagner.” Alexandre Desplat a donc choisi de composer des phrases musicales pour les pauses entre les actions, permettant ainsi à Stephen Frears et à son monteur de passer de moments sombres à d’autres plus légers. “Ce film est très bavard, les mots ont beaucoup d’importance et il fallait faire attention à ne pas casser l’équilibre. Si la musique est trop gaie ou trop légère, trop sombre ou pleine de suspense, le film va être déséquilibré. J’ai laissé la liberté aux spectateurs d’apprécier les moments d’émotion. Je laisse de l’espace, c’est ce que Stephen apprécie, entre les moments d’actions et les moments émotionnels, sans insister avec de la musique.”
Les illustrations de Posy ont été un point de référence pour le décorateur. “Les romans graphiques ne sont par essence pas portés sur le naturalisme. Je devais être fidèle à l’esprit du roman en ajoutant une touche de réalisme. Posy travaille souvent avec une palette de couleurs bien particulière, ce qui m’a poussé à être très sélectif sur les couleurs que je choisissais, surtout pour les intérieurs. Il y a une espèce d’onctuosité, “la crème du Dorset” comme je l’appelle,dans le monde de Stonefield. Il n’y a pas de bleu. Posy l’a imaginé rouge/marron/jaune. Par contre, à Winnards Farm, chez la mère de Tamara, il y a beaucoup de bleu. Quand la maison se transforme, Andy la repeint, on efface le bleu et la palette est beaucoup plus sobre. Il y a des flashes de couleur rouge quand Tamara et Nicholas sont ensemble. Stonefield est l’oeuvre de Beth qui, malgré ses soucis conjugaux, veut que le monde qu’elle s’est inventé reste immaculé, intouché. Elle y reçoit, en bonne maîtresse de maison. On sent ce contrôle quand on entre dans la maison. La “petite maison” où Nicholas écrit est le seul endroit où il peut exprimer sa personnalité. Il y est comme un enfant de 15 ans qui n’aurait pas grandi.”
Finalement, il y a eu deux Stonefield : un pour les intérieurs et l’autre pour les extérieurs. “Les proportions des espaces intérieurs de ces fermes des XVIIe et XVIIIe siècles sont très claustrophobes. Heureusement au cours de nos recherches, nous sommes tombés sur une maison, Blackdown, construite à plus grande échelle. Il régnait dans cette maison une atmosphère romantique qui manquait à Limbury. La maison avait un escalier magnifique, une cuisine avec un espace salle à manger extraordinaire, ce qui nous a permis de tourner dans des conditions beaucoup plus faciles.”
La musique a été composée par Alexandre Desplat : “Dans certains films, il y a des scènes de bataille, des scènes très émouvantes, ou des moments où un personnage est en proie à la mélancolie. Dans ce cas, la musique vient tout naturellement. Dans TAMARA DREWE, l’énergie est canalisée par la dramaturgie, la structure chorale des personnages et par l’humour noir du film. Quand j’ai vu le film la première fois, je me suis demandé s’il fallait réellement composer une musique pour l’accompagner.” Alexandre Desplat a donc choisi de composer des phrases musicales pour les pauses entre les actions, permettant ainsi à Stephen Frears et à son monteur de passer de moments sombres à d’autres plus légers. “Ce film est très bavard, les mots ont beaucoup d’importance et il fallait faire attention à ne pas casser l’équilibre. Si la musique est trop gaie ou trop légère, trop sombre ou pleine de suspense, le film va être déséquilibré. J’ai laissé la liberté aux spectateurs d’apprécier les moments d’émotion. Je laisse de l’espace, c’est ce que Stephen apprécie, entre les moments d’actions et les moments émotionnels, sans insister avec de la musique.”
TAMARA DREWE est très librement inspiré de Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy. La scénariste Moira Buffini s’est amusée à réinterpréter la mythologie de Thomas Hardy. “J’ai adoré faire ce travail. J’ai relu Loin de la foule déchaînée après avoir lu le roman de Posy et j’ai adoré toutes les allusions qu’elle a glissées au fil des pages. J’en ai rajouté, c’était trop tentant. Par exemple, Ben Sergeant, qui est une réplique du Sergent Troy dans le livre de Hardy, séduit Tamara mais, au lieu d’utiliser son épée comme le fait Terence Stamp dans le film de John Schlesinger, il improvise un numéro de batterie très spécial qui la fait craquer. A partir de l’intrigue subtile de Thomas Hardy, nous avons décidé d’en faire une formidable comédie, en conservant certes la même intrigue mais en y ajoutant des moments comiques. A la place des fermiers de Hardy, on a Jodie et Casey, les deux gamines du village.”
Pour Stephen Frears, le contraste entre passé et présent est au coeur de la comédie : “Tamara est très moderne et vit dans un environnement campagnard semblant tout droit sorti d’une autre époque.” Gemma Arterton était ravie de tourner dans un film aussi moderne - inspiré de Hardy - après avoir joué dans des adaptations beaucoup plus classiques de l’auteur : “Cette fois, c’était très différent. Dans les romans de Hardy, les personnages disent ce qu’ils pensent, ils s’exclament beaucoup. Dans Loin de la foule déchaînée, que je relisais sans cesse durant le tournage, le personnage féminin dit : “Je suis ta femme ! Tu m’aimeras ! Je te l’assure !” C’est très dramatique. Evidemment, Tamara ne dirait jamais ça…”
Pour Stephen Frears, le contraste entre passé et présent est au coeur de la comédie : “Tamara est très moderne et vit dans un environnement campagnard semblant tout droit sorti d’une autre époque.” Gemma Arterton était ravie de tourner dans un film aussi moderne - inspiré de Hardy - après avoir joué dans des adaptations beaucoup plus classiques de l’auteur : “Cette fois, c’était très différent. Dans les romans de Hardy, les personnages disent ce qu’ils pensent, ils s’exclament beaucoup. Dans Loin de la foule déchaînée, que je relisais sans cesse durant le tournage, le personnage féminin dit : “Je suis ta femme ! Tu m’aimeras ! Je te l’assure !” C’est très dramatique. Evidemment, Tamara ne dirait jamais ça…”
Stephen Frears a le don de passer d’un genre à l’autre et d’éviter ainsi toute catégorisation. Quand il décide de réaliser un film, sa fidèle productrice Tracey Seaward contacte ses collaborateurs habituels. TAMARA DREWE ne déroge pas à la règle, on y retrouve Mick Audsley, Alan Macdonald, Alexandre Desplat, Consolata Boyle et Roger Allam. Comme le dit Alan Macdonald : “Ce qui est intéressant avec lui, c’est qu’on ne peut pas dire ce qu’est un film de Frears. Chez Stephen, le catalyseur est toujours le scénario. J’ai fait trois films avec lui (THE QUEEN, CHERI et TAMARA DREWE) très différents les uns des autres. Je pense que je le comprends mieux qu’à l’époque de THE QUEEN, mais ça ne facilite rien, puisqu’il cherche à chaque fois une nouvelle approche qui conviendra au cadre et au sujet.”
Pour Mick Audsley, le scénario ne pouvait que plaire à Stephen Frears : “C’est tout à fait le genre qui lui plaît. Un esprit caustique et de la noirceur. Pendant le montage, on s’est rendu compte que le début était plus léger et qu’à un certain moment, le film devenait plus sombre. Le film se termine par une tragédie, mais on rit toutefois jusqu’à la fin. C’est tout l’art de Stephen. Nous collaborons depuis 25 ans, on a fait 20 films ensemble. Nous sommes très libres, chacun acceptant ou refusant toute proposition de l’autre.”
Pour Alison Owen, productrice, ce qui a attiré Stephen est “évidemment l’humour du projet. Celui de Stephen lui-même est ironique, sarcastique, pince-sans-rire. Posy Simmonds a presque le même humour, mais de façon moins accusée, elle n’est pas moqueuse. Stephen a immédiatement adhéré, il se moque des gens mais gentiment, sans méchanceté.”
Le film se moque gentiment des écrivains. Moira Buffini cite un exemple : “Glen, le spécialiste de Hardy, décrit les écrivains comme étant d’égoïstes connards suffisants qui se croient supérieurs et différents. Parce qu’ils sont créatifs, ils méritent d’être traités avec plus d’égards. Mais la plupart des écrivains que je connais sont très humbles. Ils se lèvent le matin, se préparent un thé et se mettent à écrire. Mais il est également vrai qu’il en existe qui sont très sûrs d’eux et c’est assez facile de se moquer d’un écrivain prétentieux !”
Stephen Frears est réputé pour son talent de directeur d’acteurs. Gemma Arterton a pu le constater : “Stephen change sans arrêt de style et va toujours là où on ne l’attend pas. Pour TAMARA DREWE il m’a contactée avant d’avoir accepté de réaliser le film. Il voulait d’abord choisir les acteurs, ce qui l’amusait beaucoup. Parfois après une scène, il nous disait : “Dire qu’avant j’étais un réalisateur respectable !” Ce à quoi on répliquait : “Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu es génial !” Mais TAMARA DREWE est une comédie, il n’en avait pas tourné depuis longtemps et c’est pour ça que le film est formidable. Ce n’est pas simplement une bonne comédie anglaise… Il y a apporté sa touche unique et une pointe d’excentricité qui lui est propre.”
Roger Allam apprécie le fait que Stephen n’est pas tout le temps en train de donner des indications pendant le tournage : “Mais parfois il vient nous voir pendant la pause déjeuner, et nous dit deux ou trois choses sur le personnage. Je me souviens d’une scène de THE QUEEN où il m’a dit : “Ne fais pas de pause ici.” Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu : “Ce que tu fais est parfait, alors si tu marques une pause, tu me laisses une occasion de couper au montage.” J’ai trouvé sa réflexion à la fois savoureuse et délicate.”
Pour Mick Audsley, le scénario ne pouvait que plaire à Stephen Frears : “C’est tout à fait le genre qui lui plaît. Un esprit caustique et de la noirceur. Pendant le montage, on s’est rendu compte que le début était plus léger et qu’à un certain moment, le film devenait plus sombre. Le film se termine par une tragédie, mais on rit toutefois jusqu’à la fin. C’est tout l’art de Stephen. Nous collaborons depuis 25 ans, on a fait 20 films ensemble. Nous sommes très libres, chacun acceptant ou refusant toute proposition de l’autre.”
Pour Alison Owen, productrice, ce qui a attiré Stephen est “évidemment l’humour du projet. Celui de Stephen lui-même est ironique, sarcastique, pince-sans-rire. Posy Simmonds a presque le même humour, mais de façon moins accusée, elle n’est pas moqueuse. Stephen a immédiatement adhéré, il se moque des gens mais gentiment, sans méchanceté.”
Le film se moque gentiment des écrivains. Moira Buffini cite un exemple : “Glen, le spécialiste de Hardy, décrit les écrivains comme étant d’égoïstes connards suffisants qui se croient supérieurs et différents. Parce qu’ils sont créatifs, ils méritent d’être traités avec plus d’égards. Mais la plupart des écrivains que je connais sont très humbles. Ils se lèvent le matin, se préparent un thé et se mettent à écrire. Mais il est également vrai qu’il en existe qui sont très sûrs d’eux et c’est assez facile de se moquer d’un écrivain prétentieux !”
Stephen Frears est réputé pour son talent de directeur d’acteurs. Gemma Arterton a pu le constater : “Stephen change sans arrêt de style et va toujours là où on ne l’attend pas. Pour TAMARA DREWE il m’a contactée avant d’avoir accepté de réaliser le film. Il voulait d’abord choisir les acteurs, ce qui l’amusait beaucoup. Parfois après une scène, il nous disait : “Dire qu’avant j’étais un réalisateur respectable !” Ce à quoi on répliquait : “Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu es génial !” Mais TAMARA DREWE est une comédie, il n’en avait pas tourné depuis longtemps et c’est pour ça que le film est formidable. Ce n’est pas simplement une bonne comédie anglaise… Il y a apporté sa touche unique et une pointe d’excentricité qui lui est propre.”
Roger Allam apprécie le fait que Stephen n’est pas tout le temps en train de donner des indications pendant le tournage : “Mais parfois il vient nous voir pendant la pause déjeuner, et nous dit deux ou trois choses sur le personnage. Je me souviens d’une scène de THE QUEEN où il m’a dit : “Ne fais pas de pause ici.” Je lui ai demandé pourquoi et il m’a répondu : “Ce que tu fais est parfait, alors si tu marques une pause, tu me laisses une occasion de couper au montage.” J’ai trouvé sa réflexion à la fois savoureuse et délicate.”
“Le scénario m’a fait rire. Je l’ai trouvé drôle, sexy et contemporain. Adapter un roman graphique, c’est libérateur. On peut laisser courir son imagination, ça libère d’une façon extraordinaire. D’ordinaire, les BD parlent de Superman, de super héros. Ici, c’est une BD intelligente, fine, qui parle de choses qu’on connaît. Je n’avais jamais fait de film comme TAMARA DREWE, j’ai dû tout inventer. Je suis content du résultat comique et pourtant il y a des choses horribles dans le film… Je parie aussi que je suis le seul homme au monde à avoir fait courir tout un troupeau de vaches dans le Dorset ! Et puis le scénario proposait un élément rare : les Anglais ne font pas de films sur la bourgeoisie. C’est davantage une tradition française, regardez les films de Chabrol sur la bourgeoisie… Mais j’aime bien dire aussi que TAMARA DREWE est une comédie pastorale !”
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