par Laurent Tity | 9/10

Cependant, il faut saluer une grande prestation des acteurs dans leur ensemble, avec une mention à Cate Blanchett qui en fait des tonnes mais à bon escient en Katharine Hepburn excentrique, et Jude Law en Errol Flynn dans une apparition absolument désopilante. La mise en scène, excellente, nous réserve quant à elle quelques moments d'anthologie, notamment une scène de tournage d'Howard Hughes en plein air, entouré par sa flotte aérienne, qui justifierait à elle seule le statut de film incontournable début 2005.
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par Véronique Juneau | 5/5

Visuellement, le résultat honore parfaitement le confort et l'éclat de l'âge d'or du cinéma hollywoodien, soit les années 1920, 1930 et 1940. Et la puissance d'évocation, souvent admirable chez Scorsese, éblouit grandement. Surtout que Scorsese marque l'opulence de l'époque avec beaucoup de tact et de goût. Les décors raffinés, les costumes glamour et les couleurs vibrantes du Technicolor restituent à merveille une époque dite idyllique.
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par Jean-Philippe Tessé | 3/5

Là, Scorsese trouve matière à creuser dans son cinéma, s'il apparaît qu'il a plus ou moins renoncé à creuser ailleurs ("Aviator", irréprochable à tous points de vue, jamais ne s'emporte, disons que c'est un excellent film de studio, nettement au-dessus du lot, mais rien à voir avec "Casino" ou "Raging Bull").
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par Florence Colombani | Positif

Le film procède par condensation : un seul mot, "quarantaine" - comme un nouveau "rosebud" dans ce film truffé de références à "Citizen Kane" -, ne suffit-il pas à apaiser son angoisse ? Et il ne faut guère que quatre scènes qui le montrent seul face à un miroir, dans des toilettes, pour marquer la progression de la maladie mentale. Dans l'une d'elles, Hughes se frotte les mains avec une telle violence qu'il se blesse. On se souvient alors du héros d'un court-métrage du tout jeune Scorsese, "The Big Shave" (1967), qui se rasait de même. Jusqu'au sang.
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par Alexis Bernier & Didier Péron | Positif

Assez rythmé et jubilatoire, le film joue à plein régime du parallèle entre l'aviateur et les avions. Multipliant les glorieux décollages (succès de producteur, champion aéronautique, tombeur de stars...), le personnage, hanté par la chute toujours possible, semble perpétuellement en recherche panique d'un nouveau moteur. Comme s'il n'avait dans le fond qu'une seule obsession : trouver et tenir sa vitesse de croisière vitale. Pour relater ce drame humain intime, l'option de la mise en scène est de coller à la mégalomanie du personnage et de cette ère de pionniers. On n'est pas obligé de toujours goûter aux fastes de ce show orchestré par le décorateur Dante Ferreti et le chef op Robert Richardson, cherchant, de façon un peu vaine, à retrouver via le numérique la texture des pellicules de l'époque. Même pour un "auteur" à l'ancienne tel Scorsese, il semble désormais obligatoire d'en passer par ce barnum visuel, gage officiel d'un futur retour sur investissement.
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par Jean-Christophe Derrien | 3/5

On peut trouver le film un peu long, peut-être pas assez "Scorsesien", mais l'ensemble, avec ses reconstitutions fastueuses et ses scènes aériennes hallucinantes, donne un spectacle réussi. Recommandé.
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par Romain Le Vern | 3/4

Pour la seconde fois de sa carrière, Martin Scorsese, l'un des plus grands cinéastes actuels - si ce n'est le plus grand -, nous fait du Spielberg. "Aviator", son nouveau film, est à inscrire dans la catégorie de ses oeuvres les plus singulières, là où l'espace d'un instant le réalisateur oublie son imagerie récurrente (bas-fonds new-yorkais, violence, mafia) et ses personnages torturés (Travis Bickle, Jake La Motta, Franck Pierce et autres Sam Rothstein) pour se tourner vers un genre plus accessible (ici, la biographie). Dans sa carrière, on a connu ce même cas de figure avec "New York, New York" et "Kundun" mais le cinéaste s'intéresse plus précisément sur cet "Aviator" aux effets spéciaux.
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par Eric Van Cutsem | Positif

Avec sa mise en scène fluide se jouant merveilleusement des détails d'époque, Martin Scorsese nous plonge dans l'âge d'or d'Hollywood, multipliant les références et les techniques comme le cinecolor (la scène de golf avec Hepburn) ou le technicolor. Sa caméra virevolte avec l'insouciance d'une époque hollywoodienne pétillante à l'aube du parlant, suivant Hughes pas à pas dans sa quête effrénée du futur de la technologie humaine.
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par Pierre Murat | Positif

Voilà le pari de Scorsese : réaliser un film luxueux et classique - hollywoodien, en somme - tout en l'amenant à lui, à son univers, fait de violence et de fêlures. D'un côté, jouer le jeu, de l'autre, jouer avec le feu. D'où cette alternance de scènes grandioses (le tournage des Anges de l'enfer, le crash ahurissant de l'avion où Howard Hughes frôle la mort) et de moments intimistes où l'angoisse recouvre les paillettes, où s'épanouit le héros scorsésien, proie fatale de démons intérieurs qui l'anéantissent peu à peu.
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par Jacques Morice | Négatif

Martin Scorsese ne supporte pas l'avion, paraît-il, ce qui est tout de même un comble pour qui prétend retracer la vie d'un illustre aviateur. Fatalement, Aviator peine à décoller, bloqué sur le plancher des vaches, empêché par un chargement bien trop lourd d'informations. Manque ici la fulgurance et le vertige qu'appelait ce sujet, davantage destiné à Michael Mann, producteur du film, un temps choisi pour le réaliser. On retrouve bien dans le scénario des thèmes chers à Scorsese, mais orchestrés sur un mode tellement démonstratif qu'ils frisent la caricature.
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par Michaël Melinard | Positif

Certes "Aviator" bénéficie du talent de Martin Scorsese. La mise en scène somptueuse s'accompagne d'une reconstitution sans faille. Les décors, les costumes, les lumières et les avions, dont la production a retrouvé des modèles d'époque, offrent à ce long métrage une beauté indéniable. En outre, le sens du détail du cinéaste et son excellente direction d'acteurs lui donnent de l'ampleur. Leonardo DiCaprio, beaucoup plus convaincant que dans "Gangs of New York", sa précédente collaboration avec l'auteur de "Taxi Driver", apparaît habité par son personnage, délivrant un Hugues séducteur insatiable et maniaque, hanté par ses troubles obsessionnels compulsifs. Les autres comédiens, John C. Reilly et Cate Blanchett en tête, se mettent également au diapason.
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par Karl Filion | 3/5

On retiendra surtout de cette aventure son manque de concision. Sa durée (2h44) devient sa principale lacune, surtout lorsqu'on se rend compte, en tant que spectateur, que plusieurs longs moments auraient pu être évités. Cette faille fait de l'ombre au travail efficace du réalisateur Martin Scorsese ("Gangs of New York", "Raging Bull") et à la prestation tonitruante de Leonardo DiCaprio, personnifiant un très complexe et déchiré Howard Hughes. Si leur travail en tant qu'artisans est presque irréprochable, le résultat final est presque insupportable tellement il est pesant.
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