Les Marins perdus

  »  La revue de presse

par Isabelle Kersimon | 8/10

Adapté du roman éponyme de Jean-Claude Izzo, "Les Marins perdus" est un film pudiquement dur, violemment sensuel et parfaitement poétique. Un voyage au rythme de ressac dans le coeur des navigateurs du monde. Il suffit de se laisser porter par ce vaisseau fantôme et ces hommes en errance totale. Leur intimité forcée, filmée merveilleusement, tout comme les paysages des Calanques et la tôle des bâtiments, c’est de la magie en barre. Cette condamnation à l’attente suite à de sinistres magouilles, cette folie du capitaine qu’on sent monter dans des détails qui tuent, cette nostalgie rêveuse du second, cette énergie vitale du mousse… Amoureux au long cours, les voilà qui courent vers leur rêve, à défaut de naviguer, toujours dans cette quête, ses traditions, son vide et ses désillusions. Un hommage brut à la marine marchande en déroute.
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par Olivier Pélisson | 4/5

Claire Devers est enfin de retour au cinéma ! Les onze ans d'attente valaient le coup, car LES MARINS PERDUS est un film envoûtant. Partie du roman d'Izzo, la cinéaste arpente les couloirs d'un navire à l'abandon et les rues de Marseille avec élégance et brutalité à la fois. Elle réussit à rendre palpable une atmosphère dense et habitée, celle d'hommes en attente.
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par Stéphane Brisset | Mitigé

(...) le scénario parcourt avec insistance la carte très balisée de la masculinité maritime. Les Marins perdus fait pourtant montre d'un beau travail esthétique, filant sans maladresse le rapport homme/machine. Dommage que le propos ne soit pas à la hauteur de cette réussite visuelle.
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par Marie-Noëlle Tranchant | Mitigé

Claire Devers a tiré du roman de Jean-Claude Izzo des personnages à la fois typés et non-conventionnels, et réuni un très beau trio d'interprètes qui leur donnent une densité silencieuse (...) Ils ressortent sur le fond mal barbouillé du film, scènes inutiles ou trop longues, rythme incohérent qui perd la tension et l'unité.
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par Philippe Azoury | Mitigé

Le film de Claire Devers n'est pas antipathique, seulement son parfum de cinéma d'avant-guerre (qui ne réussit à réanimer ni le fantôme de Viviane Romance ni celui de Gabin) ressemble à s'y méprendre à une bonne fiction télé. Le désir reste à quai, en gros.
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par Pierre Murat | Mitigé

Dans ce film inégal, le plus réussi reste la lutte sourde à laquelle se livrent le Grec et son capitaine libanais (Miki Manoljovic). Entre les deux hommes, la montée de la violence, inexplicable et heureusement inexpliquée, rappelle le jeu sado-masochiste du premier long métrage de Claire Devers, de loin son meilleur : Noir et blanc.
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