Hunger

  »  La revue de presse

par Vincent Malausa | 3/5

Premier film de l'artiste britannique Steve McQueen, "Hunger" retrace, sec comme un coup de trique, l'agonie de Bobby Sands, activiste de l'IRA mort d'une grève de la faim dans les géôles nord-irlandaises. Imparfait, le film reste d'une puissance indéniable et surtout, le regard qui y est à l'oeuvre formule une vraie promesse.
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par Vincy | 2/5

Steve McQueen a décidé de nous provoquer avec des images plutôt que d'écrire un scénario cohérent. On suit ainsi plusieurs personnages, dans la première moitié, tandis que dans la seconde partie du film, nous sommes focalisés sur un seul. Ce manque de ténacité entre les deux chapitres fait qu'il ne reste plus l'histoire du film en mémoire mais des images destinées à mettre mal à l'aise ; de ce point de vue c'est réussi.
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par Jacques Mandelbaum | 4/5

A l'abjection de la violence institutionnelle, répond, sans complaisance, la violence de l'abjection organique. La prison devient un théâtre régressif des matières où l'irréconciliabilité des idées se résout par la libération pulsionnelle : merde, sang, salive, sperme. Spirale atroce de l'humiliation, d'un côté comme de l'autre, qui ne peut viser autrui qu'en se retournant contre soi-même. Une des incomparables vertus du film est de montrer cela.
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par Jacques Morice | 5/5

On n'a pas oublié son nom. Ni sa photo en noir et blanc, toujours la même, que la télévision rediffusait et sur laquelle on voyait son visage souriant. Bobby Sands, symbole des républicains irlandais, s'est éteint le 5 mai 1981 après une grève de la faim de soixante-six jours. Marqué à jamais comme beaucoup d'autres par cet événement, Steve McQueen, connu jusque-là comme l'un des plasticiens britanniques les plus inspirés, revient dessus en réalisant son premier long métrage de cinéma. Ce n'est pas le premier artiste à changer de discipline, mais c'est l'un des rares à réussir un passage aussi impressionnant.
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par Pierre Murat | 1/5

Juste une question : une oeuvre d'art doit-elle exhiber ou suggérer ? Les scènes d'amour sont-elles plus intenses si l'on voit s'activer les sexes ? Torture-t-on de façon plus efficace si l'on montre des lames déchirant les chairs... ? A ces interrogations, ce premier film répond par l'affirmative. Steve McQueen semble convaincu que plus on souligne, plus on convainc.
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par Eric Libiot | 5/5

Venu à Cannes présenter Hunger, Steve McQueen en est reparti avec la caméra d'or dans ses valises. Aussi relevée que d'habitude, cette compétition de premiers longs-métrages - McQueen est artiste contemporain et vidéaste - a toutefois rapidement fermé la maison et rendu les clefs après la projection de ce film impressionnant de maîtrise, remarquable de bout en bout et qui, sans jamais remettre en question sa rigueur formelle, ne tourne pas le dos au spectacle. N'était un sujet qui ne prête pas forcément à lever le coude et à danser la gigue, on pourrait même parler de grand plaisir à voir Hunger.
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par Philippe Azoury | 5/5

Hunger, qui sort six mois après avoir cassé la baraque à Cannes (presse dithyrambique, caméra d'or) est un film plus que puissant. Un des ogres de l'année. Il apparaît surtout comme le plus apte à répondre à ce que veut l'époque, comme taillé sur l'imaginaire 2008. Son geste relève tout du tour de force esthétique tout en abordant de front une histoire contemporaine jusqu'ici mal filmée : la grève de la faim en 1980 de prisonniers républicains, membres de l'IRA (Armée républicaine irlandaise), en guerre contre l'Angleterre pour l'indépendance de l'Irlande du Nord.
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par Aurélien Allin | 4/5

Un exploit dont le mérite revient à une mise en scène sachant capter la souffrance des deux camps, et parvenant à ménager montage effréné et longs plans immobiles, fureur des cris et lourd sens des non-dits. Un auteur dont on attend déjà avec impatience la suite du parcours.
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par ME Rouchy | 4/5

Aussi insupportable que le sont aujourd'hui l'existence de Guantànamo et la révélation des dérapages des soldats américains en Irak, le récit du martyr que le gouvernement anglais fit subir à ses hommes agit comme un électrochoc. D'autant plus fort que la mise en scène est brillante - chaque plan composé comme un tableau, chaque dialogue, précis et coupant comme une lame.
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