Interprète, réalisateur et producteur de certains des films les plus marquants de notre temps, Clint Eastwood n'était pas apparu à l'écran depuis MILLION DOLLAR BABY (Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur film 2004) : "Je pensais mettre une sourdine à ma carrière d'acteur, mais GRAN TORINO m'a offert un rôle de mon âge, qui semblait m'aller comme un gant, même s'il était en réalité très différent de moi. Et puis, j'aimais le script, avec ses ruptures de ton, ses rebondissements, ses touches comiques." GRAN TORINO est un premier scénario de Nick Schenk, écrit à partir d'un sujet original conçu par celui-ci et Dave Johannson. "Ils se sont inspirés de leurs expériences personnelles et des gens qu'ils ont connus dans le Minnesota", explique le producteur Robert Lorenz, associé de longue date d'Eastwood et de sa société, Malpaso. "Nous avons reçu ce scénario de Bill Gerber, qui le tenait de Jeanette Kahn. J'ai commencé à le lire en diagonale, sans penser qu'il contenait nécessairement un bon rôle pour Clint, mais arrivé à la moitié, j'ai réalisé que c'était du solide. Je l'ai alors repris en totalité, avec toute l'attention qu'il méritait, et l'ai vraiment aimé.
Sachant qu'il ne faut pas se montrer trop "vendeur" avec Clint, je lui ai simplement transmis le script en lui disant qu'il y prendrait du plaisir. Il m'a rappelé pour me dire qu'il l'avait réellement apprécié, et les choses se sont enchaînées."
Schenk n'avait pas écrit le personnage de Walt Kowalski en pensant à un acteur précis : "Nous connaissons tous des hommes comme lui. Walt pourrait être votre chef d'atelier, votre père, lorsqu'il vous observe d'un oeil narquois en train de démonter une roue de vélo."
Originaire du Minnesota, Schenk a travaillé quelque temps en usine, au milieu de nombreux ouvriers Hmong : "Ces gens, venus du Laos et d'autres régions d'Asie, s'allièrent aux Américains durant la guerre du Vietnam avant d'émigrer aux Etats-Unis, où ils forment une minorité très discrète."
Avec ses discours parsemés de clichés xénophobes, on pourrait facilement prendre Walt pour un raciste, mais son hostilité de longue date va fondre au contact des Hmong de son quartier.
Nick Schenk :
"Walt a commis certains actes durant la guerre de Corée qui continuent de le hanter. La vue de ses nombreux voisins asiatiques lui renvoie ce passé. Pour lui, tous les Asiatiques se ressemblent, ils n'ont pas de visage. En apprenant à mieux les connaître, il va commencer à réfléchir à ce qui lui est arrivé et aux expériences qu'il a faites en Corée."
Bill Gerber :
"Clint n'hésite pas à aborder de front les questions complexes liées aux préjugés, à la religion, aux relations ethniques. Son discours est parfois politiquement incorrect, mais toujours honnête. Connaissant Clint, nous pressentons bien que Walt est un personnage plus compliqué qu'il n'y paraît. Et nous le verrons effectivement s'ouvrir au contact de ces gens."
Dave Johannson :
"Qui d'autre que Clint aurait pu réaliser ce film ou incarner un tel personnage ? Clint le réalisateur est un homme très direct, prêt à se colleter avec les sujets les plus délicats. Clint l'acteur a fait preuve de son courage habituel en endossant ce rôle qui, au début, a tout pour heurter le spectateur. La haine de l'Autre habite Walt depuis des décennies, et il faut une réelle hardiesse pour se défaire à un âge avancé d'un sentiment aussi tenace et aussi profond. Walt possède indéniablement un grand courage physique, mais également moral."
L'histoire commence après la mort de la femme de Walt, Dorothy, tandis que s'ouvre le dernier chapitre d'une vie marquée par les horreurs de la guerre de Corée et cinquante années de travail à la chaîne dans l'usine Ford locale. Mais la guerre n'est plus qu'un souvenir, l'usine a fermé, sa femme est décédée, et ses enfants, adultes, n'ont plus guère de temps à consacrer à Walt…
Clint Eastwood :
"Walt a travaillé dur, ses fils n'ont pas trop mal réussi et se sont éloignés de lui, et ses petits-enfants arborent des piercings et autres emblèmes qu'il désapprouve. N'empêche que Walt est difficile à supporter, tant il est râleur et mal embouché."
"Il a été un père autoritaire et dominateur", explique Brian Haley, qui interprète Mitch Kowalski, le fils de Walt. "Mitch est tout le contraire de son père : Walt était un prolo endurci, Mitch, un yuppie futile et ramolli. Les deux hommes ont une relation difficile : Walt ne sait pas comment s'adresser à son fils, et Mitch n'arrive pas à nouer le dialogue avec son père."
Walt n'a donc qu'un désir : rester seul. Mais le Père Janovich ne cesse de lui rappeler les dernières volontés de Dorothy : que Walt aille se confesser. "Ce prêtre s'efforce vainement de convaincre Walt", explique l'interprète du rôle, Christopher Carley. "Mais il faut plus qu'une soutane pour impressionner Walt, qui voit seulement en Janovich un puceau de 27 ans surdiplômé."
Clint Eastwood :
"Walt en veut à ce curé pour des tas de raisons, et surtout parce qu'il a l'air d'un gosse frais émoulu du séminaire, avec le manuel du parfait curé en poche. Aussi déterminé que soit ce jeunot, Walt aura toujours le dernier mot." Kowalski n'a finalement qu'un plaisir dans la vie : bichonner sa belle Ford Gran Torino 72, parquée dans son garage depuis sa sortie d'usine et protégée sous une bâche de soie.
Clint Eastwood :
"Cette voiture fait son bonheur et sa fierté. Walt en est épris, il s'identifie à elle, il ne s'en sert pas, il se contente de la sortir de temps à autre pour la briquer." Le modeste pavillon de Walt est le seul de sa rue à arborer une façade repeinte à neuf, un jardin bien entretenu et… le drapeau américain.
Clint Eastwood :
"Walt est consterné par l'évolution de son quartier. Il a grandi dans un secteur ouvrier, peuplé de nombreux immigrants polonais, et son environnement actuel le navre."
Walt, le manuel, s'est efforcé de préserver la dignité de son habitat en ne laissant pas sa maison se détériorer comme celles du voisinage.
Robert Lorenz :
"Cet homme, qui refuse de baisser les bras, s'est réfugié dans le passé. Il n'a pas réussi à progresser sur le plan humain, pour des raisons que nous découvrirons au cours du film."
Le jeune voisin de Walt, Thao, 18 ans, est, en un sens, aussi isolé que lui. "Entouré de trois femmes – sa mère, sa grand-mère, sa soeur aînée -, Thao est le seul mâle de la maison", explique le débutant Bee Vang. "Privé de mentor, c'est un garçon insécurisé, malhabile, dominé par trois femmes. Il a besoin d'un modèle masculin, et va le trouver en Walt." Thao est un garçon timide, tout juste sorti du lycée. Embrigadé à contrecoeur dans un gang d'ados Hmong, que dirigent Smokie et le cousin de Thao, Spider, il est une proie facile, une victime toute désignée.
"Cette bande s'est formée principalement pour se protéger contre les gangs du quartier", explique Sonny Vue, l'interprète de Smokie. "C'est lorsqu'ils se croient menacés par Walt qu'ils décident de devenir des petits durs, comme si cela leur conférait une quelconque virilité."
Smokie et Spider ne peuvent prendre exemple de leurs aînés, du fait que ces derniers peinent encore plus qu'eux à s'intégrer. "Ces jeunes sont écartelés entre deux cultures", témoigne Doua Moua (Spider). "Il en résulte un fort sentiment de révolte, qui les amène à se constituer en bandes. Les filles, elles, sont davantage liées à leurs familles et à leurs mères, et moins enclines à rejeter les valeurs et coutumes parentales."
En guise d’épreuve initiatique, Smokie et Spider obligent Thao à voler la précieuse Gran Torino de Walt. Mais Walt surprend le garçon en pleine action et le met en fuite, sans avoir pu voir son visage. «Résultat, commente Vang : Thao passe encore plus pour un raté.» Peu de temps après, la bande vient relancer Thao, et une bagarre éclate, qui se poursuit jusque dans le jardin de Walt. Ce dernier sort alors son vieux M-1 de la guerre de Corée et en menace les intrus.
Cet acte de bravoure, longtemps espéré par ses voisins Hmong, fait de Kowalski le héros du quartier. Des fl eurs, des victuailles, des cadeaux affl uent de partout en témoignage de reconnaissance.
Clint Eastwood :
«Walt, qui n’avait aucune envie de fréquenter ces gens, découvre alors qu’ils sont intelligents, attentionnés, respectueux les uns des autres. Il s’aperçoit qu’il a plus en commun avec eux qu’avec ses propres enfants, trop gâtés selon lui.»
La soeur aînée de Thao, Sue (Ahney Her), qui est la mieux intégrée et la plus américanisée de la famille, a vite fait de cerner la personnalité de leur étrange voisin : «Walt est susceptible de proférer les pires énormités, mais ça n’en fait pas un raciste», explique l’actrice. «Il dit simplement ce qu’il a sur le coeur, sans se gêner. Sue voit clair en lui, elle n’a pas peur de le taquiner. Elle fait également tout son possible pour que Thao devienne copain avec Walt et profite de ce que celui-ci peut lui apporter.»
Robert Lorenz :
«Sue noue une relation sincère avec Walt, qui va au-delà de la simple reconnaissance. Cette franchise plaît à Walt et va favoriser leur rapprochement.»
Sue persuade Walt d’assister à une fête de famille, où un shaman Hmong va le révéler à lui-même et lui permettre de mettre des mots sur ses tourments.
Robert Lorenz :
«Cette famille, bien plus ouverte que la sienne, pose à Walt des questions fondamentales qui vont l’obliger à se remettre en question. Personne ne lui avait jamais lancé un tel défi et ne l’avait obligé à se regarder en face au lieu de projeter ses problèmes sur les autres.»
Pour que soit définitivement pardonnée la malheureuse tentative de vol de la Gran Torino, la mère et la soeur de Thao poussent ce dernier à offrir ses services à Walt.
Le coriace Kowalski répond, comme on pouvait s’y attendre, mais Thao s’accroche et prouve sa bonne volonté en contribuant à la réhabilitation des maisons du voisinage.
Bee Vang :
«Walt commence alors à l’apprécier, et une relation se noue entre eux, tandis que Thao, fier de se montrer utile, gagne en assurance, s’endurcit et comprend qu’il n’est pas besoin d’intégrer une bande pour devenir un homme.»
Mais Walt vise encore plus loin : il ambitionne d’aider le garçon à trouver un travail et à éviter de nouveaux ennuis.
Robert Lorenz :
«Chacun gagne à cette relation : Thao trouve un nouveau père, et Walt, qui n’avait jamais eu de bons rapports avec ses fils, goûte enfin aux joies de la paternité.»
Sachant qu'il ne faut pas se montrer trop "vendeur" avec Clint, je lui ai simplement transmis le script en lui disant qu'il y prendrait du plaisir. Il m'a rappelé pour me dire qu'il l'avait réellement apprécié, et les choses se sont enchaînées."
Schenk n'avait pas écrit le personnage de Walt Kowalski en pensant à un acteur précis : "Nous connaissons tous des hommes comme lui. Walt pourrait être votre chef d'atelier, votre père, lorsqu'il vous observe d'un oeil narquois en train de démonter une roue de vélo."
Originaire du Minnesota, Schenk a travaillé quelque temps en usine, au milieu de nombreux ouvriers Hmong : "Ces gens, venus du Laos et d'autres régions d'Asie, s'allièrent aux Américains durant la guerre du Vietnam avant d'émigrer aux Etats-Unis, où ils forment une minorité très discrète."
Avec ses discours parsemés de clichés xénophobes, on pourrait facilement prendre Walt pour un raciste, mais son hostilité de longue date va fondre au contact des Hmong de son quartier.
Nick Schenk :
"Walt a commis certains actes durant la guerre de Corée qui continuent de le hanter. La vue de ses nombreux voisins asiatiques lui renvoie ce passé. Pour lui, tous les Asiatiques se ressemblent, ils n'ont pas de visage. En apprenant à mieux les connaître, il va commencer à réfléchir à ce qui lui est arrivé et aux expériences qu'il a faites en Corée."
Bill Gerber :
"Clint n'hésite pas à aborder de front les questions complexes liées aux préjugés, à la religion, aux relations ethniques. Son discours est parfois politiquement incorrect, mais toujours honnête. Connaissant Clint, nous pressentons bien que Walt est un personnage plus compliqué qu'il n'y paraît. Et nous le verrons effectivement s'ouvrir au contact de ces gens."
Dave Johannson :
"Qui d'autre que Clint aurait pu réaliser ce film ou incarner un tel personnage ? Clint le réalisateur est un homme très direct, prêt à se colleter avec les sujets les plus délicats. Clint l'acteur a fait preuve de son courage habituel en endossant ce rôle qui, au début, a tout pour heurter le spectateur. La haine de l'Autre habite Walt depuis des décennies, et il faut une réelle hardiesse pour se défaire à un âge avancé d'un sentiment aussi tenace et aussi profond. Walt possède indéniablement un grand courage physique, mais également moral."
L'histoire commence après la mort de la femme de Walt, Dorothy, tandis que s'ouvre le dernier chapitre d'une vie marquée par les horreurs de la guerre de Corée et cinquante années de travail à la chaîne dans l'usine Ford locale. Mais la guerre n'est plus qu'un souvenir, l'usine a fermé, sa femme est décédée, et ses enfants, adultes, n'ont plus guère de temps à consacrer à Walt…
Clint Eastwood :
"Walt a travaillé dur, ses fils n'ont pas trop mal réussi et se sont éloignés de lui, et ses petits-enfants arborent des piercings et autres emblèmes qu'il désapprouve. N'empêche que Walt est difficile à supporter, tant il est râleur et mal embouché."
"Il a été un père autoritaire et dominateur", explique Brian Haley, qui interprète Mitch Kowalski, le fils de Walt. "Mitch est tout le contraire de son père : Walt était un prolo endurci, Mitch, un yuppie futile et ramolli. Les deux hommes ont une relation difficile : Walt ne sait pas comment s'adresser à son fils, et Mitch n'arrive pas à nouer le dialogue avec son père."
Walt n'a donc qu'un désir : rester seul. Mais le Père Janovich ne cesse de lui rappeler les dernières volontés de Dorothy : que Walt aille se confesser. "Ce prêtre s'efforce vainement de convaincre Walt", explique l'interprète du rôle, Christopher Carley. "Mais il faut plus qu'une soutane pour impressionner Walt, qui voit seulement en Janovich un puceau de 27 ans surdiplômé."
Clint Eastwood :
"Walt en veut à ce curé pour des tas de raisons, et surtout parce qu'il a l'air d'un gosse frais émoulu du séminaire, avec le manuel du parfait curé en poche. Aussi déterminé que soit ce jeunot, Walt aura toujours le dernier mot." Kowalski n'a finalement qu'un plaisir dans la vie : bichonner sa belle Ford Gran Torino 72, parquée dans son garage depuis sa sortie d'usine et protégée sous une bâche de soie.
Clint Eastwood :
"Cette voiture fait son bonheur et sa fierté. Walt en est épris, il s'identifie à elle, il ne s'en sert pas, il se contente de la sortir de temps à autre pour la briquer." Le modeste pavillon de Walt est le seul de sa rue à arborer une façade repeinte à neuf, un jardin bien entretenu et… le drapeau américain.
Clint Eastwood :
"Walt est consterné par l'évolution de son quartier. Il a grandi dans un secteur ouvrier, peuplé de nombreux immigrants polonais, et son environnement actuel le navre."
Walt, le manuel, s'est efforcé de préserver la dignité de son habitat en ne laissant pas sa maison se détériorer comme celles du voisinage.
Robert Lorenz :
"Cet homme, qui refuse de baisser les bras, s'est réfugié dans le passé. Il n'a pas réussi à progresser sur le plan humain, pour des raisons que nous découvrirons au cours du film."
Le jeune voisin de Walt, Thao, 18 ans, est, en un sens, aussi isolé que lui. "Entouré de trois femmes – sa mère, sa grand-mère, sa soeur aînée -, Thao est le seul mâle de la maison", explique le débutant Bee Vang. "Privé de mentor, c'est un garçon insécurisé, malhabile, dominé par trois femmes. Il a besoin d'un modèle masculin, et va le trouver en Walt." Thao est un garçon timide, tout juste sorti du lycée. Embrigadé à contrecoeur dans un gang d'ados Hmong, que dirigent Smokie et le cousin de Thao, Spider, il est une proie facile, une victime toute désignée.
"Cette bande s'est formée principalement pour se protéger contre les gangs du quartier", explique Sonny Vue, l'interprète de Smokie. "C'est lorsqu'ils se croient menacés par Walt qu'ils décident de devenir des petits durs, comme si cela leur conférait une quelconque virilité."
Smokie et Spider ne peuvent prendre exemple de leurs aînés, du fait que ces derniers peinent encore plus qu'eux à s'intégrer. "Ces jeunes sont écartelés entre deux cultures", témoigne Doua Moua (Spider). "Il en résulte un fort sentiment de révolte, qui les amène à se constituer en bandes. Les filles, elles, sont davantage liées à leurs familles et à leurs mères, et moins enclines à rejeter les valeurs et coutumes parentales."
En guise d’épreuve initiatique, Smokie et Spider obligent Thao à voler la précieuse Gran Torino de Walt. Mais Walt surprend le garçon en pleine action et le met en fuite, sans avoir pu voir son visage. «Résultat, commente Vang : Thao passe encore plus pour un raté.» Peu de temps après, la bande vient relancer Thao, et une bagarre éclate, qui se poursuit jusque dans le jardin de Walt. Ce dernier sort alors son vieux M-1 de la guerre de Corée et en menace les intrus.
Cet acte de bravoure, longtemps espéré par ses voisins Hmong, fait de Kowalski le héros du quartier. Des fl eurs, des victuailles, des cadeaux affl uent de partout en témoignage de reconnaissance.
Clint Eastwood :
«Walt, qui n’avait aucune envie de fréquenter ces gens, découvre alors qu’ils sont intelligents, attentionnés, respectueux les uns des autres. Il s’aperçoit qu’il a plus en commun avec eux qu’avec ses propres enfants, trop gâtés selon lui.»
La soeur aînée de Thao, Sue (Ahney Her), qui est la mieux intégrée et la plus américanisée de la famille, a vite fait de cerner la personnalité de leur étrange voisin : «Walt est susceptible de proférer les pires énormités, mais ça n’en fait pas un raciste», explique l’actrice. «Il dit simplement ce qu’il a sur le coeur, sans se gêner. Sue voit clair en lui, elle n’a pas peur de le taquiner. Elle fait également tout son possible pour que Thao devienne copain avec Walt et profite de ce que celui-ci peut lui apporter.»
Robert Lorenz :
«Sue noue une relation sincère avec Walt, qui va au-delà de la simple reconnaissance. Cette franchise plaît à Walt et va favoriser leur rapprochement.»
Sue persuade Walt d’assister à une fête de famille, où un shaman Hmong va le révéler à lui-même et lui permettre de mettre des mots sur ses tourments.
Robert Lorenz :
«Cette famille, bien plus ouverte que la sienne, pose à Walt des questions fondamentales qui vont l’obliger à se remettre en question. Personne ne lui avait jamais lancé un tel défi et ne l’avait obligé à se regarder en face au lieu de projeter ses problèmes sur les autres.»
Pour que soit définitivement pardonnée la malheureuse tentative de vol de la Gran Torino, la mère et la soeur de Thao poussent ce dernier à offrir ses services à Walt.
Le coriace Kowalski répond, comme on pouvait s’y attendre, mais Thao s’accroche et prouve sa bonne volonté en contribuant à la réhabilitation des maisons du voisinage.
Bee Vang :
«Walt commence alors à l’apprécier, et une relation se noue entre eux, tandis que Thao, fier de se montrer utile, gagne en assurance, s’endurcit et comprend qu’il n’est pas besoin d’intégrer une bande pour devenir un homme.»
Mais Walt vise encore plus loin : il ambitionne d’aider le garçon à trouver un travail et à éviter de nouveaux ennuis.
Robert Lorenz :
«Chacun gagne à cette relation : Thao trouve un nouveau père, et Walt, qui n’avait jamais eu de bons rapports avec ses fils, goûte enfin aux joies de la paternité.»
GRAN TORINO est la première production hollywoodienne à dépeindre des personnages de la communauté Hmong, une ethnie de 18 clans répartie dans plusieurs pays d’Asie, dont le Laos, le Vietnam et la Thaïlande, et qui trouva refuge aux États-Unis à la fin de la guerre du Vietnam. «Peu de gens connaissent notre rôle durant ce conflit et les circonstances dans lesquelles nous avons émigré», souligne Paula Yang, une des premières consultantes du film. «Le nombre de nos pertes civiles et militaires n’a jamais été révélé. Nos aînés, si humbles, ne parlent jamais de ces drames.»
Clint Eastwood :
«Les Hmong ne sont pas une nation, mais une culture, qui possède sa propre religion, sa propre langue. Après la guerre, ils ont connu bien des déboires, mais leur grande détermination leur a permis de se tirer d’affaire.»
Eastwood était décidé à donner une image aussi authentique que possible des Hmong et à n’utiliser que des acteurs de cette origine. La directrice de casting Ellen Chenoweth découvrit qu’il y avait très peu de professionnels Hmong inscrits à la Screen Actors Guild. Elle commença donc par prospecter les communautés de Fresno (Californie), St. Paul (Minnesota), Warren (Virginie) et autres. Le conseiller culturel Cedric Lee aida l’équipe casting à nouer des contacts, notamment avec les anciens, qui ne parlent pas l’américain. Chenoweth et ses assistants organisèrent ensuite une série d’auditions ouvertes, qui se conclurent à St. Paul. Entre-temps, la communauté avait été amplement informée du projet GRAN TORINO, via Internet, la presse, les associations de jeunes et le bouche-à-oreille.
«Les gens étaient supermotivés», se rappelle Paula Yang. «Ils étaient prêts à faire tout leur possible pour participer à un film de Clint Eastwood. Nous avons vu arriver de jeunes enfants, des ados, des papys, des mamies…»
C’est parmi ces centaines de postulants qu’Eastwood choisit Bee Vang pour le rôle vedette de Thao. «Mon assistante Amelia Rasche l’avait découvert par l’entremise de son lycée. J’adorais son visage, si ouvert, si gentil, si attachant», rapporte Ellen Chenoweth.
L’adolescent s’habitua rapidement au style hyperrelax d’Eastwood : «Je l’avais vu dans des westerns et dans des films comme DIRTY HARRY, mais comment aurais-je pu m’imaginer cette rencontre ? Mr. Eastwood aime qu’à l’écran les choses soient aussi naturelles, aussi réelles que possible. C’est un homme profondément bon et humble. J’ai adoré travailler avec lui et son équipe. C’est une expérience que je n’oublierai jamais.»
Ahney Her, s’imposa dans le rôle de Sue, la soeur aînée, protectrice et malicieuse, de Thao. Pleine d’humour et d’assurance, la jeune novice de 16 ans réagit face à Eastwood comme Sue face à Walt : «C’est un homme simple, très abordable, qui vous met en confiance, sans vous dire exactement quoi faire. Il préfère vous voir tenter l’approche qui vous semble coller à la scène, quitte à corriger après coup. C’était formidable de travailler avec ce grand bonhomme.» «Bee et Ahney se sont adaptés spontanément à cet exercice inédit, parce qu’ils possédaient déjà de grandes qualités naturelles», souligne Eastwood. «J’aimerais m’attribuer le résultat final, mais ce serait déplacé.»
Vu, la mère célibataire de Thao et Sue, est incarnée par Brooke Chia Thao, une Laotienne établie à Visalia (Californie). «Elle n’avait aucune expérience d’actrice, et était seulement venue nous présenter ses deux enfants», se souvient Cedric Lee. «Nous lui avons fait passer un essai et l’avons retenue pour ce rôle. Détail amusant, Brooke est bien plus américanisée que son personnage, au point qu’on a l’impression d’avoir affaire à une autre femme.» «Le film ne représente qu’une facette de la culture Hmong», souligne la comédienne. «Mais il devrait permettre aux gens de nous voir sous un jour différent et de comprendre notre rôle durant la guerre. Mon propre père, par exemple, n’avait que 14 ans lorsqu’il fut recruté pour combattre avec les Américains.»
La sexagénaire Chee Thao, qui incarne la grand-mère, est également née au Laos et habite aujourd’hui St. Paul. «Ce casting était un défi car le personnage s’exprime seulement dans sa langue maternelle», explique l’adjoint de Chenoweth, Geoffrey Miciat. «Il fallait quelqu’un qui possède une forte personnalité et le sens de l’humour – deux qualités bien présentes chez Chee.» Chee Thao noua une étroite relation confiance avec Eastwood et eut avec lui de longues conversations personnelles (traduites par sa propre petite-fille). «Elle n’eut aucun mal à se mettre dans la peau de son personnage», témoigne Robert Lorenz, «car elle est passée par les mêmes épreuves que la grand-mère. C’est quasiment son histoire qu’elle raconte dans le film, à sa manière.»
Les membres de la bande furent recrutés dans divers États : «Ces gars sont totalement authentiques et ont des «gueules» formidables», commente Miciat. «Après avoir vu Doua Moua à New York et Sonny Vue à St. Paul, nous étions à peu près sûrs qu’ils joueraient respectivement Spider et Smokie.»
Moua, né en Thaïlande, a grandi dans le Minnesota et s’est fixé à New York à 18 ans pour devenir acteur. Il est le seul interprète Hmong du film à bénéficier d’une formation théâtrale. Natif de Fresno, Sonny Vue n’avait jamais tenu le moindre rôle, mais les responsables du casting perçurent immédiatement son potentiel. Les autres garçons de la bande sont interprétés par : Lee Mong Vang, de Toledo (Ohio) ; Jerry Lee, de St. Paul ; Elvis Thao, habitant de Milwaukee et membre du groupe hip hop RARE, dont une des chansons figure sur la B. O.
Christopher Carley, qui interprète le Père Janovich, possédait, selon Chenoweth, tous les attributs du rôle : «Un visage ouvert, 100 % Irlandais, une tignasse rousse… Je l’ai trouvé très bon, et Clint m’a dit en voyant sa démo qu’il lui trouvait quelque chose de Spencer Tracy jeune. J’ai senti alors que c’était plié. Clint ne se souciait pas d’avoir une star confirmée dans ce rôle. Il est d’ailleurs toujours prêt à donner une chance à des gens peu connus.» Clint Eastwood : «Si un acteur réputé convient au rôle, je l’engage, mais je prends aussi bien un inconnu. Chaque film est un cas d’espèce, il n’y a pas de règle générale.» Les autres rôles de GRAN TORINO sont tenus par John Carroll Lynch (Martin, le coiffeur), Brian Haley (Mitch), Geraldine Hughes (Karen, sa femme), Brian Howe (Steve, le fils cadet de Walt) et William Hill (le chef de chantier Tim Kennedy).
Clint Eastwood :
«Les Hmong ne sont pas une nation, mais une culture, qui possède sa propre religion, sa propre langue. Après la guerre, ils ont connu bien des déboires, mais leur grande détermination leur a permis de se tirer d’affaire.»
Eastwood était décidé à donner une image aussi authentique que possible des Hmong et à n’utiliser que des acteurs de cette origine. La directrice de casting Ellen Chenoweth découvrit qu’il y avait très peu de professionnels Hmong inscrits à la Screen Actors Guild. Elle commença donc par prospecter les communautés de Fresno (Californie), St. Paul (Minnesota), Warren (Virginie) et autres. Le conseiller culturel Cedric Lee aida l’équipe casting à nouer des contacts, notamment avec les anciens, qui ne parlent pas l’américain. Chenoweth et ses assistants organisèrent ensuite une série d’auditions ouvertes, qui se conclurent à St. Paul. Entre-temps, la communauté avait été amplement informée du projet GRAN TORINO, via Internet, la presse, les associations de jeunes et le bouche-à-oreille.
«Les gens étaient supermotivés», se rappelle Paula Yang. «Ils étaient prêts à faire tout leur possible pour participer à un film de Clint Eastwood. Nous avons vu arriver de jeunes enfants, des ados, des papys, des mamies…»
C’est parmi ces centaines de postulants qu’Eastwood choisit Bee Vang pour le rôle vedette de Thao. «Mon assistante Amelia Rasche l’avait découvert par l’entremise de son lycée. J’adorais son visage, si ouvert, si gentil, si attachant», rapporte Ellen Chenoweth.
L’adolescent s’habitua rapidement au style hyperrelax d’Eastwood : «Je l’avais vu dans des westerns et dans des films comme DIRTY HARRY, mais comment aurais-je pu m’imaginer cette rencontre ? Mr. Eastwood aime qu’à l’écran les choses soient aussi naturelles, aussi réelles que possible. C’est un homme profondément bon et humble. J’ai adoré travailler avec lui et son équipe. C’est une expérience que je n’oublierai jamais.»
Ahney Her, s’imposa dans le rôle de Sue, la soeur aînée, protectrice et malicieuse, de Thao. Pleine d’humour et d’assurance, la jeune novice de 16 ans réagit face à Eastwood comme Sue face à Walt : «C’est un homme simple, très abordable, qui vous met en confiance, sans vous dire exactement quoi faire. Il préfère vous voir tenter l’approche qui vous semble coller à la scène, quitte à corriger après coup. C’était formidable de travailler avec ce grand bonhomme.» «Bee et Ahney se sont adaptés spontanément à cet exercice inédit, parce qu’ils possédaient déjà de grandes qualités naturelles», souligne Eastwood. «J’aimerais m’attribuer le résultat final, mais ce serait déplacé.»
Vu, la mère célibataire de Thao et Sue, est incarnée par Brooke Chia Thao, une Laotienne établie à Visalia (Californie). «Elle n’avait aucune expérience d’actrice, et était seulement venue nous présenter ses deux enfants», se souvient Cedric Lee. «Nous lui avons fait passer un essai et l’avons retenue pour ce rôle. Détail amusant, Brooke est bien plus américanisée que son personnage, au point qu’on a l’impression d’avoir affaire à une autre femme.» «Le film ne représente qu’une facette de la culture Hmong», souligne la comédienne. «Mais il devrait permettre aux gens de nous voir sous un jour différent et de comprendre notre rôle durant la guerre. Mon propre père, par exemple, n’avait que 14 ans lorsqu’il fut recruté pour combattre avec les Américains.»
La sexagénaire Chee Thao, qui incarne la grand-mère, est également née au Laos et habite aujourd’hui St. Paul. «Ce casting était un défi car le personnage s’exprime seulement dans sa langue maternelle», explique l’adjoint de Chenoweth, Geoffrey Miciat. «Il fallait quelqu’un qui possède une forte personnalité et le sens de l’humour – deux qualités bien présentes chez Chee.» Chee Thao noua une étroite relation confiance avec Eastwood et eut avec lui de longues conversations personnelles (traduites par sa propre petite-fille). «Elle n’eut aucun mal à se mettre dans la peau de son personnage», témoigne Robert Lorenz, «car elle est passée par les mêmes épreuves que la grand-mère. C’est quasiment son histoire qu’elle raconte dans le film, à sa manière.»
Les membres de la bande furent recrutés dans divers États : «Ces gars sont totalement authentiques et ont des «gueules» formidables», commente Miciat. «Après avoir vu Doua Moua à New York et Sonny Vue à St. Paul, nous étions à peu près sûrs qu’ils joueraient respectivement Spider et Smokie.»
Moua, né en Thaïlande, a grandi dans le Minnesota et s’est fixé à New York à 18 ans pour devenir acteur. Il est le seul interprète Hmong du film à bénéficier d’une formation théâtrale. Natif de Fresno, Sonny Vue n’avait jamais tenu le moindre rôle, mais les responsables du casting perçurent immédiatement son potentiel. Les autres garçons de la bande sont interprétés par : Lee Mong Vang, de Toledo (Ohio) ; Jerry Lee, de St. Paul ; Elvis Thao, habitant de Milwaukee et membre du groupe hip hop RARE, dont une des chansons figure sur la B. O.
Christopher Carley, qui interprète le Père Janovich, possédait, selon Chenoweth, tous les attributs du rôle : «Un visage ouvert, 100 % Irlandais, une tignasse rousse… Je l’ai trouvé très bon, et Clint m’a dit en voyant sa démo qu’il lui trouvait quelque chose de Spencer Tracy jeune. J’ai senti alors que c’était plié. Clint ne se souciait pas d’avoir une star confirmée dans ce rôle. Il est d’ailleurs toujours prêt à donner une chance à des gens peu connus.» Clint Eastwood : «Si un acteur réputé convient au rôle, je l’engage, mais je prends aussi bien un inconnu. Chaque film est un cas d’espèce, il n’y a pas de règle générale.» Les autres rôles de GRAN TORINO sont tenus par John Carroll Lynch (Martin, le coiffeur), Brian Haley (Mitch), Geraldine Hughes (Karen, sa femme), Brian Howe (Steve, le fils cadet de Walt) et William Hill (le chef de chantier Tim Kennedy).
Le scénario de GRAN TORINO se situait originellement à Minneapolis, mais Eastwood jugea que Detroit, capitale de l’automobile, était un choix plus conforme au passé ouvrier de Walt. La production utilisa, entre autres sites, les quartiers de Royal Oak, Warren et Grosse Point, et l’ancien secteur résidentiel de Highland Park, qui représente à l’écran le quartier de Walt.
Clint Eastwood :
«Ce coin a beaucoup changé. On y trouvait jadis des familles entières liées à l’industrie automobile. Ce secteur fonctionne désormais au ralenti, mais les nouveaux occupants se sentent à l’aise dans ce quartier, aujourd’hui bien fréquenté après avoir connu des heures noires.»
Robert Lorenz :
«Nous avons travaillé plusieurs semaines dans Highland Park, d’abord pour y construire le décor, puis pour y tourner, en essayant de déranger le moins possible. Tous les riverains que nous avons rencontrés nous ont réservé un accueil chaleureux.» La simplicité toute classique des mises en scène d’Eastwood est favorisée par la relation de confiance et de respect mutuel que celui-ci entretient avec son équipe. Bien qu’il n’élève jamais la voix et ne lance même pas le traditionnel «Action !», Eastwood «tient» fermement son plateau, tout en encourageant les initiatives personnelles. «Il est aussi très à l’aise dans sa peau en tant qu’acteur », témoigne son fidèle directeur photo Tom Stern. «Avant le début du tournage, il m’a dit : ‘Je fais mon âge, c’est ainsi que je veux être à l’écran’.» L’équipe, très efficiente, dont Eastwood s’entoure comprend aussi des collaborateurs de longue date comme la chef costumière Deborah Hopper, le chef monteur Joel Cox et le chef décorateur James J. Murakami, qui travailla antérieurement avec le légendaire Henry Bumstead sur plusieurs films d’Eastwood.
Clint Eastwood :
«Je connais leur travail, ils connaissent le miens. Nous ne perdons donc pas notre temps en palabres. Je ne suis pas de ces gens qui cherchent à faire des plans «magiques». La magie du cinéma, pour autant qu’elle existe, doit s’exprimer de façon subtile. La plupart du temps, le but est de faire du bon boulot, de s’impliquer tous ensemble et de s’amuser. Le jour où cela commencera à m’ennuyer, j’arrêterai.» GRAN TORINO marque la septième collaboration de Clint Eastwood avec le producteur Robert Lorenz.
Bill Gerber :
«Clint ne pourrait souhaiter meilleur associé. Quand nous sommes allés tous les trois en repérages, Rob avait déjà présélectionné les bons décors et fait le travail en ayant pleinement capté les intentions de Clint. Clint et lui ont les meilleures relations du monde, et la machine Malpaso, parfaitement huilée, fonctionne de façon optimale.» Les régisseurs d’extérieurs et le chef décorateur réussirent à trouver deux maisons voisines pour représenter les pavillons de Walt et Th ao.
Robert Lorenz :
«La maison de Walt devait avoir une apparence très soignée, montrant que son propriétaire la fi gnole depuis des décennies. Pour la diff érencier encore un peu plus, nous avons artifi ciellement vieilli et terni les façades des autres pavillons de la rue. Jim (Murakami) avait une idée si précise du travail à accomplir qu’il s’est tout de suite mis à l’ouvrage avec son décorateur de plateau, Gary Fettis. Clint a été enchanté du résultat, et n’a demandé aucun changement.» Murakami s’était documenté et avait visité divers foyers Hmong avant de décorer l’intérieur de la famille de Th ao. «La conseillère technique fut très impressionnée : à un ou deux petits détails près, tout était approprié», indique Lorenz. «La chef costumière Deborah Hopper se documenta également sur Internet et consulta de nombreux vendeurs pour garantir l’authenticité des costumes Hmong : «Nous avons visité certaines des boutiques d’habillement où les femmes Hmong se fournissent. J’ai appris à cette occasion que les mères enseignaient à leurs fi lles l’art du costume traditionnel. De fait, Ahney Her porte dans le film ses propres tenues, faites à la main.»
La fête familiale et la cérémonie du «Soul Calling» sont pour Sue et Th ao l’occasion d’arborer leurs plus beaux habits cérémoniels en l’honneur de Walt : «Ce sont des tenues très colorées, ornées de quantité de pièces d’argent qui témoignent de la prospérité d’une famille», dit Hopper. «Les femmes portent des turbans, les hommes des gilets croisés. J’ai trouvé ce spectacle magique. Je n’avais jamais rien vu de tel.»
Les rapprochements entre cultures de GRAN TORINO se refl ètent aussi dans sa musique, un élément auquel Eastwood a toujours attaché une grande importance : «Parfois, j’écris moi-même les musiques qui résonnent dans ma tête au fil du tournage», explique le réalisateur, et «parfois je les confi e à d’autres. Je ne m’impose aucune règle à ce sujet. Seul compte l’adéquation de la musique au fi lm, et l’enrichissement qui en découle.
Cette phase me plaît particulièrement parce qu’on n’est plus entouré de 60 personnes et qu’on peut travailler à deux ou trois dans une pièce devant un ordinateur Avid.»
La chanson titre, interprétée par les chanteurs/ guitaristes de jazz britanniques Jamie Cullum et Don Runner, est l’oeuvre d’Eastwood, Cullum, Kyle Eastwood (fils du réalisateur) et son associé, Michael Stevens. «Ils ont écrit ensemble cette chanson qui a inspiré à Kyle et Michael la partition du film», indique Lorenz. Ce score fut ensuite orchestré et dirigé par Lennie Niehaus, qui collabore avec Clint Eastwood depuis LA CORDE RAIDE.
La bande originale inclut des raps Hmong et latinos, dont un titre du groupe RARE auquel appartient l’acteur Elvis Th ao. «Certains des jeunes gars qui auditionnèrent pour nous étaient des rappeurs», explique Lorenz. «Engagés ou non comme acteurs, tous nous ont soumis leurs compositions. Elles étaient tellement appropriées que nous en avons utilisé un grand nombre au long du film.» GRAN TORINO bénéfi cia largement du soutien de la communauté Hmong, dont les conseillers contribuèrent à l’authenticité des dialogues, coutumes et décors. Eastwood intégra en outre à l’équipe de nombreux artisans et assistants Hmong.
«Ils avaient le désir de collaborer au fi lm et ont été très généreux avec nous», explique le réalisateur. «J’ai eu un vrai plaisir à travailler avec eux et j’espère que le peuple Hmong sera satisfait de la façon dont j’ai raconté une partie de son histoire à travers le regard de Walt.»
Walt Kowalski rejoint ainsi l’étonnante galerie de personnages auxquels le nom d’Eastwood restera attaché. «Clint veille à progresser d’un fi lm à l’autre en évitant de se répéter», conclut Robert Lorenz. «Le script de GRAN TORINO lui en a donné une fois encore l’occasion. Il lui convenait tant par rapport à son âge que par rapport à son image, et parce qu’il puisait dans son héritage cinématographique, notamment dans la mythologie Dirty Harry. Ce fi lm a entraîné Clint sur un terrain un peu plus sombre et dérangeant, tout en lui ouvrant une nouvelle voie, à travers la rédemption de son personnage.»
Clint Eastwood :
«Ce coin a beaucoup changé. On y trouvait jadis des familles entières liées à l’industrie automobile. Ce secteur fonctionne désormais au ralenti, mais les nouveaux occupants se sentent à l’aise dans ce quartier, aujourd’hui bien fréquenté après avoir connu des heures noires.»
Robert Lorenz :
«Nous avons travaillé plusieurs semaines dans Highland Park, d’abord pour y construire le décor, puis pour y tourner, en essayant de déranger le moins possible. Tous les riverains que nous avons rencontrés nous ont réservé un accueil chaleureux.» La simplicité toute classique des mises en scène d’Eastwood est favorisée par la relation de confiance et de respect mutuel que celui-ci entretient avec son équipe. Bien qu’il n’élève jamais la voix et ne lance même pas le traditionnel «Action !», Eastwood «tient» fermement son plateau, tout en encourageant les initiatives personnelles. «Il est aussi très à l’aise dans sa peau en tant qu’acteur », témoigne son fidèle directeur photo Tom Stern. «Avant le début du tournage, il m’a dit : ‘Je fais mon âge, c’est ainsi que je veux être à l’écran’.» L’équipe, très efficiente, dont Eastwood s’entoure comprend aussi des collaborateurs de longue date comme la chef costumière Deborah Hopper, le chef monteur Joel Cox et le chef décorateur James J. Murakami, qui travailla antérieurement avec le légendaire Henry Bumstead sur plusieurs films d’Eastwood.
Clint Eastwood :
«Je connais leur travail, ils connaissent le miens. Nous ne perdons donc pas notre temps en palabres. Je ne suis pas de ces gens qui cherchent à faire des plans «magiques». La magie du cinéma, pour autant qu’elle existe, doit s’exprimer de façon subtile. La plupart du temps, le but est de faire du bon boulot, de s’impliquer tous ensemble et de s’amuser. Le jour où cela commencera à m’ennuyer, j’arrêterai.» GRAN TORINO marque la septième collaboration de Clint Eastwood avec le producteur Robert Lorenz.
Bill Gerber :
«Clint ne pourrait souhaiter meilleur associé. Quand nous sommes allés tous les trois en repérages, Rob avait déjà présélectionné les bons décors et fait le travail en ayant pleinement capté les intentions de Clint. Clint et lui ont les meilleures relations du monde, et la machine Malpaso, parfaitement huilée, fonctionne de façon optimale.» Les régisseurs d’extérieurs et le chef décorateur réussirent à trouver deux maisons voisines pour représenter les pavillons de Walt et Th ao.
Robert Lorenz :
«La maison de Walt devait avoir une apparence très soignée, montrant que son propriétaire la fi gnole depuis des décennies. Pour la diff érencier encore un peu plus, nous avons artifi ciellement vieilli et terni les façades des autres pavillons de la rue. Jim (Murakami) avait une idée si précise du travail à accomplir qu’il s’est tout de suite mis à l’ouvrage avec son décorateur de plateau, Gary Fettis. Clint a été enchanté du résultat, et n’a demandé aucun changement.» Murakami s’était documenté et avait visité divers foyers Hmong avant de décorer l’intérieur de la famille de Th ao. «La conseillère technique fut très impressionnée : à un ou deux petits détails près, tout était approprié», indique Lorenz. «La chef costumière Deborah Hopper se documenta également sur Internet et consulta de nombreux vendeurs pour garantir l’authenticité des costumes Hmong : «Nous avons visité certaines des boutiques d’habillement où les femmes Hmong se fournissent. J’ai appris à cette occasion que les mères enseignaient à leurs fi lles l’art du costume traditionnel. De fait, Ahney Her porte dans le film ses propres tenues, faites à la main.»
La fête familiale et la cérémonie du «Soul Calling» sont pour Sue et Th ao l’occasion d’arborer leurs plus beaux habits cérémoniels en l’honneur de Walt : «Ce sont des tenues très colorées, ornées de quantité de pièces d’argent qui témoignent de la prospérité d’une famille», dit Hopper. «Les femmes portent des turbans, les hommes des gilets croisés. J’ai trouvé ce spectacle magique. Je n’avais jamais rien vu de tel.»
Les rapprochements entre cultures de GRAN TORINO se refl ètent aussi dans sa musique, un élément auquel Eastwood a toujours attaché une grande importance : «Parfois, j’écris moi-même les musiques qui résonnent dans ma tête au fil du tournage», explique le réalisateur, et «parfois je les confi e à d’autres. Je ne m’impose aucune règle à ce sujet. Seul compte l’adéquation de la musique au fi lm, et l’enrichissement qui en découle.
Cette phase me plaît particulièrement parce qu’on n’est plus entouré de 60 personnes et qu’on peut travailler à deux ou trois dans une pièce devant un ordinateur Avid.»
La chanson titre, interprétée par les chanteurs/ guitaristes de jazz britanniques Jamie Cullum et Don Runner, est l’oeuvre d’Eastwood, Cullum, Kyle Eastwood (fils du réalisateur) et son associé, Michael Stevens. «Ils ont écrit ensemble cette chanson qui a inspiré à Kyle et Michael la partition du film», indique Lorenz. Ce score fut ensuite orchestré et dirigé par Lennie Niehaus, qui collabore avec Clint Eastwood depuis LA CORDE RAIDE.
La bande originale inclut des raps Hmong et latinos, dont un titre du groupe RARE auquel appartient l’acteur Elvis Th ao. «Certains des jeunes gars qui auditionnèrent pour nous étaient des rappeurs», explique Lorenz. «Engagés ou non comme acteurs, tous nous ont soumis leurs compositions. Elles étaient tellement appropriées que nous en avons utilisé un grand nombre au long du film.» GRAN TORINO bénéfi cia largement du soutien de la communauté Hmong, dont les conseillers contribuèrent à l’authenticité des dialogues, coutumes et décors. Eastwood intégra en outre à l’équipe de nombreux artisans et assistants Hmong.
«Ils avaient le désir de collaborer au fi lm et ont été très généreux avec nous», explique le réalisateur. «J’ai eu un vrai plaisir à travailler avec eux et j’espère que le peuple Hmong sera satisfait de la façon dont j’ai raconté une partie de son histoire à travers le regard de Walt.»
Walt Kowalski rejoint ainsi l’étonnante galerie de personnages auxquels le nom d’Eastwood restera attaché. «Clint veille à progresser d’un fi lm à l’autre en évitant de se répéter», conclut Robert Lorenz. «Le script de GRAN TORINO lui en a donné une fois encore l’occasion. Il lui convenait tant par rapport à son âge que par rapport à son image, et parce qu’il puisait dans son héritage cinématographique, notamment dans la mythologie Dirty Harry. Ce fi lm a entraîné Clint sur un terrain un peu plus sombre et dérangeant, tout en lui ouvrant une nouvelle voie, à travers la rédemption de son personnage.»
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