Ninja Assassin

  »  Notes de production

Dans la peau d'un ninja :

On prétend parfois qu’ils ne sont qu’une légende. Seules leurs victimes savent qu’il n’en est rien. Leurs épées et leurs shurikens fendent l’air tel l’éclair et laissent derrière eux des corps sans vie. Maîtres des ombres et de la mort, ces fantômes frappent sans prévenir et remplissent d’effroi le coeur de leurs ennemis. Personne ne peut leur échapper. Les ninjas sont les forces spéciales du monde des arts martiaux, et le réalisateur James McTeigue et les producteurs Joel Silver, Andy et Larry Wachowski et Grant Hill voulaient les montrer à l’écran comme jamais auparavant. Joel Silver explique : «Nous avions tous le sentiment que les films d’arts martiaux étaient un sousgenre qui n’avait pas encore eu aux États-Unis le traitement qu’il méritait. Entre nous, nous parlions souvent des ninjas, dont l’origine remonte au XIVe siècle, et nous avons eu l’idée de transposer ces tueurs silencieux dans notre monde moderne.» Pour rester dans la tradition des films de ninjas, les cinéastes ont décidé d’utiliser la structure classique du genre, dans laquelle un mystérieux maître des arts martiaux sélectionne des enfants pour en faire d’invincibles guerriers-assassins. Dans le «monde réel» du film, tout le monde pense que les ninjas ne sont qu’une légende, jusqu’à ce que des témoins incrédules voient ces experts des arts martiaux en action.

Le réalisateur James McTeigue raconte : «Les ninjas sont des personnages mystérieux qui surgissent des ombres. Quand j’étais enfant, en Australie, il y avait à la télévision beaucoup de dessins animés japonais et de séries comme «The Samurai» et «The Phantom Agents», dans lesquels les personnages étaient des ninjas élevés dans un orphelinat ou une école. Nous avons eu envie de reprendre pour ce film certains éléments classiques du mythe du ninja, mais aussi de lui donner un style visuel qui rappelle le film noir.» Le producteur Grant Hill déclare : «Ce n’est un secret pour personne : nous sommes tous, Larry et Andy en particulier, passionnés par les histoires et la culture japonaises, et nous avions envie d’explorer quelle pouvait être la place des ninjas au XXIe siècle.» Pour écrire le scénario, les cinéastes ont engagé Matthew Sand et J. Michael Straczynski. Matthew Sand raconte : «J’ai pratiqué le karaté à l’université et les arts martiaux ont toujours joué un rôle important dans ma vie. Écrire un film sur des ninjas était donc pour moi un rêve qui devenait réalité.»

J. Michael Straczynski note : «C’est un genre que j’ai toujours adoré, mais personne n’a fait de bon film sur les ninjas depuis longtemps, tout au moins dans les pays occidentaux. Les ninjas ont tellement été utilisés dans les films comme un ressort comique que personne ne les prenait plus au sérieux. Ce film était donc une opportunité formidable de les montrer à nouveau comme des tueurs froids et redoutables. Et puis travailler avec les frères Wachowski est toujours enrichissant et très stimulant sur le plan intellectuel, parce qu’ils ont tous les deux une imagination extrêmement complexe et sans limite. Il faut s’accrocher pour les suivre !» Le scénario commença à prendre forme. Matthew Sand raconte : «C’est une histoire qui parle des origines d’un homme, d’un orphelinat, de l’idée que les ninjas sont une famille étrange et dangereuse, et d’un homme, Raizo, qui doit affronter son père adoptif – le pire père qu’on puisse imaginer. Le personnage de Raizo représente exactement ce que sont les clans ninjas. Ils ont fait de lui ce qu’il est, un tueur redoutable. Cependant, hanté par l’exécution de son amie par le clan, il va se rebeller contre eux et protéger une femme policier qui enquête sur les ninjas. L’histoire est très différente de celles qu’on a l’habitude de voir dans ce genre de films.»

Pour être certains de faire le film dont ils rêvaient, les cinéastes devaient trouver l’acteur parfait pour Raizo : un comédien capable non seulement de se battre avec la férocité et l’adresse d’un ninja, mais aussi de faire de son personnage un héros crédible et émouvant. Joel Silver se souvient : «Le jour où Rain a tourné sa première scène dans SPEED RACER, les frères Wachowski m’ont appelé pour me dire : «Ce type est incroyable. C’est un acteur né, c’est lui, c’est Raizo.» C’est à ce moment-là que nous avons commencé à planifier la production de NINJA ASSASSIN.» James McTeigue raconte : «Il ne jouait qu’un assez petit rôle dans SPEED RACER, mais son adresse et ses capacités physiques étaient tellement impressionnantes que nous avons pensé que si nous devions faire un film de ninjas, ce serait avec lui.» Rain se souvient : «Pendant le tournage de SPEED RACER, Larry et Andy sont venus me voir pour me demander si un rôle de ninja m’intéressait. Comment aurais-je pu refuser ? J’ai tout de suite répondu : «Vous me dites quand et où, et je serai là.»

Malgré la présence de Rain dans le rôle de Raizo, les cinéastes savaient que la vraie star de NINJA ASSASSIN allait être les arts martiaux, et qu’ils auraient besoin des meilleurs spécialistes pour régler les séquences de combat. Pour les aider à créer un style de combat à la hauteur du film qu’ils voulaient faire, ils ont engagé les légendaires chorégraphes des cascades Chad Stahelski et Dave Leitch, qui travaillent avec les frères Wachowski, Joel Silver et Grant Hill depuis MATRIX, et qui ont travaillé pour la première fois en tant que coordinateurs des cascades sur le film de James McTeigue, V POUR VENDETTA. Joel Silver déclare : «Nous voulions éviter autant que possible les cascades avec des câbles, les effets visuels et les effets caméra. Nous voulions donner aux spectateurs le sentiment que tout ce qu’ils voient est bien réel. Chad et Dave s’intéressent beaucoup aux sports extrêmes et voulaient montrer ce qui se fait de mieux en la matière, ils ont donc engagé des Traceurs (pratiquants du Parkour, un sport rendu célèbre par les Yamakasi) et des Free Runners (discipline proche du Parkour qui intègre des acrobaties comme les saltos), des acrobates et des cascadeurs de l’équipe de Jackie Chan. Ils ont tous travaillé ensemble pour créer des cascades et des combats qui dépassent l’imagination.»

Raizo a grandi dans un orphelinat dirigé par le Seigneur Ozunu, le chef du clan Ozunu. Il a été entraîné pour devenir un assassin sans pitié, et a trouvé l’amour en la personne de Kiriko, une autre apprentie ninja. Le destin tragique de la jeune fille va sceller celui de Raizo, qui va se rebeller contre le clan et tout faire pour les arrêter. Son plan consiste à retrouver le lieu secret de l’orphelinat du clan Ozunu pour s’assurer que plus un seul enfant ne soit kidnappé, brutalisé et transformé en assassin. Mais pour réussir, Raizo va devoir rester en vie et se battre contre les ninjas de son ancien clan. Joel Silver raconte : «Raizo essaye de s’élever au-dessus de ceux qui ont fait de lui ce qu’il est devenu ; il rejette le monstre qui l’a formé et s’efforce de devenir un homme meilleur.» Rain précise : «Raizo est un expert dans l’art d’infliger la mort, un des meilleurs élèves que le Seigneur Ozunu ait jamais eus. Pourtant, il ne supporte plus tout ce sang et finit par s’échapper. Mais on ne quitte pas le clan Ozunu. Pour partir, Raizo est obligé de trahir Ozunu, qui ne reculera devant rien pour le tuer. Il mène donc une vie paisible et anonyme… mais il sait qu’un jour, les assassins d’Ozunu le retrouveront.»

Le rôle de Raizo demandait un acteur d’une rare intensité, capable de transmettre avec beaucoup de subtilité des émotions très fortes. James McTeigue déclare : «Rain est intelligent, instinctif et très sérieux. Cela a été un plaisir de travailler avec lui.» Joel Silver ajoute : «Rain a beaucoup de charisme. Quand il est à l’écran, on ne peut plus le quitter des yeux. Il est fascinant.» Pour rester en vie, Raizo doit toujours avoir une longueur d’avance sur Ozunu et se tenir à l’écart du clan. Mais la situation change quand une enquêtrice d’Europol découvre que neuf mystérieux clans anciens ont entraîné des assassins, des ninjas, à commettre des meurtres pour le prix d’une livre d’or. Pour l’empêcher de découvrir la vérité, les ninjas du clan Ozunu essayent de la tuer. Après lui avoir sauvé la vie, Raizo est obligé de fuir avec elle. Naomie Harris interprète l’agent Mika Coretti. Elle raconte : «J’adore mon personnage, je me sens vraiment très proche d’elle. Elle est très différente des autres rôles que j’ai joués. Elle est passionnée et enthousiaste, et comme moi elle pense que tout est possible, même les choses les plus incroyables.» James McTeigue observe : «Naomie était l’actrice dont nous avions besoin pour ce personnage. Mika est une femme qui a du caractère, et Naomie a su mettre en avant cette qualité.» Matthew Sand raconte : «Mika enquête sur quelque chose d’insaisissable, une chose que beaucoup tiennent pour un mythe, une légende, au mieux une rumeur. Son obsession va la mener vers un danger terrifiant, mais aussi vers la vérité.» Naomie Harris reprend : «Mika ne vit que pour son travail, et quand elle trouve quelque chose, elle ne lâche plus. Elle remonte la piste jusqu’à ce qu’elle découvre la vérité. Elle a trouvé de nombreux indices qui prouvent que les ninjas existent, et elle compte bien aller jusqu’au bout de son enquête.»

La première difficulté de Mika est de convaincre son patron, Ryan Maslow (joué par l’acteur anglais Ben Miles) que les ninjas existent. L’acteur raconte : «Mon personnage, Ryan, est un policier endurci et terre-à-terre, alors quand une de ses jeunes enquêtrices vient lui raconter que des ninjas assassinent des gens au XXIe siècle, il lui répond que ce sont des bêtises et qu’il est hors de question d’ouvrir une enquête sur des types habillés en noir et armés de katanas qui assassineraient des personnalités politiques haut placées. Mais Maslow ne fait pas toujours les choses selon les règles, il a un côté franc-tireur, et peut-être ses propres objectifs. Il laisse donc Mika courir après ses ninjas, et cela ajoute une dimension supplémentaire au film parce qu’on se demande si on peut lui faire confiance, et de quel côté on serait à sa place. C’est un mélange très habile de thriller, de film noir et de film d’arts martiaux.» Ben Miles, qui a travaillé pour la première fois avec James McTeigue et les producteurs de NINJA ASSASSIN sur V POUR VENDETTA, a été heureux de les retrouver. Il déclare : «C’était vraiment très amusant de travailler avec eux parce qu’ils sont passionnés, pleins d’énergie et imprévisibles. Et puis faire toutes ces cascades, c’était génial !»

En progressant dans son enquête, Mika aide Raizo à remonter jusqu’à la source : l’orphelinat de son ancien maître, le Seigneur Ozunu. Le rôle est interprété par une légende des arts martiaux, Sho Kosugi, qui a participé à plus de 300 tournois et joué dans de nombreux films, dont cinq avec des ninjas. James McTeigue remarque : «Si vous avez déjà vu un film de ninjas des années 80, vous savez que Sho Kosugi est le ninja ultime. Pour nous, c’était la seule personne capable de jouer Ozunu dans toute la dimension du personnage, son côté dur et implacable, sa puissance de chef de clan. Il est très impressionnant, même si dans la vie il est tout le contraire de son personnage. Quand il devait être méchant ou agressif devant la caméra, Sho Kosugi était tout simplement effrayant. Mais dès que je disais «Coupez», il soupirait de soulagement en disant «Oh mon Dieu, il est vraiment très méchant ce chef de clan !», et il se mettait à rire et à sourire.»

Sho Kosugi, qui étudie les arts martiaux depuis l’âge de cinq ans et s’entraîne encore tous les jours pendant trois heures, n’a pas manqué de remarquer le travail de recherche des scénaristes. Il explique : «J’ai eu un choc quand j’ai vu le nom d’Ozunu dans le scénario. La plupart des gens ne le savent pas, mais il y a eu un vrai Ozunu. Il est né dans le district de Kinki et a été l’ancêtre des Shugenjas, des guerriers des montagnes qui pratiquaient le Shugendō. C’est un ancêtre du Ninjutsu. Ils ont donc fait des recherches très poussées. J’étais très honoré de jouer ce rôle.» La meilleure arme d’Ozunu contre Raizo et Europol est son protégé, Takeshi, autrefois «frère» de Raizo au sein du clan. Ce personnage est interprété par l’acteur américano coréen Rick Yune. Expert en arts martiaux, Rick Yune s’est qualifié pour les épreuves de sélection olympique de Taekwondo, le sport national de la Corée, à l’âge de 19 ans. L’acteur raconte : «Ozunu est une figure paternelle pour Takeshi, qui prend donc modèle sur lui et veut lui rester fidèle. Le clan est sa famille, et Ozunu a fait de Takeshi tout ce que Raizo ne voulait pas devenir.»

L’acteur a trouvé comment jouer son personnage grâce à une phrase du scénario. Il explique : «Il était écrit que les ninjas ne tuent que deux types de personnes : celles qu’ils sont payés pour tuer, et celles qui se mettent en travers de leur chemin. Tout ce qu’il veut, c’est devenir le meilleur ninja et être le plus près possible d’Ozunu qu’il considère comme son père. Il vit donc selon le code des ninjas pour rester fidèle au clan.» La seule véritable amie de Raizo à l’orphelinat est Kiriko, interprétée par Kylie Liya Goldstein quand elle est une petite fille, et par Anna Sawai quand elle est adolescente. Kiriko tente de le convaincre qu’il y a une vie meilleure en dehors du dojo et du clan. Dans le film, Ozunu kidnappe des enfants partout dans le monde, la plupart du temps des orphelins, et leur donne une nouvelle famille en les faisant entrer dans le clan. James McTeigue raconte : «Pour trouver des enfants, nous avons visité les dojos de Berlin où nous savions que nous allions tourner le film. Nous avons choisi des enfants, puis nous les avons entraînés pendant quelques mois pour jouer les autres orphelins qui vivent avec Raizo, Takeshi et Kiriko quand ils sont enfants.» Pour faire partie de ce genre de famille et devenir une machine à tuer, un assassin qui agit sans une seconde d’hésitation, les orphelins subissent un entraînement intensif qui comprend plusieurs disciplines.

Pour renouveler le genre cinématographique et le rendre le plus dynamique possible, les arts martiaux utilisés dans le film sont un mélange de plusieurs styles. Les cinéastes ont confié la chorégraphie des séquences de combat aux cascadeurs Chad Stahelski et Dave Leitch, qui ont travaillé sur la trilogie MATRIX et V POUR VENDETTA et ont fondé leur propre société de cascades et d’entraînement, 87Eleven. Les deux hommes ont travaillé sur NINJA ASSASSIN comme coordinateurs des cascades et réalisateurs de la deuxième équipe. James McTeigue déclare : «Un des objectifs du film était d’aller au-delà que tout ce qui a été fait avant, et Chad et Dave étaient les seuls capables de fusionner toutes les énergies et les disciplines que nous avons utilisées dans d’autres films afin de créer quelque chose d’encore plus impressionnant. Leur savoir et leurs compétences sont incroyables, les arts martiaux n’ont aucun secret pour eux.» Le producteur Grant Hill observe : «Il existe une véritable complicité entre Larry, Andy, Joel, James, Chad et Dave. Chacun sait exactement comment fonctionnent et pensent les autres, et ils ont une méthodologie commune qui leur permet de travailler ensemble avec beaucoup de facilité. En même temps, ils ont tous des idées fortes et créatives dont ils discutent en groupe.»

Comme les prouesses physiques d’un ninja dépassent les compétences de n’importe quel champion d’arts martiaux, les cinéastes voulaient créer un mélange unique et redoutable de plusieurs styles de combat. Dave Leitch explique : «Le Ninjutsu, un art martial japonais, a servi de base, mais nous avons aussi inclus des mouvements de Wushu chinois, un genre de kung-fu acrobatique, et de Krabi-Krabong, une discipline de combat à l’épée thaïlandaise. Nous avons aussi utilisé une forme de karaté acrobatique appelée Tricking, et un art martial philippin, le Kali, qui nous a été enseigné par Dan Inosanto, une légende vivante des arts martiaux.» Soulignant diverses influences telles que Chuck Norris dans GOOD GUYS WEAR BLACK et BREAKER BREAKER, le travail de Jackie Chan avec Bruce Lee dans OPÉRATION DRAGON, et bien sûr Sho Kosugi et Franco Nero dans L’IMPLACABLE NINJA, Dave Leitch précise : «Nous ne voulions pas d’un film réaliste, mais d’un film à couper le souffle. Une de nos principales influences pour ce film, du point de vue conceptuel, a été NINJA SCROLL. Par exemple, l’aspect visuel du sang qui gicle de la poitrine d’un combattant est directement inspiré de ce dessin animé. C’est très impressionnant, et c’est ce que nous recherchions.»

Puisque James McTeigue, Chad Stahelski et Dave Leitch voulaient faire les cascades sans câbles ni effets optiques, les chorégraphes ont invité plusieurs pratiquants de sports extrêmes à se joindre à l’équipe. Dave Leitch raconte : «Pour obtenir ce que nous voulions, nous avons recherché de jeunes sportifs avec des compétences très spécifiques. Leur participation nous a permis de rester à l’écart des habituels mouvements assistés par des câbles, et de rendre les cascades très acrobatiques.» Chad Stahelski observe : «Les quelques cascades avec des câbles sont ici très différentes de celles que nous avons faites, par exemple, dans MATRIX. Notre objectif était de supprimer la sensation surnaturelle engendrée par les câbles, cette impression que les personnages «flottent» dans les airs, pour mieux se concentrer sur la performance humaine. La plupart des câbles n’étaient là que pour assurer la sécurité des acteurs et des cascadeurs, ou pour les assister très légèrement. Toutes les cascades et tous les mouvements d’arts martiaux sont réels, parce que nous avons engagé les meilleurs.»

Parmi les artistes qui ont participé au film figurent l’anglais Damien Walters, gymnaste et acrobate cinq fois champion du monde de Tumbling ; Jackson Spidell, célèbre à travers tous les Etats-Unis pour ses loopkicks (coups de pieds sautés accompagnés d’une vrille) et ses compétences en matière d’arts martiaux acrobatiques ; Jon Valera, cinq fois champion du monde de Kata artistique ; Kim Do Nguyen, champion du monde et des États-Unis de Kata artistique et compétiteur d’arts martiaux acrobatiques ; Jonathan Eusebio, ancien instructeur de l’Inosanto Academy et un des meilleurs chorégraphes d’action de Los Angeles ; Brad Allan, un des plus importants cascadeurs de l’équipe de Jackie Chan ; Peng Zhang, la doublure cascade de Jet Li et grand chorégraphe d’action chinois ; Hyun Jin Park, un autre membre de l’équipe de Jackie Chan et un des meilleurs cascadeurs de Corée ; et Xiang Gao, membre de l’équipe de cascadeurs de Donnie Yen. Chad Stahelski note : «Bien sûr, nous avions aussi avec nous les cascadeurs de notre propre société, 87Eleven, qui sont tous des spécialistes des arts martiaux acrobatiques. Cela faisait une sacrée équipe.»

Dave Leitch ajoute : «Nous avions aussi Noon Orsatti comme coordinateur des cascades. C’est un de nos mentors, il nous a enseigné le métier, et nous lui avons demandé de travailler avec nous pour nous aider à tout organiser. Il y avait aussi Jim Churchman, notre gréeur qui a travaillé sur de grands spectacles, et qui est capable des choses les plus simples comme des plus novatrices.» Une des décisions les plus innovantes prises par les cinéastes et les chorégraphes des cascades a été de ne pas se limiter au seul domaine des arts martiaux. Chad Stahelski explique : «Nous avons utilisé le Parkour, une discipline sportive qui consiste à se déplacer d’un point A à un point B de la façon la plus efficace possible en passant par-dessous, par-dessus ou à côté d’un obstacle comme un mur ou un grillage. Nous avons aussi utilisé le Free Running, qui est une forme de Parkour encore plus acrobatique et spectaculaire. Richard King est un cascadeur qui a débuté dans la Team Tempest, qui est probablement la meilleure équipe de Free Running/Parkour des États-Unis. Il nous a aidés à chorégraphier certaines séquences.» Chad Stahelski continue : «Nous nous sommes tournés vers le Parkour et le Free Running parce que nous voulions que les ninjas se déplacent d’une façon différente. Nous voulions les voir grouiller et envahir tous les lieux qu’ils investissent. Aucun endroit ne devait être inaccessible pour eux. Ils devaient être très athlétiques, très félins dans leur gestuelle.»

Les cinéastes ont exploité tout le potentiel de ces nouvelles disciplines dans une séquence de combat qui se déroule au beau milieu de la circulation. Dans cette scène, tournée sur un rond-point de Berlin, les ninjas évitent les voitures et les véhicules qui foncent sur eux en sautant par-dessus et en faisant des acrobaties toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Étant entouré de certains des meilleurs athlètes et spécialistes des arts martiaux au monde, Rain a suivi un entraînement spécial pour avoir l’air d’un ninja formé depuis l’enfance. Chad Stahelski raconte : «Rain nous a tous beaucoup impressionnés. Même dans les scènes d’action les plus violentes, il est capable de vous faire ressentir les émotions de son personnage. Il a appris tout ce que nous lui avons montré plus vite que n’importe quel autre acteur avec qui nous ayons déjà travaillé. Il est très agile et en excellente condition physique, mais il a aussi un mental fait pour l’action, ce qui est, je pense, encore plus important.»

James McTeigue ajoute : «Rain a une capacité d’apprentissage incroyable. Montrez-lui quelque chose une fois, même la chorégraphie la plus compliquée, et il s’en souviendra dans les moindres détails. Montrez-lui une seconde fois, et il sera capable d’ajouter son propre style à la chorégraphie. Certains jours, il devait apprendre 25 mouvements pour une scène tournée en une prise. Sa performance a dépassé tout ce que nous avions imaginé.» Chad Stahelski raconte : «Pendant son entraînement, Rain devenait chaque jour meilleur que le précédent, et cela nous a obligés à revoir les chorégraphies. Très vite, il a été capable de faire des choses bien plus impressionnantes que celles que nous avions planifiées au début. Plus ses capacités se développaient, plus nos chorégraphies devaient évoluer.» Rain se souvient : «Je me suis entraîné six heures par jour pendant six mois. Cinq heures d’arts martiaux et une heure de fitness. Ils ont un programme fantastique qui combine un régime alimentaire strict et des exercices de renforcement musculaire des muscles profonds et superficiels. Il ne s’agit pas de soulever des poids pour avoir des plus gros biceps, mais de rendre tout votre corps plus dur et plus endurant. C’était épuisant, mais cela en valait vraiment la peine.»

Cet entraînement a complètement transformé l’acteur. James McTeigue déclare : «Je suis certain que les gens vont penser que ce n’est pas son vrai corps à l’écran. Ils vont croire qu’il a été retouché par ordinateur. Rain a suivi un entraînement et un régime très sévère pour arriver à ce résultat. D’ailleurs, il n’arrêtait pas de dire que dès la fin du tournage, il allait passer son temps à manger des nouilles, boire des bières et fumer des cigares...» L’entraînement de Rain comprenait aussi le maniement des armes. L’acteur raconte : «Je me suis entraîné avec des chaînes, avec une ou deux épées, et avec des shurikens, une arme de lancer en forme d’étoile. Je devais pouvoir m’en servir avec précision tout en faisant des sauts et des acrobaties. C’était très difficile, mais j’ai adoré ça.»

Dave Leitch observe : «Cet entraînement était absolument nécessaire pour jouer Raizo. Il y a beaucoup de combats dans le film, et si l’acteur principal n’est pas capable de montrer que son personnage souffre, on ne peut pas donner aux spectateurs le sentiment que les autres personnages souffrent eux aussi. Grâce au travail de Rain, la souffrance des ninjas semble très réelle quand on voit tout ce sang et les coups qu’ils prennent. Quand il se bat pendant quinze minutes, il ne s’en sort pas avec une simple lèvre enflée. On voit la fatigue et la souffrance sur son visage et son corps.» Raizo n’est pas le seul personnage à frapper fort dans NINJA ASSASSIN, et Chad Stahelski et Dave Leitch, qui sont tous les deux des passionnés d’arts martiaux, étaient très excités à l’idée de travailler avec Sho Kosugi dans le rôle d’Ozunu. Chad Stahelski raconte : «Nous sommes ses plus grands fans. C’est un maître des arts martiaux. Je me souviens du premier jour où il est venu s’entraîner avec nous à Berlin. Il avait avec lui un sac plein d’épées d’entraînement et il portait un survêtement. Il était en super forme, il s’est échauffé et il a sauté sur le tatami. Nous pensions qu’avec lui nous allions nous reposer parce qu’il a maintenant soixante ans, mais non, il ne voulait même pas faire une pause. Il a travaillé deux heures d’affilée, et ensuite il était avec nous dans le gymnase tous les jours. Il a été extraordinaire.»

Sho Kosugi déclare : «J’étudie les arts martiaux depuis l’âge de cinq ans. Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, les arts martiaux ne sont pas une question de muscles, c’est le mental le plus important. C’est ce qu’il y a de plus difficile à apprendre.» Il voyage avec un groupe d’orphelins enlevés dans une ville ravagée par la guerre jusqu’au Shido du clan Ozunu. Les gens de la région appellent le Shido «l’orphelinat». NINJA ASSASSIN se déroule principalement en Allemagne, avec quelques scènes au Japon. Le film a été entièrement tourné à Berlin, mais les cinéastes ont donné à la ville le visage d’une grande métropole internationale, grâce au travail du chef décorateur Graham Walker. James McTeigue était un fan de Graham Walker, qui avait déjà travaillé avec Joel Silver sur plusieurs films. Le réalisateur raconte : «Quand j’étais gamin en Australie, Graham Walker était un des grands noms du cinéma australien.»

Le chef décorateur confie : «James a été fabuleux. Il est très exigeant, mais c’est appréciable parce que cela vous oblige à être plus créatif. Il a aussi une vision très claire de ce qu’il veut, et je faisais tout pour que ce que je lui propose corresponde exactement à ce qu’il avait imaginé.» James McTeigue observe : «L’orphelinat est un des plus importants décors que nous ayons construits, et c’est un des plus extraordinaires décors sur lesquels il m’ait été donné de tourner au cours de ma carrière.» Graham Walker raconte : «J’ai toujours aimé l’architecture japonaise, cette beauté dans la simplicité. Une des choses que j’aime le plus est la finesse des murs et des paravents, et les motifs complexes qui les décorent. J’aime aussi beaucoup les grands espaces ouverts qu’on retrouve souvent dans les constructions japonaises. Nous avons d’ailleurs construit notre dojo de façon à donner l’impression d’être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur.» Dans une scène importante du film, le jeune Raizo s’entraîne à marcher sans faire de bruit sur un parquet «rossignol». La construction de ce parquet a été un des plus gros défis relevé par Graham Walker avec le dojo. Il explique : «Le parquet «rossignol» est conçu pour grincer quand on pose le pied sur certaines lattes, afin de trahir la présence d’intrus ou des ennemis qui approchent. James voulait une structure très complexe, nous avons donc utilisé 3000 morceaux de contreplaqué de différentes couleurs que nous avons assemblés comme un puzzle.»

Le réalisateur n’a pas été le seul à exprimer des requêtes particulières pour le dojo. Graham Walker raconte : «Larry et Andy voulaient une oeuvre d’art du début du XIVe siècle, l’époque à laquelle sont nés les ninjas. Le texte ancien que j’ai trouvé était vraiment très beau, mais tous les Japonais que j’ai rencontrés à Berlin ont été incapables de le traduire pour moi. Ils m’ont expliqué que c’était un style d’écriture trop ancien. Nous l’avons quand même utilisé, mais j’espère qu’il ne raconte pas quelque chose dont nous n’aurions pas voulu !» Le dojo comprenait aussi un jardin de bonsaïs qui semblent être là depuis des siècles. Graham Walker raconte : «Nous avons emprunté tous les bonsaïs d’une grande pépinière qui se trouve en dehors de Berlin, et nous avons engagé un jardinier pour s’en occuper. Quand le tournage a été terminé, nous les avons tous rendus.» En se renseignant sur les plantes nécessaires pour le tournage, Graham Walker a découvert une chose très intéressante. Il explique : «À Berlin, il est interdit de creuser à plus d’un mètre de profondeur. Nous avons donc planté toutes les plantes qui avaient besoin de plus d’un mètre de terre sur des monticules. C’est une loi plutôt inhabituelle, mais elle existe parce qu’il y a un risque de tomber sur de vieilles bombes de la Seconde Guerre mondiale.»

Tous les décors n’ont pas été entièrement construits. Le refuge où se déroule une des plus grandes séquences de combat du film a demandé au chef décorateur et à son équipe de transformer une construction déjà existante. Graham Walker raconte : «Le refuge est une vieille centrale électrique vide. Comme les ninjas avaient besoin d’éléments pour bondir, courir et sauter, j’ai rééquipé partiellement l’intérieur avec des blocs d’air conditionné, des conduits d’aération, et divers objets.» James McTeigue déclare : «Pour ce qui est des extérieurs, Berlin nous a fourni cette esthétique très film noir que nous recherchions. J’avais très envie de montrer Berlin parce que c’est une ville magnifique sur un grand écran.» La ville a aussi offert aux acteurs et à l’équipe ce dont ils avaient besoin pour une scène d’action clé du film. Joel Silver note : «C’est une scène de combat incroyable qui se déroule sur un rond-point au milieu de Berlin, près de la porte de Brandebourg.» En raison de la période de l’année, les cinéastes ne disposaient chaque nuit que de quatre heures et demie pour tourner la séquence. Joel Silver raconte : «Les ninjas sautaient au-dessus, autour et sur les voitures tout en se battant. Je n’avais jamais rien vu de tel, c’est une scène vraiment originale et très excitante.»

Les cinéastes savaient qu’en transposant les ninjas dans un contexte moderne, leur look allait avoir une importance capitale. Pour créer les costumes, ils ont engagé le chef costumier Carlo Poggioli. James McTeigue déclare : «Carlo a été génial. Il a parfaitement compris ce que nous voulions faire. Pour les costumes des ninjas, nous désirions quelque chose de simple mais qui ait de la texture. Si vous voulez faire peur en faisant surgir des tueurs des ténèbres, vous avez besoin de costumes qui se fondent dans les ombres. En même temps, comme c’est du noir sur du noir, ils doivent avoir une certaine texture pour être visibles quand ils apparaissent. Ce ne sont pas juste des silhouettes informes qui se déplacent dans l’ombre, ce sont des ombres qui se détachent sur l’ombre. »

Comme les ninjas et leurs costumes ont plusieurs siècles d’existence, le défi était de conserver la simplicité de leur style d’origine, tout en le modernisant pour répondre aux besoins du film et du monde contemporain. Carlo Poggioli raconte : «J’ai eu de la chance parce que j’ai fait il y a deux ans un film dont beaucoup de scènes se passaient au Japon. J’avais déjà mené des recherches sur les samouraïs et sur ce monde étrange. Pour ce film, je me suis informé en profondeur sur les ninjas, et un de mes amis au Japon m’a fait parvenir des documents en provenance du Ninja Museum. Cela m’a permis de montrer à James des choses très spéciales qu’on ne trouve pas dans les livres.» Une des principales difficultés du chef costumier a été de moderniser plusieurs siècles de tradition et de trouver le bon style visuel tout en conservant la souplesse nécessaire pour toutes les cascades. Carlo Poggioli explique : «Trouver la bonne coupe a été difficile. Nos ninjas sont des ninjas modernes, mais la tradition japonaise impose une certaine silhouette. La forme du corps, les pièces sur les bras, la ceinture et les chaussures doivent être reconnaissables. Nous avons eu beaucoup de mal à fabriquer les chaussures. Nous avions plusieurs modèles de semelles différents et il fallait en choisir qui permettent aux cascadeurs de courir sur les murs et de faire leurs acrobaties, tout en conservant un look intéressant.»

En habillant l’acteur principal du film, le chef costumier s’est heurté à un problème inattendu. Il raconte : «Nous avons conçu les costumes de Rain pendant la préproduction, et quand il est revenu pour le tournage, son corps avait complètement changé. Il était plus musclé et sa silhouette n’était plus la même ; cela nous a obligés à lui fabriquer des costumes plus grands.» En raison des nombreuses cascades, Carlo Poggioli et son équipe avaient prévu de faire entre 12 et 20 costumes de ninja. Au final, ils en ont fabriqué 200. Carlo Poggioli déclare : «Nous en avons utilisé une centaine rien que pour les scènes avec du sang. Tous les tissus ont été teints à la main. Les ninjas sont vêtus de noir, mais pour obtenir la bonne couleur, il a fallu chercher. Nous avons fini par choisir un noir avec une nuance de violet, la teinte exacte que nous cherchions.» James McTeigue note : «C’était important, parce que les ninjas doivent être capables de se déplacer dans les ombres sans être vus, c’est ce qui les rend aussi mystérieux et contribue au mythe.» Vous pouvez les appeler fantômes, assassins, ou ce que vous voulez si cela peut vous aider à vous sentir mieux. Mais ils sont là, dehors. Ils tuent des gens, et personne ne fait rien pour les arrêter. James McTeigue remarque : «Est-ce la nature ou l’éducation qui a fait de vous la personne que vous êtes ? C’est la grande question du film, son thème central. Bien que nous ayons fait un film de ninjas moderne avec des scènes d’action incroyables, NINJA ASSASSIN est avant tout l’histoire d’un homme qui cherche à savoir qui il est vraiment.»

Rain ajoute : «NINJA ASSASSIN raconte une histoire passionnante pleine d’émotion et de profondeur qui comprend des scènes d’action absolument stupéfiantes. Tous les gens qui ont fait ce film se sont donnés à fond dans les scènes d’action. Tous, sans exception.» Le producteur Grant Hill observe : «Je pense que NINJA ASSASSIN va clouer les spectateurs à leur fauteuil dès la première scène. L’action démarre très vite et le rythme ne fait qu’accélérer.» Le producteur Joel Silver conclut : «C’est un film sanglant et très divertissant, mais les thèmes de la loyauté, de l’honneur et de l’identité jouent aussi un rôle très important. Pour les fans du genre, c’est un pur film de ninjas, dur et violent. Ils vont adorer tous les styles de combat que nous avons utilisés. Et les méchants en prennent plein la figure ! »