Origines du projet :

Chaque film de Roland Emmerich est un événement. Ils associent une narration innovante à une réalisation spectaculaire servie par des prouesses techniques inédites. 2012 ne se contente pas de respecter cette tradition, il la porte à un niveau jamais atteint… C’est au scénariste, producteur et compositeur Harald Kloser, partenaire à l’écriture de Roland Emmerich, que l’on doit l’idée originale de 2012. Il explique : « Chaque civilisation sur Terre a son propre mythe de la fin du monde et de l’engloutissement. Les grandes lignes se ressemblent : les choses vont de plus en plus mal, la société est dans une impasse et ne fonctionne plus, et la planète recommence tout. Certains vont tenter de survivre au cataclysme jusqu’au nouveau départ. Ceux qui y parviendront auront une deuxième chance de fonder une nouvelle culture, une nouvelle société, une nouvelle civilisation. » Le projet a commencé à prendre forme lorsque Harald Kloser et Roland Emmerich ont trouvé une base solide à partir de laquelle développer leur histoire d’engloutissement. Il s’agit d’un fait fascinant qui permettait aussi d’installer cette histoire dans notre monde actuel : le calendrier maya atteint la fin de son 13e cycle le 21 décembre 2012. Rien ne suit cette date. Le calendrier s’arrête là. On se pose alors bien sûr la question : si le calendrier s’arrête, que se passe-t-il après ? Harald Kloser déclare : « Des millions de personnes de tous pays et de toutes cultures sont convaincues qu’en 2012, il va y avoir un changement d’une nature indéterminée dans la société, ou dans l’esprit. La portée et la variété de ces théories nous ont inspiré à Roland Emmerich et moi notre histoire. »

Pour le réalisateur, célèbre pour ses blockbusters comme INDEPENDENCE DAY ou LE JOUR D’APRES, il fallait trouver un moyen de placer 2012 à part de ces grands films catastrophe qui ont fait sa réputation. Il explique : « Plus je discutais de l’histoire avec Harald, plus je réalisais que ce sujet allait toucher les gens parce qu’ils se sentent concernés. Il y a dans cette histoire, au-delà de l’aspect spectaculaire de la catastrophe, des thèmes philosophiques et politiques qui préoccupent tout le monde. » Pour que l’histoire touche vraiment les gens, il fallait créer des personnages qui vivent en direct ces bouleversements philosophiques et politiques, qui font à échelle humaine l’expérience de cette catastrophe planétaire. John Cusack joue ainsi Jackson Curtis, un romancier qui, à force de ne se consacrer qu’à l’écriture, a vu sa femme s’éloigner de lui et s’est coupé de sa famille. Il reste pourtant un bon père et lorsque les circonstances l’exigeront, il fera tout pour sauver les siens.
Amanda Peet incarne Kate, l’ex-femme de Jackson, qui conserve avec lui des liens d’amitié mais s’est lassée d’être toujours en compétition avec son travail pour obtenir son attention. Lorsque la menace se précise, certains, dans les plus hautes sphères des divers gouvernements mondiaux, ont un plan. Tous ne pourront pas être sauvés, mais quelques-uns pourront l’être, et ceux-là auront une chance de fonder une société entièrement nouvelle. Le Président Thomas Wilson, interprété par Danny Glover, mesure très vite l’ampleur de la crise que le monde s’apprête à affronter, et il décide rapidement d’empêcher l’hystérie de masse en gardant l’information secrète. 

Chiwetel Ejiofor joue le conseiller scientifique en chef du Président, Adrian Helmsley, qui a réussi à décrypter les messages de la Terre et est déterminé à faire tout ce qu’il peut pour aider le plus grand nombre de gens possible. Carl Anheuser, le secrétaire général de la Maison Blanche, est interprété par Oliver Platt. Cet homme est peut-être prétentieux et coléreux, mais il est décidé à voir la société survivre – en particulier ceux qui peuvent s’offrir cette survie.  Laura, la fille du Président jouée par Thandie Newton, est choquée de découvrir ce que le gouvernement de son père souhaite cacher au monde entier. Il semble que le seul homme en dehors du gouvernement qui ait une petite idée de ce qui se prépare soit Charlie Frost, un animateur radio incarné par Woody Harrelson. Prenant des allures de prophète, il diffuse ses prédictions sur sa station à qui veut les entendre…

Le scénario qu’ont écrit Harald Kloser et Roland Emmerich dépasse par son ampleur toutes les précédentes réalisations d’Emmerich. Pour le porter à l’écran, il a fallu mélanger effets spéciaux physiques et effets visuels. Le réalisateur explique : « Utiliser les deux m’a donné la liberté de choisir pour chaque scène ce qui servait le mieux l’histoire et le type d’effets le plus efficace pour rendre la scène crédible. » Le chef décorateur, Barry Chusid, précise : « L’objectif est que le spectateur ne puisse pas faire la différence entre ce que nous avons construit pour de bon sur le plateau et ce qui est un effet visuel réalisé par ordinateur. Ce que nous espérons, c’est que les gens se demanderont en voyant le film où est-ce que nous avons bien pu trouver une montagne aussi grande pour construire tout cela à l’intérieur ! » Dans cette optique, la production a construit plusieurs décors en extérieurs permettant de réaliser les scènes de catastrophe. Ce sont des plates-formes mobiles géantes montées sur cardans que le réalisateur pouvait faire bouger au moment où les acteurs les traversaient en courant. John Cusack raconte : « Roland a fait construire sur une plate-forme toute une rue avec palmiers, trottoirs, façades de maisons, et tout cela pouvait être secoué, tanguer et s’incliner. Il m’a dit : « Tu dois courir le long de cette rue, monter dans la voiture et partir avec. » J’étais là, au milieu de l’eau, du feu, de la terre, de nuages de cendre, en plein tremblement de terre… Tout ce que vous pouvez imaginer dans une telle catastrophe, j’y ai été soumis ; j’ai conduit tous les véhicules possibles pour échapper à tous les désastres imaginables. C’était vraiment très intense et très mouvementé ! »
 

Ce qui ne pouvait pas être construit par les menuisiers et les charpentiers l’a été par les animateurs numériques. Pour porter la vision de Roland Emmerich à l’écran, les images de synthèse étaient nécessaires. John Cusak se souvient : « Ça n’a pas été aussi difficile que je le croyais. Roland avait tout mis au point avec une précision extrême, et il pouvait nous montrer à quoi la scène allait ressembler une fois terminée. Il était tellement convaincu et sûr de sa vision que c’était amusant d’imaginer ce que lui imaginait. » Marc Weigert, superviseur des effets visuels et coproducteur du film, déclare : « Tout, sur ce projet, m’attirait. Plus de la moitié du film a été créé grâce aux effets visuels. J’ai bien l’impression que Roland a trouvé le moyen de faire entrer dans ce film la presque totalité des types de catastrophes naturelles que l’on puisse imaginer ! Los Angeles est détruite par un tremblement de terre d’amplitude 10,5 à la page 30 du scénario. Le parc de Yellowstone part en fumée dans une explosion de lave de 50 km de diamètre. Mais la vraie raison qui fait que c’est tellement génial de travailler avec Roland, c’est qu’il apporte quelque chose de neuf et de différent à chacune des scènes qu’il filme. Vous vous direz peut-être que vous avez déjà vu des films avec des tremblements de terre… Eh bien je peux vous assurer que non ! » 

2012 s’est avéré être une production d’une ampleur colossale – même selon les critères de Roland Emmerich. John Cusack déclare : « L’échelle et l’ampleur de ce film dépassent tout ce que j’ai pu voir à ce jour. Chacune des pages du scénario est une scène qui vous fait vous demander ce que Roland a en tête tellement elle est ambitieuse et démesurée. Mais ce qui est intéressant lorsque vous voyez Roland faire sur le plateau, c’est qu’il ne perd jamais son calme. Il peut bien être entouré par des décors titanesques ou des écrans verts à perte de vue, il a tout dans le crâne. Il sait exactement ce qu’il veut, ce que tout cela doit donner au final, et il est capable de commander les armées nécessaires pour donner corps à sa vision. A tous les sens du terme, c’est énorme ! »

L'instinct de survie :

L’histoire est présentée selon le point de vue de deux types de personnages : ceux qui savent que la Terre va subir des événements cataclysmiques, et ceux qui l’ignorent. Le personnage de John Cusack, Jackson Curtis, est un civil qui découvre aux informations que le monde tel que nous le connaissons va disparaître. Harald Kloser confie : « Ce personnage ne fait pas qu’incarner les spectateurs. Je connais vraiment très bien Jackson Curtis parce qu’en plus d’avoir deux enfants, je suis un écrivain divorcé. Vous voyez où je veux en venir ? » Le scénariste poursuit : « John est parfait dans ce rôle, absolument parfait. Je ne voyais que lui pour jouer ce personnage. »  La vie de famille de Jackson Curtis est loin d’être idéale. Auteur raté, il gagne sa vie en travaillant comme chauffeur de limousine et voit ses enfants devenir chaque jour un peu plus proches du nouveau compagnon de son ex-femme. John Cusack note : « C’est un personnage très touchant, qui s’efforce de garder une certaine dignité et de ne pas tout perdre, mais j’ai eu envie de faire ce film pour une autre raison. Quand j’ai lu le scénario, j’ai trouvé l’histoire originale et amusante. Je ne sais pas si la fin du monde sera amusante, mais ce film possède un humour macabre que je trouve très intéressant. »

Amanda Peet, qui joue Kate, l’ex-femme de Jackson, a été attirée par l’opportunité de travailler avec Roland Emmerich. Elle raconte : « C’est le maître des films d’action à grand, très grand spectacle, mais il a aussi une vraie sensibilité et de l’humour. Ses personnages sont toujours attachants, et c’est un homme qui a du cœur, cela se voit dans ses films et quand on travaille avec lui. Il est très attentionné. Il a réparti les prises de vues des scènes dans les réservoirs d’eau sur toute la durée du tournage, et quand je lui ai demandé pourquoi on ne tournait pas toutes les scènes d’un coup, il m’a répondu : « Tu tiens vraiment à passer plusieurs jours d’affilée dans l’eau ? » Il a fait ça pour nous, il ne voulait pas que cela devienne une épreuve. » Dès son premier jour de tournage, Amanda Peet s’est trouvée projetée dans l’univers des films de Roland Emmerich. Elle raconte : « La première scène que j’ai tournée est celle qui se déroule dans l’épicerie. Il y a un gros tremblement de terre, et mon personnage, Kate, se retrouve coincée à l’intérieur alors que tout est en train de s’effondrer. Par chance, j’étais avec mon copain, Tom McCarthy, et nous n’arrêtions pas de rire parce que nous n’étions pas habitués à tourner des films d’action. Roland nous a dit : « Du calme, du calme. Il va se passer beaucoup de choses horribles, vous n’êtes pas au bout de vos surprises. »

Le point de vue de l’homme de la rue est contrebalancé par l’histoire qui se déroule au cœur du pouvoir, à Washington, vue par les yeux du personnage de Chiwetel Ejiofor, Adrian Helmsley. Helmsley est un scientifique du gouvernement qui se précipite à la Maison Blanche quand il découvre une série de changements majeurs au niveau du noyau de la Terre, de la croûte terrestre et de l’atmosphère. Harald Kloser explique : « Adrian est le contrepoint de Jackson. Dès le début, il sait ce qui va se passer et ce que le gouvernement projette de faire, mais pendant tout le film il doute et se demande si ce plan est vraiment le meilleur. » Chiwetel Ejiofor déclare : « J’ai trouvé les thèmes principaux de l’histoire fascinants. Le scénario était passionnant, je n’ai pas pu le reposer avant la dernière page. L’idée est formidable. Dans cette histoire, l’humanité subit une catastrophe naturelle sans précédent. Ces derniers temps, nous avons pris conscience que les dérèglements de la nature pouvaient plonger notre monde dans le chaos. La question que tout le monde se pose, c’est de savoir quelle est notre responsabilité dans ce processus. »

Adrian Helmsley fait part de ses découvertes au secrétaire général de la Maison Blanche, Carl Anheuser, qui est joué par Oliver Platt. Harald Kloser raconte : « C’était au départ le personnage le plus droit qui soit, une sorte de chien de garde de la Maison Blanche, un dur qui n’hésite pas à faire ce qu’il faut quand il le faut. Et puis Mark Gordon a proposé Oliver Platt pour ce rôle, et cela a tout changé. Oliver a apporté une dimension plus humaine à ce personnage qui reste fermement convaincu qu’il ne faut pas dire aux gens ce qui va arriver pour leur bien, étant donné que tout le monde ne pourra pas être sauvé. » Oliver Platt observe : « Anheuser est un homme pragmatique qui essaye de résoudre une situation très complexe sur le plan moral. Comme le destin de la race humaine est en jeu, il voit son plan comme la solution la plus sensée et la plus morale qui soit, mais le fait de savoir que tout le monde ne pourra pas y prendre part rend la situation particulièrement difficile et douloureuse. » Oliver Platt ajoute : « C’est ce conflit qui m’a donné envie de jouer ce rôle. Il y a déjà eu des films « de fin du monde », mais je crois que 2012 est le premier où le gouvernement, qui est supposé être l’autorité suprême, doit choisir ceux qui seront informés, ceux qui seront sauvés et ceux qui ne le seront pas. »

Cette idée est aussi ce qui a convaincu Harald Kloser que l’histoire devait également être racontée depuis le point de vue d’officiels du gouvernement. Le scénariste se souvient : « Au début, nous voulions raconter cette histoire sans l’intrigue qui se déroule à Washington. Roland Emmerich l’avait déjà fait dans ses films précédents. Mais après en avoir longuement discuté, nous avons finalement décidé que nous ne pouvions pas raconter un projet gouvernemental d’une telle ampleur sans parler des personnes qui en sont à l’origine. » Au moment où Roland Emmerich et Harald Kloser ont écrit le scénario, pendant les primaires des élections présidentielles américaines, leur Président était une femme. Harald Kloser se souvient : « Quand les résultats de l’Iowa sont tombés, j’ai crié à Roland : « Eh, je crois que finalement, notre Président ne sera pas une femme ! ». Le Président des Etats-Unis du film, un homme sage et compatissant, est interprété par Danny Glover. Mark Gordon raconte : « C’est un acteur fantastique. Il a apporté beaucoup de gravité à son personnage. Le public ne l’a pas vu dans un gros film hollywoodien depuis longtemps, et je pense qu’ils vont l’adorer dans son rôle de Président. » Danny Glover note : « J’aime bien le dicton « les hommes ne font pas l’Histoire, c’est l’Histoire qui les fait ». Chacun d’entre nous est défini par sa propre histoire, par ce qu’il a vécu. Le Président Wilson doit prendre des décisions très difficiles dans des circonstances que personne n’avait jamais imaginées quand il est arrivé dans le bureau ovale. » Il ajoute : « Je ne pense pas qu’il se décrirait comme un « leader fort », même si c’est l’image que les autres ont de lui. Il se verrait plutôt comme une personne ordinaire qui essaye d’être extraordinaire. C’est le genre d’homme qui motive les gens, et qui leur donne envie de bouger et d’agir. »

Finalement, le Président partage les découvertes scientifiques avec d’autres nations et met en place, quelques années avant 2012, un plan pour sauver les chefs d’Etat, les scientifiques, les artistes, les plantes, les animaux et les objets les plus précieux de notre civilisation. Chargée de la collecte et de la préservation des plus grandes œuvres d’art, Laura, la fille du Président, n’apprend la finalité exacte de sa mission que quand la catastrophe devient imminente. Un lien profond va se créer entre elle et Adrian Helmsley, et les deux personnages vont se soutenir mutuellement dans l’épreuve morale qui les attend. Dans 2012, Thandie Newton retrouve Danny Glover, avec qui elle avait joué dans BELOVED, et Chiwetel Ejiofor à qui elle a donné la réplique dans IT WAS AN ACCIDENT. Elle déclare : « C’est toujours un plaisir de retravailler avec des gens qu’on apprécie. J’ai travaillé avec Chiwetel il y a presque dix ans, et depuis il a beaucoup évolué en tant qu’acteur. Il a ce charisme qui vous donne envie d’avoir confiance en lui, en sa force et sa droiture morale. On veut le voir sauver le monde. Danny est très paternel, il fait très attention à moi. C’est vraiment super d’avoir une telle relation avec lui. » Woody Harrelson interprète Charlie Frost, un animateur radio. Il raconte : « Charlie est un animateur de radio pirate qui émet depuis le parc national de Yellowstone. Il vit dans son camping-car et ne cesse de hurler sur les ondes que la fin du monde est proche. J’aime bien jouer des types comme lui, complètement dingues et véhéments – même si dans le cas de Charlie les événements vont montrer qu’il n’est pas si dingue que ça. » Il continue : « Quand on ne connaît Roland qu’à travers ses films, on pourrait penser que c’est un type dur et violent. Mais en fait, c’est l’homme le plus doux et le plus gentil du monde. Il sait très bien ce qu’il fait et ce qu’il veut. Quand on regarde un de ses films, on est cloué à son fauteuil, on est complètement emporté par l’action et l’histoire. »

Cataclysme en direct :

2012 a été filmé à Vancouver, au Canada, en cinq mois. La production a utilisé 13 plateaux dans cinq studios différents, et deux « plateaux » extérieurs avec un immense « sol mouvant », des palmiers et un fond bleu. La région autour de Kamloops, où l’équipe a tourné pendant une semaine, a servi de doublure pour le Tibet et le parc national de Yellowstone. Le tournage s’est terminé à Los Angeles avec quelques extérieurs. Le superviseur des effets spéciaux Mike Vezina raconte : « Avant de tourner le premier plan, de construire les décors et de chorégraphier les cascades, il a fallu décider quelles séquences allaient être faites en images de synthèse, et lesquelles allaient être filmées directement à la caméra avec des effets spéciaux. Ce travail a été réalisé très tôt au cours de la phase de préproduction. » Mike Vezina était responsable des effets spéciaux liés aux tremblements de terre, qu’il a réalisés en faisant bouger le sol des décors. Il raconte : « Nous avons fabriqué les plus grosses machineries pour effets spéciaux que j’aie jamais vues. Nous avons utilisé 500 000 tonnes d’acier pour fabriquer ces décors mobiles, ces grandes plates-formes que l’on pouvait secouer et faire trembler. Roland Emmerich aime tout ce qui est réel, tangible, nous avons donc tourné toutes les scènes où la terre se met à trembler, celle où les personnages sortent de la maison, celle qui se déroule à l’aéroport et bien d’autres, sur d’énormes plates-formes flottantes que nous pouvions faire bouger. Elles faisaient environ 750 m². Nous avons donc construit les décors dessus, mis des voitures, des camions et des avions, et tout bougeait en même temps. Grâce à cela, les acteurs avaient vraiment l’impression de vivre pour de bon un tremblement de terre et leurs réactions étaient beaucoup plus réalistes. »

Le premier décor mouvant construit par l’équipe était aussi le plus chargé en accessoires. En arrière-plan, la Maison Blanche a été incrustée grâce à un écran vert. Danny Glover, avec des centaines de figurants, du matériel de secours et des tonnes de poussière et de cendre, se tenait sur une plate-forme de 670 m² qui occupait la plus grande partie du plateau. Mike Vezina explique : « Nous avons utilisé un système hydraulique et pneumatique pour faire bouger la plate-forme de bas en haut et d’avant en arrière. Il y avait un système de valves que nous contrôlions électroniquement. Roland pouvait donc nous dire : « Cette fois-ci je veux une petite secousse, puis une plus grosse. » Nous pouvions interrompre et modifier l’intensité des mouvements en direct pour faire un petit tremblement de terre et ensuite augmenter sa force. Grâce à un joystick actionné par une seule personne, nous avions un contrôle total de la plate-forme. »
Les acteurs ont aussi tourné dans l’eau de nombreuses scènes du troisième acte du film. Plusieurs décors ont été construits, et chacun d’entre eux avait son propre réservoir d’eau. Les acteurs et l’équipe devaient monter des escaliers pour atteindre le décor, qui descendait ensuite dans le bassin d’eau grâce à un système de treuils. Mike Vezina explique : « Nous avons construit trois ou quatre types de réservoirs qui faisaient tous des choses différentes. Dans une salle que nous avons appelée la salle mouvante, il y avait une scène où les gens se mettaient à courir, puis le réservoir déversait d’un seul coup plus d’une trentaine de mètres cubes d’eau. Tout le monde était emporté et la pièce complètement inondée. Tous les décors pouvaient être montés ou descendus dans un réservoir de 3 mètres de haut. » Mike Vezina a aussi créé un système de circulation d’eau entre les réservoirs des différents décors. Il explique : « Nous pouvions faire passer l’eau d’un décor à un autre grâce à un système de pompes. Il suffisait de pomper l’eau d’un réservoir à un autre. Nous avions aussi un bassin adjacent dans lequel l’eau était réchauffée, chlorée et filtrée avant d’être renvoyée dans les réservoirs. A la fin de la journée, l’eau retournait dans ce bassin pour y être traitée pendant la nuit. » Quand l’éclairage ou les caméras avaient besoin d’être ajustés, le décor et les acteurs étaient sortis de l’eau, puis ré-immergés quand les changements étaient terminés. John Cusack raconte : « Les scènes dans l’eau ont été difficiles à tourner, mais j’aime l’eau et j’ai trouvé cela plutôt amusant. Nous avions vraiment l’impression que l’eau montait parce que la caméra descendait avec nous. »


 

La nature se déchaine comme jamais

2012 a été pour les coproducteurs et superviseurs des effets visuels Volker Engel et Marc Weigert l’occasion de retravailler avec Roland Emmerich. Volker Engel et Roland Emmerich se sont rencontrés en 1988 à Stuttgart, où Engel était étudiant en cinéma. Emmerich l’a engagé pour travailler sur MOON 44, puis sur UNIVERSAL SOLDIER, GODZILLA et INDEPENDENCE DAY. Marc Weigert et Volker Engel ont entamé leur collaboration sur INDEPENDENCE DAY. Marc Weigert raconte : « Une des plus grandes difficultés du projet était le nombre incroyable de types de catastrophes dans le film : des tremblements de terre, des crevasses qui déchirent le sol, la destruction de plusieurs villes, des inondations, des éruptions volcaniques énormes. Chacune de ces catastrophes devait être très réaliste, nous avons donc fait de la recherche et du développement pour accomplir des choses qui n’avaient encore jamais été faites. » Marc Weigert poursuit : « Bien sûr, plus les effets visuels s’améliorent, plus le public devient expert et remarque le moindre défaut. Nous avons donc été très exigeants sur la qualité de notre travail pour être certains que tout était absolument parfait. Beaucoup d’effets visuels du film auraient été impossibles à réaliser il y a encore deux ou trois ans. » Le producteur Larry Franco observe : « Pour mélanger des éléments tournés en prises de vues réelles avec des effets visuels, il a fallu procéder au coup par coup. Quand on pense à ce projet dans sa globalité, on se dit qu’il n’existe aucune façon de faire un film comme celui-là, que c’est impossible et complètement dingue. Mais Roland avait une autre approche. Il nous a dit : « Comment mange-t-on un éléphant ? On le découpe, et on l’avale morceau par morceau. Nous n’avons besoin que de quelques éléments, le reste sera ajouté à l’image grâce à des écrans bleus. Et on obtiendra ces éléments virtuels en procédant petit à petit. Ce n’est pas aussi difficile qu’on pourrait le croire. » Et effectivement, de cette façon le tournage s’est révélé plus facile que prévu. »

La première étape pour Marc Weigert et Volker Engel a été de créer ce qu’on appelle une prévisualisation, c’est-à-dire une version animée du storyboard. Marc Weigert explique : « C’est une représentation simplifiée en 3D des différentes scènes. C’est un travail qui nous a demandé entre six et sept mois. Nous avons fait une prévisualisation de toutes les grandes séquences du film. » Pour illustrer la complexité des effets visuels du film, Marc Weigert décrit la séquence du tremblement de terre à Los Angeles : « Nous sommes d’abord allés à Los Angeles pour trouver l’endroit où nous allions tourner cette séquence, mais très vite, nous avons réalisé que nous ne pouvions filmer nulle part parce que tout devait s’effondrer. Toute la ville devait être secouée par le tremblement de terre, tous les palmiers, toutes les boîtes aux lettres, toutes les voitures et tous les immeubles devaient s’effondrer ou tomber en morceaux. Nous avons donc décidé d’utiliser les effets visuels, et nous avons construit un immense écran bleu qui faisait 180 mètres de long et 12 mètres de haut. » Cet écran bleu a été placé à côté de la plate-forme mouvante de Mike Vezina. Marc Weigert déclare : « La plate-forme mouvante construite par Mike Vezina était fantastique parce qu’elle permettait aux acteurs de marcher sur un sol qui bougeait comme s’il y avait un séisme d’une magnitude de 10,5. Tous leurs mouvements et toutes leurs réactions étaient donc réels. Tout ce qui se trouvait sur la plate-forme était secoué dans tous les sens. Comme les décors incrustés sur le fond bleu devaient bouger en même temps et de la même manière que les éléments réels, nous avons enregistré les mouvements de la caméra et ceux de la plate-forme pour ensuite les appliquer aux décors virtuels dans nos ordinateurs. »

Marc Weigert raconte : « Roland Emmerich avait une vision très claire de l’aspect final du tremblement de terre. Le sol devait se soulever un peu comme les vagues de l’océan, et la plate-forme mouvante nous a aidés à reproduire cet effet. Avec Volker Engel, nous avons retiré tout ce qui était dessus, puis nous l’avons filmée après avoir peint une grille dessus. Cela nous a permis de voir comment le sol ondulait de façon à le faire bouger de façon identique. » Marc Weigert ajoute : « Tout ce qui n’était pas sur la plate-forme a été créé par ordinateur. Nous avons conçu tout ce qui bouge : tout ce qui est dans, sur ou au-dessus de la rue est en images de synthèse. Et tout a les mêmes couleurs et les mêmes textures que dans le monde réel. » En général, les effets visuels utilisent des plans fixes filmés spécialement pour les transparences – paysages ou décors – qui sont ensuite intégrés à l’image finale à l’endroit où se trouvait l’écran bleu lors des prises de vues réelles. Avec 2012, l’activité sismique et les mouvements qu’elle provoque ont nécessité l’utilisation de plans mobiles pour une cohérence dynamique.

Marc Weigert explique : « Sur l’écran bleu, c’est Los Angeles. Les gens sont allés là-bas, ou ils ont vu cette ville à la télévision et au cinéma. Ils savent à quoi elle ressemble. Si nous avions commis des erreurs en matière d’éclairage, de couleurs ou de textures, cela aurait été flagrant et aurait ressemblé à un jeu vidéo. C’est une chose à laquelle nous avons sans cesse fait très attention. » Volker Engel ajoute : « Tout ce que nous faisons doit être le plus proche possible de la réalité. Nous tenons compte des lois de la physique pour la façon dont les immeubles s’écroulent ou le comportement en vol des avions. Il nous arrive de prendre quelques petites libertés avec la réalité pour rendre une scène plus impressionnante ou plus amusante, parce que l’objectif est aussi de raconter une histoire, mais nous faisons très attention parce que si on va trop loin, on peut perdre le public. Tout doit rester globalement très réaliste. »

Après avoir été méticuleusement conçus par ordinateur, tous les éléments de décor ont été soigneusement détruits – toujours par ordinateur. Marc Weigert raconte : « Un immeuble devait par exemple être découpé en millions de petits morceaux pour qu’un logiciel de simulation qui utilise les lois de la physique puisse le faire s’effondrer quand le sol se met à bouger. Il a fallu répéter cette opération sur plusieurs centaines de bâtiments qui se trouvent au bord de la route, et sur des milliers de petits éléments que nous avons ajoutés dans l’image et qui devaient eux aussi bouger. »

Tout ce travail titanesque a été réalisé pour une seule et unique séquence. Marc Weigert explique : « Il faut beaucoup de personnes, d’ordinateurs et de logiciels pour faire un film comme celui-ci. Une douzaine de sociétés basées partout dans le monde ont travaillé sur 2012, et chacune d’entre elles employait entre soixante et cent personnes. Nous avions aussi une unité intégrée chez Sony Pictures pour créer deux séquences importantes. Au total, environ mille personnes ont travaillé sur les effets visuels du film, et Volker Engel et moi avons supervisé leur développement dès le début. Les deux séquences que nous avons créées au sein du studio faisaient à elles seules plus d’une centaine de térabits de données représentant toutes les informations générées par chaque image. Une « render farm » de 250 ordinateurs a été nécessaire pour calculer le rendu de ces deux séquences. Dans un film comme celui-là, l’ensemble des données dépasse facilement le pétabit (un million de gigabits). » Et tout cela pour servir la vision de Roland Emmerich de la fin du monde… Marc Weigert commente : « Roland Emmerich adore divertir les gens. Quel que soit le film qu’il est en train de faire, il cherche avant tout à divertir le public et à lui faire vivre une aventure excitante dont il se rappellera très longtemps. » Marc Weigert conclut : « Tous les collaborateurs réguliers de Roland adorent travailler avec lui parce qu’il veut toujours montrer quelque chose de nouveau et de différent, et c’est ce qui nous fait tous avancer. Ce serait terriblement ennuyeux de faire toujours la même chose. Avec lui, vous faites toujours des choses que personne n’a encore jamais vues, cela nous oblige à faire des recherches et à innover. On passe son temps à se gratter la tête en se demandant : « Comment allons-nous faire ça ? » Mais on trouve toujours une solution, et c’est aussi ce qui rend le travail avec Roland aussi merveilleux et passionnant. »

La fin du monde tel que nous le connaissons

Et si la fin du monde était réellement proche ? Voudriez-vous le savoir ? Que feriez-vous ? Harald Kloser connaît déjà la réponse : « Je ferais exactement ce que fait Jackson Curtis. J’attraperais mes enfants et je les emmènerais en sécurité. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour les protéger. » Oliver Platt observe : « Je crois que si les gens étaient informés de la fin du monde, le plan n’aurait aucune chance de fonctionner, ce serait le chaos absolu. Le fait que mon personnage pense que c’est la meilleure chose à faire ne veut pas dire que je suis d’accord avec lui. C’est une décision difficile. Tout le monde pense qu’il préférerait savoir, mais si vous ne pouvez rien faire pour sauver votre vie et celle de vos proches, est-ce que cela sert vraiment à quelque chose ? Est-ce que vous voudriez vraiment le savoir ? » Chiwetel Ejiofor déclare : « Je reste convaincu que les gens devraient être informés de la fin du monde, même si les conséquences peuvent être énormes. C’est un des nœuds du film. C’est un vrai dilemme. Ce n’est pas une question facile. Il n’y a pas de réponse simple dans le film, et il n’y en aurait pas non plus dans notre monde réel si cela devait arriver un jour. » John Cusack conclut : « C’est une question intéressante à laquelle je n’ai pas de réponse définitive. Qui appelleriez-vous et quelle est la dernière chose que vous feriez ? Je pense que je fumerais une cigarette. J’ai arrêté de fumer, mais si c’était la fin du monde, je fumerais sûrement une cigarette. »

Ce qu'en disent les experts

Le calendrier maya arrivant à son terme, plusieurs chercheurs ont étudié les phénomènes qui ont été prédits et sont censés frapper la planète en 2012. Bien que ces experts soient d’accord sur plusieurs choses, notamment le fait que la Terre devrait subir des changements cataclysmiques, beaucoup de secteurs restent sujets à controverse.

LAWRENCE E. JOSEPH est l’auteur de 2012 : Une enquête sur des catastrophes annoncées. Dans son livre, la prophétie maya n’est que le début, et l’auteur décrit les calamités que certains scientifiques prédisent comme l’inversion des pôles magnétiques, une activité solaire hors norme, et l’éruption du super-volcan de Yellowstone. Le livre examine le fait que l’ancienne prophétie maya et la physique solaire contemporaine indiquent que l’année 2012 sera un tournant, peut-être catastrophique, de notre histoire.

JOHN MAJOR JENKINS est l’auteur de Maya Cosmogenesis 2012 : The True Meaning of the Maya Calendar End-Date. John Major Jenkins a consacré sa carrière à reconstituer la cosmologie et la philosophie maya. Le New York Times ayant salué la « rigueur académique » de ses théories sur 2012, Jenkins est devenu une référence et une source claire pour expliquer les changements que subira peut-être la planète. Il étudie dans son livre l’année 2012 depuis le point de vue des Mayas qui pensaient que les dates de fin de cycle (comme l’année 2012 où est prédit un « alignement galactique » très rare) sont des périodes de transformation et de renaissance. Le livre le plus récent de John Major Jenkins est The 2012 Story : The Myths, Fallacies, and Truth Behind the Most Intriguing Date in History.
 

DANIEL PINCHBECK est l’auteur de 2012 : The Return of Quetzalcoatl et le rédacteur de Reality Sandwich (www.realitysandwich.com). Il explique dans son livre que la date de fin du calendrier maya annonce un changement majeur pour la civilisation humaine et une crise écologique. Selon lui, la transformation pourrait entraîner une fusion de la science moderne et du mysticisme. Ce changement est représenté par Quetzalcóatl, le dieu serpent à plumes du mythe mésoaméricain qui représente l’unité du ciel et de la terre, de l’esprit et de la matière.