Frances Mayes, auteur du livre dont est tiré le film, explique : « SOUS LE SOLEIL DE TOSCANE est l’histoire d’une renaissance, un message d'espoir à tous ceux qui pensent qu'ils n'auront pas de seconde chance. »
Tom Sternberg, le producteur, ajoute : « L'héroïne a vu tous ses espoirs déçus. Pour elle, la vie n'est désormais qu'une suite de journées sans intérêt. Son voyage en Italie va lui donner envie de s'ouvrir à nouveau au monde. Elle va aussi découvrir que parfois, les choses se produisent quand on ne les espère plus. »
SOUS LE CHARME D'UN CLIMAT
En novembre 1998, Tom Sternberg, producteur du film d’Anthony Minghella, LE TALENTUEUX MR RIPLEY, se trouvait en Italie pour l’avant-dernière semaine de tournage. Il se souvient : « Nous tournions en Toscane, à Pienza, pour une journée. Une fois le tournage achevé, Anthony, Matt Damon et moi-même avons décidé d'aller boire un verre dans un bar du coin. A quelques tables de nous, j'ai tout de suite remarqué un couple qui parlait anglais et discutait de vins régionaux. Il s’agissait de Frances et Ed Mayes. J’avais lu le best-seller autobiographique de Frances l’année précédente, et j’ai été aussi surpris que ravi de la rencontrer. »
Succès international, Sous le soleil de Toscane s’est vendu à plus de 3 millions d’exemplaires à travers le monde et s'est maintenu pendant 126 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times. Traduit dans 15 langues, il s'est également imposé comme un succès au Royaume-Uni, en Australie, en Italie, en France, en Espagne et en Hollande.
Frances Mayes commente : « Sous le soleil de Toscane est un récit autobiographique, l’histoire de ma vie en Italie. C'est une histoire heureuse, celle de la découverte d'un pays. Le livre ne contient aucun événement dramatique. On m’avait déjà proposé d’en faire un film, mais il était alors question d'y ajouter un meurtre ou quelque chose de ce genre... C’était impensable pour moi ! »
Moins de deux ans plus tard, en mars 2000, Tom Sternberg croise à nouveau les Mayes, à Los Angeles cette fois, alors que tous trois sont invités par la Commission du Film de Toscane. L’idée du film fait son chemin. Sternberg et le producteur exécutif Mark Gill confient alors le livre à Audrey Wells, auteur de scénarios réputée et dont la sensibilité et l'imagination permettraient sûrement de respecter l'esprit unique du livre, tout en lui ajoutant des éléments scénaristiques. Le producteur se souvient : « Audrey nous a tout de suite séduits par son approche du récit. Elle a inventé une histoire et des personnages qui reprenait l'ambiance du livre dans la trame d'une grande comédie romantique. »
En juin 2001, Audrey Wells était engagée comme scénariste et réalisatrice. Peu après, elle se rendit à Cortona, en Toscane, pour rencontrer les Mayes dans leur propriété : Bramasole.
AUTRE TERRE, AUTRE VIE
Audrey Wells, réalisatrice, productrice et scénariste, confie : « J’ai voulu faire un film positif sur la renaissance d'un cœur brisé. Frances Mayes a écrit un conte autobiographique poétique sur la dimension humaine qu'a pu prendre la restauration d’une villa en Toscane. Elle nous fait partager son immersion en terre étrangère, le délice de la découverte, de recommencer autre chose. Son écriture est riche de merveilleux détails, de réflexions personnelles ; son livre possède une véritable atmosphère. Il ne lui manquait qu’une chose : un fil dramatique qui convienne pour une adaptation au cinéma. »
Frances Mayes souligne : « En lisant le scénario, j’ai découvert avec plaisir qu’Audrey avait réussi à créer une structure dramatique qui n’était pas dans mon livre mais dans laquelle je le reconnaissais, et me retrouvais. Elle a travaillé dans un esprit d’harmonie totale avec le cœur du livre. »
Audrey Wells raconte : « Quand j’ai lu le livre pour la première fois, je travaillais déjà de mon côté sur un scénario complètement différent, au sujet d’une femme qui tentait de surmonter une rupture. J’ai réalisé que cette idée se combinait avec élégance au monde décrit par Frances. J’ai choisi délibérément de laisser de côté tout ce qui concernait le divorce – on n’aperçoit du mari de Frances qu’une silhouette floue sur une vieille photo qui évoque le bonheur perdu. Ce qui est arrivé avant appartient à une autre vie. »
Audrey Wells a également mis beaucoup de sa philosophie de la vie dans son scénario. Elle explique : « J'ai l'intime conviction qu’il existe une harmonie secrète entre ce que nous endurons et ce que nous devons devenir. Tout ce que nous traversons nous conduit à devenir. Si Frances n'avait pas eu ce parcours, elle n'aurait jamais été réceptive à ce qui l'attendait là-bas, en Toscane. »
Elle ajoute : « Je crois que les choses qui nous font souffrir peuvent aussi être prises avec recul, avec ironie. Ce qui nous effraie le plus est aussi souvent ce dont on rit avec le plus de jubilation. J'aime utiliser ce ressort, exploiter la distance pour glisser l'humour dans tout ce qui nous fait peur. Le voyage de Frances est une sorte de florilège, beaucoup se reconnaîtront en elle.
« Frances va prendre conscience qu'un échec ne doit jamais vous faire renoncer. Il faut laisser sa porte ouverte sur le monde, tout accueillir sans préjugés. Oui à l’expérience, oui à l’inattendu, oui à ce que l’on redoute. Frances n’est pas une Candide vivant dans le meilleur des mondes possibles – aucun d’entre nous ne l’est. Mais elle continue. Le simple fait de refuser d’abandonner lui fait du bien, et augure d’une vie nouvelle.
« Ce qui m’intéresse, c’est la guérison du cœur. La façon dont on trouve le moyen de panser ses cicatrices émotionnelles. Tous les personnages de mon scénario ont un point commun : ils sont tous, d'une façon ou d'une autre, des cœurs brisés. Cela les rend terriblement humains. »
LES VISAGES D’UNE VIE NOUVELLE
Frances : rien n'est perdu tant que le cœur est là
Depuis le tout début, la scénariste-réalisatrice avait en tête une actrice pour jouer Frances Mayes : Diane Lane. « C’est à elle que j’ai tout de suite pensé, confie-t-elle, mais c'est un miracle qu'elle ait été disponible ! Diane a une vraie présence, un regard. Elle a en elle suffisamment d'expérience pour faire exister cette femme au tournant de sa vie. Elle est comme la Toscane, belle, lumineuse et naturelle. Elle inspire. »
Diane Lane explique : « L'héroïne est une vraie romantique que la vie a fait trébucher. Elle va avoir besoin d'un coup de pouce du destin pour prendre son véritable envol. Je me suis sentie proche de cette femme, elle a un côté pionnier. Et j’ai aussi été séduite par l’humour qui baigne l’histoire. »
Katherine : une guide vers une nouvelle vie
Audrey Wells a créé de toutes pièces le personnage de Katherine, une femme à la beauté éthérée qui va aider Frances à trouver sa voie. C’est la directrice de casting, Linda Lowy, qui a suggéré le nom de Lindsay Duncan pour ce rôle. A l’époque - mi-2002 -, la comédienne remportait un grand succès à Broadway pour son interprétation dans « Private Lives », pour laquelle elle obtint par la suite le Tony Award et le Drama Desk. Audrey Wells explique : « Je cherchais une femme d’une cinquantaine d’années qui soit vraiment séduisante, attirante, sensuelle. »
Lindsay Duncan fut tout de suite séduite par la puissance évocatrice du scénario d’Audrey Wells : « Après quelques pages seulement, je me suis retrouvée en Toscane… C'est un film sur la découverte de soi et des autres. Si vous abordez la vie le cœur grand ouvert, elle vous le rendra avec générosité. »
Diane Lane précise : « La personnalité de Katherine est une pierre angulaire du film. Frances est attirée par sa force vitale dès l’instant où elle la rencontre. Katherine lui montre qu’il y a bien plus d’une façon de vivre. »
Patti : la bonne idée pour la bonne étincelle
Sandra Oh est Patti, la meilleure amie de Frances à San Francisco. L’actrice avait déjà travaillé avec Audrey Wells sur GUINEVERE et toutes deux sont devenues amies. Sandra Oh raconte : « Nous voulions que Patti aille au-delà du personnage typique de la meilleure amie. Elle semble faire preuve d’une grande confiance en elle, mais elle lutte contre ses propres démons et comme Frances, entreprend un voyage de découverte d’elle-même. Au début, Patti est très ancrée dans ses convictions, mais bientôt, Frances réalise qu’elle n’est pas la seule à fuir parce qu’elle a peur... Quand Patti arrive à Bramasole, la maison de Frances, enceinte de huit mois et célibataire, on prend conscience qu’elle aussi a de gros problèmes… »
Marcello : l'homme au-delà des apparences
Marcello est la seule personne capable de rendre à Frances son amour de la vie. Star en Italie, Raoul Bova a été choisi pour incarner ce personnage romantique et charmeur que Frances rencontre par hasard. Audrey Wells précise : « Se promener avec Raoul dans les rues de Rome est une expérience surréaliste ! Les gens deviennent fous quand il le voient. Mais malgré sa célébrité, c’est un acteur sans ego, pur et instinctif, sûr de lui et charismatique. Il s’assortissait à merveille à Diane. »
Pour cet acteur né à Rome, comprendre Marcello a d’abord consisté à saisir sa philosophie de la vie. Il observe : « Marcello est de Positano. Il est propriétaire d’un restaurant sur la plage. Il travaille, mais il aime aussi s’asseoir tranquillement entouré de ses amis et sa famille. C’est en quelque sorte l’image du Napolitain classique. Il aime les gens de Positano et ceux-ci le lui rendent bien. Bien sûr, il aime les femmes, mais il cherche l’amour véritable. Et dès qu’il voit Frances, il pense qu’il l’a trouvé. »
Martini : tout est possible, sauf pour lui
Martini est l’autre homme de la nouvelle vie de Frances, il est l’agent immobilier qui a négocié pour elle la vente de la villa, Bramasole. Vincent Riotta, l’acteur anglo-italien qui l’incarne, explique : « J’aime les sentiments de ce personnage : il tombe doucement amoureux de Frances, mais il est marié et c’est un homme intègre. Il va lutter pour ne pas flancher. Il sera sur le point de sauter le pas, mais parviendra à faire évoluer sa relation. C’est toute la beauté du rôle. »
Vincent Riotta poursuit : « Une scène illustre bien l’âme du personnage : quand il raconte à Frances l’histoire de ce tronçon de chemin de fer qui a été construit dans les Alpes entre l’Autriche et l’Italie alors qu’il n’existait encore aucune locomotive capable de franchir la passe. Il lui dit en filigrane que si elle construit un chemin pour l’amour, celui-ci viendra. En fait, il lui parle de foi, et pour moi, c’est la foi qui est au cœur du film. Martini donne à la jeune femme l’envie de continuer, et il le fait à un moment où elle est au plus bas. Il lui dit simplement que l'on n’est pas fait pour vivre seul. »
LE TOURNAGE
Bramasole
Dans le scénario d’Audrey Wells comme dans le livre de Frances Mayes, le lieu principal de l’histoire est une maison typique des collines toscanes. La maison, Bramasole - littéralement « ce qui désire le soleil » - devait jouer dans le film un rôle clé dans la renaissance d’une vie brisée.
« Bramasole était un lieu vital à la fois pour le personnage de Frances et pour notre histoire, observe Audrey Wells. Nous voulions manifester visuellement le voyage intérieur du personnage. Nous désirions que sa découverte de l’Italie, et de Cortona en particulier, évolue depuis une approche touristique jusqu’à une dimension presque mystique. »
Une fois que la réalisatrice et l’équipe de repérage eurent trouvé leur Bramasole, une maison ancienne à l’état de ruine, avec le potentiel nécessaire à une métamorphose complète, tous les autres lieux en ont découlé logiquement : la ville de Cortona, Florence, la métropole affairée de Rome et le village côtier de Positano. C’est finalement la première maison qu’ils ont vue qui a été choisie.
Pour Audrey Wells et le chef décorateur, Stephen McCabe, Bramasole devait pouvoir refléter la transformation de Frances sur douze mois. La scénariste-réalisatrice explique : « Bramasole symbolise Frances de plusieurs manières. Nous avons d’abord cherché une maison qui puisse évoluer, vivre ce changement, une maison mystérieuse avec une personnalité qui puisse être physiquement transformée au cours de l’évolution de l’histoire. On démarre à l’état de ruine, comme le personnage de Diane, qui arrive dans un très mauvais état psychologique. La transformation de Frances et celle de la maison évoluent de pair. »
Le jardin lui aussi reflète ce changement. « L’ancien jardin est une des choses qui m’ont séduit dans cette maison, raconte Stephen McCabe. Il était à l'abandon mais les structures étaient là. Il y avait des murs de pierre, des grandes plantes qui avaient besoin d’être taillées, de buissons de lierre et de ronces, d’autres éléments visuels forts. Le jardin aussi évolue, il se développe. Il devait également retranscrire toutes les saisons de l’année. »
Une fois la maison choisie, Wells, McCabe et leur équipe ont cherché des petites villes ou villages possédant de belles places. Ils ont trouvé à Montepulciano l’espace nécessaire pour le festival de drapeaux.
Lorsqu’ils ne découvraient pas les éléments qui leur convenaient, ils les construisaient, témoin la magnifique fontaine qui sert de décor pour certaines scènes clés du film.
Toutes les saisons d'un paradis
SOUS LE SOLEIL DE TOSCANE a été tourné en 16 semaines, du 16 septembre au 10 décembre 2002, à Cortona, Positano, Rome et Florence.
Geoffrey Simpson, le directeur de la photographie, remarque : « Le tournage en extérieurs est un challenge, mais le résultat vaut toujours l'effort qu'il représente. La maison et le jardin sont passés de l’état de ruine à celui de splendide propriété restaurée en huit semaines, ce qui représente un travail plutôt éprouvant ! Les difficultés n’ont pas manqué : outre le planning très serré, la villa était si ancienne que le deuxième étage a dû être renforcé par des poutrelles d’acier, ce qui nous supprimait certaines options de tournage.
« La météo n’était pas non plus de notre côté. Les scènes les plus difficiles ont été tournées en novembre et décembre. L’hiver était pluvieux et froid sur toute l'Europe ! Les scènes du marché à Cortona ont été délicates parce que les nuages modifiaient la lumière sans cesse alors que les journées étaient déjà courtes. Mais c’est quand il a commencé à neiger l’après-midi après une matinée pleine de soleil que nous avons vraiment eu des problèmes !
« Nous avons dû recréer toutes les saisons en trois mois de tournage. Cela a entraîné de nombreuses difficultés : trouver les plantes du jardin, créer une route sinueuse de terre par-dessus ce qui était une route pavée. Une fois le gravier et l’herbe mis en place, des pluies torrentielles ont engendré de vraies rivières de boue qui, dévalant la colline, ont tout emporté… »
Pour le tournage à Positano, un petit village pittoresque au sud de Naples, l’équipe s’est installée sur la route menant hors du village vers la colline. Geoffrey Simpson raconte : « La vue était magnifique, mais elle se méritait ! Il était possible d’interrompre le trafic entre les prises, mais nous ne pouvions placer ni projecteurs, ni déflecteurs, ni aucun équipement sur la route. La caméra, l’équipe prise de vues, les acteurs et l’équipe lumière étaient confinés sur une zone de quelques mètres carrés seulement, et les nuages n’arrêtaient pas de passer devant le soleil… »
Tom Sternberg, le producteur, ajoute : « L'héroïne a vu tous ses espoirs déçus. Pour elle, la vie n'est désormais qu'une suite de journées sans intérêt. Son voyage en Italie va lui donner envie de s'ouvrir à nouveau au monde. Elle va aussi découvrir que parfois, les choses se produisent quand on ne les espère plus. »
SOUS LE CHARME D'UN CLIMAT
En novembre 1998, Tom Sternberg, producteur du film d’Anthony Minghella, LE TALENTUEUX MR RIPLEY, se trouvait en Italie pour l’avant-dernière semaine de tournage. Il se souvient : « Nous tournions en Toscane, à Pienza, pour une journée. Une fois le tournage achevé, Anthony, Matt Damon et moi-même avons décidé d'aller boire un verre dans un bar du coin. A quelques tables de nous, j'ai tout de suite remarqué un couple qui parlait anglais et discutait de vins régionaux. Il s’agissait de Frances et Ed Mayes. J’avais lu le best-seller autobiographique de Frances l’année précédente, et j’ai été aussi surpris que ravi de la rencontrer. »
Succès international, Sous le soleil de Toscane s’est vendu à plus de 3 millions d’exemplaires à travers le monde et s'est maintenu pendant 126 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times. Traduit dans 15 langues, il s'est également imposé comme un succès au Royaume-Uni, en Australie, en Italie, en France, en Espagne et en Hollande.
Frances Mayes commente : « Sous le soleil de Toscane est un récit autobiographique, l’histoire de ma vie en Italie. C'est une histoire heureuse, celle de la découverte d'un pays. Le livre ne contient aucun événement dramatique. On m’avait déjà proposé d’en faire un film, mais il était alors question d'y ajouter un meurtre ou quelque chose de ce genre... C’était impensable pour moi ! »
Moins de deux ans plus tard, en mars 2000, Tom Sternberg croise à nouveau les Mayes, à Los Angeles cette fois, alors que tous trois sont invités par la Commission du Film de Toscane. L’idée du film fait son chemin. Sternberg et le producteur exécutif Mark Gill confient alors le livre à Audrey Wells, auteur de scénarios réputée et dont la sensibilité et l'imagination permettraient sûrement de respecter l'esprit unique du livre, tout en lui ajoutant des éléments scénaristiques. Le producteur se souvient : « Audrey nous a tout de suite séduits par son approche du récit. Elle a inventé une histoire et des personnages qui reprenait l'ambiance du livre dans la trame d'une grande comédie romantique. »
En juin 2001, Audrey Wells était engagée comme scénariste et réalisatrice. Peu après, elle se rendit à Cortona, en Toscane, pour rencontrer les Mayes dans leur propriété : Bramasole.
AUTRE TERRE, AUTRE VIE
Audrey Wells, réalisatrice, productrice et scénariste, confie : « J’ai voulu faire un film positif sur la renaissance d'un cœur brisé. Frances Mayes a écrit un conte autobiographique poétique sur la dimension humaine qu'a pu prendre la restauration d’une villa en Toscane. Elle nous fait partager son immersion en terre étrangère, le délice de la découverte, de recommencer autre chose. Son écriture est riche de merveilleux détails, de réflexions personnelles ; son livre possède une véritable atmosphère. Il ne lui manquait qu’une chose : un fil dramatique qui convienne pour une adaptation au cinéma. »
Frances Mayes souligne : « En lisant le scénario, j’ai découvert avec plaisir qu’Audrey avait réussi à créer une structure dramatique qui n’était pas dans mon livre mais dans laquelle je le reconnaissais, et me retrouvais. Elle a travaillé dans un esprit d’harmonie totale avec le cœur du livre. »
Audrey Wells raconte : « Quand j’ai lu le livre pour la première fois, je travaillais déjà de mon côté sur un scénario complètement différent, au sujet d’une femme qui tentait de surmonter une rupture. J’ai réalisé que cette idée se combinait avec élégance au monde décrit par Frances. J’ai choisi délibérément de laisser de côté tout ce qui concernait le divorce – on n’aperçoit du mari de Frances qu’une silhouette floue sur une vieille photo qui évoque le bonheur perdu. Ce qui est arrivé avant appartient à une autre vie. »
Audrey Wells a également mis beaucoup de sa philosophie de la vie dans son scénario. Elle explique : « J'ai l'intime conviction qu’il existe une harmonie secrète entre ce que nous endurons et ce que nous devons devenir. Tout ce que nous traversons nous conduit à devenir. Si Frances n'avait pas eu ce parcours, elle n'aurait jamais été réceptive à ce qui l'attendait là-bas, en Toscane. »
Elle ajoute : « Je crois que les choses qui nous font souffrir peuvent aussi être prises avec recul, avec ironie. Ce qui nous effraie le plus est aussi souvent ce dont on rit avec le plus de jubilation. J'aime utiliser ce ressort, exploiter la distance pour glisser l'humour dans tout ce qui nous fait peur. Le voyage de Frances est une sorte de florilège, beaucoup se reconnaîtront en elle.
« Frances va prendre conscience qu'un échec ne doit jamais vous faire renoncer. Il faut laisser sa porte ouverte sur le monde, tout accueillir sans préjugés. Oui à l’expérience, oui à l’inattendu, oui à ce que l’on redoute. Frances n’est pas une Candide vivant dans le meilleur des mondes possibles – aucun d’entre nous ne l’est. Mais elle continue. Le simple fait de refuser d’abandonner lui fait du bien, et augure d’une vie nouvelle.
« Ce qui m’intéresse, c’est la guérison du cœur. La façon dont on trouve le moyen de panser ses cicatrices émotionnelles. Tous les personnages de mon scénario ont un point commun : ils sont tous, d'une façon ou d'une autre, des cœurs brisés. Cela les rend terriblement humains. »
LES VISAGES D’UNE VIE NOUVELLE
Frances : rien n'est perdu tant que le cœur est là
Depuis le tout début, la scénariste-réalisatrice avait en tête une actrice pour jouer Frances Mayes : Diane Lane. « C’est à elle que j’ai tout de suite pensé, confie-t-elle, mais c'est un miracle qu'elle ait été disponible ! Diane a une vraie présence, un regard. Elle a en elle suffisamment d'expérience pour faire exister cette femme au tournant de sa vie. Elle est comme la Toscane, belle, lumineuse et naturelle. Elle inspire. »
Diane Lane explique : « L'héroïne est une vraie romantique que la vie a fait trébucher. Elle va avoir besoin d'un coup de pouce du destin pour prendre son véritable envol. Je me suis sentie proche de cette femme, elle a un côté pionnier. Et j’ai aussi été séduite par l’humour qui baigne l’histoire. »
Katherine : une guide vers une nouvelle vie
Audrey Wells a créé de toutes pièces le personnage de Katherine, une femme à la beauté éthérée qui va aider Frances à trouver sa voie. C’est la directrice de casting, Linda Lowy, qui a suggéré le nom de Lindsay Duncan pour ce rôle. A l’époque - mi-2002 -, la comédienne remportait un grand succès à Broadway pour son interprétation dans « Private Lives », pour laquelle elle obtint par la suite le Tony Award et le Drama Desk. Audrey Wells explique : « Je cherchais une femme d’une cinquantaine d’années qui soit vraiment séduisante, attirante, sensuelle. »
Lindsay Duncan fut tout de suite séduite par la puissance évocatrice du scénario d’Audrey Wells : « Après quelques pages seulement, je me suis retrouvée en Toscane… C'est un film sur la découverte de soi et des autres. Si vous abordez la vie le cœur grand ouvert, elle vous le rendra avec générosité. »
Diane Lane précise : « La personnalité de Katherine est une pierre angulaire du film. Frances est attirée par sa force vitale dès l’instant où elle la rencontre. Katherine lui montre qu’il y a bien plus d’une façon de vivre. »
Patti : la bonne idée pour la bonne étincelle
Sandra Oh est Patti, la meilleure amie de Frances à San Francisco. L’actrice avait déjà travaillé avec Audrey Wells sur GUINEVERE et toutes deux sont devenues amies. Sandra Oh raconte : « Nous voulions que Patti aille au-delà du personnage typique de la meilleure amie. Elle semble faire preuve d’une grande confiance en elle, mais elle lutte contre ses propres démons et comme Frances, entreprend un voyage de découverte d’elle-même. Au début, Patti est très ancrée dans ses convictions, mais bientôt, Frances réalise qu’elle n’est pas la seule à fuir parce qu’elle a peur... Quand Patti arrive à Bramasole, la maison de Frances, enceinte de huit mois et célibataire, on prend conscience qu’elle aussi a de gros problèmes… »
Marcello : l'homme au-delà des apparences
Marcello est la seule personne capable de rendre à Frances son amour de la vie. Star en Italie, Raoul Bova a été choisi pour incarner ce personnage romantique et charmeur que Frances rencontre par hasard. Audrey Wells précise : « Se promener avec Raoul dans les rues de Rome est une expérience surréaliste ! Les gens deviennent fous quand il le voient. Mais malgré sa célébrité, c’est un acteur sans ego, pur et instinctif, sûr de lui et charismatique. Il s’assortissait à merveille à Diane. »
Pour cet acteur né à Rome, comprendre Marcello a d’abord consisté à saisir sa philosophie de la vie. Il observe : « Marcello est de Positano. Il est propriétaire d’un restaurant sur la plage. Il travaille, mais il aime aussi s’asseoir tranquillement entouré de ses amis et sa famille. C’est en quelque sorte l’image du Napolitain classique. Il aime les gens de Positano et ceux-ci le lui rendent bien. Bien sûr, il aime les femmes, mais il cherche l’amour véritable. Et dès qu’il voit Frances, il pense qu’il l’a trouvé. »
Martini : tout est possible, sauf pour lui
Martini est l’autre homme de la nouvelle vie de Frances, il est l’agent immobilier qui a négocié pour elle la vente de la villa, Bramasole. Vincent Riotta, l’acteur anglo-italien qui l’incarne, explique : « J’aime les sentiments de ce personnage : il tombe doucement amoureux de Frances, mais il est marié et c’est un homme intègre. Il va lutter pour ne pas flancher. Il sera sur le point de sauter le pas, mais parviendra à faire évoluer sa relation. C’est toute la beauté du rôle. »
Vincent Riotta poursuit : « Une scène illustre bien l’âme du personnage : quand il raconte à Frances l’histoire de ce tronçon de chemin de fer qui a été construit dans les Alpes entre l’Autriche et l’Italie alors qu’il n’existait encore aucune locomotive capable de franchir la passe. Il lui dit en filigrane que si elle construit un chemin pour l’amour, celui-ci viendra. En fait, il lui parle de foi, et pour moi, c’est la foi qui est au cœur du film. Martini donne à la jeune femme l’envie de continuer, et il le fait à un moment où elle est au plus bas. Il lui dit simplement que l'on n’est pas fait pour vivre seul. »
LE TOURNAGE
Bramasole
Dans le scénario d’Audrey Wells comme dans le livre de Frances Mayes, le lieu principal de l’histoire est une maison typique des collines toscanes. La maison, Bramasole - littéralement « ce qui désire le soleil » - devait jouer dans le film un rôle clé dans la renaissance d’une vie brisée.
« Bramasole était un lieu vital à la fois pour le personnage de Frances et pour notre histoire, observe Audrey Wells. Nous voulions manifester visuellement le voyage intérieur du personnage. Nous désirions que sa découverte de l’Italie, et de Cortona en particulier, évolue depuis une approche touristique jusqu’à une dimension presque mystique. »
Une fois que la réalisatrice et l’équipe de repérage eurent trouvé leur Bramasole, une maison ancienne à l’état de ruine, avec le potentiel nécessaire à une métamorphose complète, tous les autres lieux en ont découlé logiquement : la ville de Cortona, Florence, la métropole affairée de Rome et le village côtier de Positano. C’est finalement la première maison qu’ils ont vue qui a été choisie.
Pour Audrey Wells et le chef décorateur, Stephen McCabe, Bramasole devait pouvoir refléter la transformation de Frances sur douze mois. La scénariste-réalisatrice explique : « Bramasole symbolise Frances de plusieurs manières. Nous avons d’abord cherché une maison qui puisse évoluer, vivre ce changement, une maison mystérieuse avec une personnalité qui puisse être physiquement transformée au cours de l’évolution de l’histoire. On démarre à l’état de ruine, comme le personnage de Diane, qui arrive dans un très mauvais état psychologique. La transformation de Frances et celle de la maison évoluent de pair. »
Le jardin lui aussi reflète ce changement. « L’ancien jardin est une des choses qui m’ont séduit dans cette maison, raconte Stephen McCabe. Il était à l'abandon mais les structures étaient là. Il y avait des murs de pierre, des grandes plantes qui avaient besoin d’être taillées, de buissons de lierre et de ronces, d’autres éléments visuels forts. Le jardin aussi évolue, il se développe. Il devait également retranscrire toutes les saisons de l’année. »
Une fois la maison choisie, Wells, McCabe et leur équipe ont cherché des petites villes ou villages possédant de belles places. Ils ont trouvé à Montepulciano l’espace nécessaire pour le festival de drapeaux.
Lorsqu’ils ne découvraient pas les éléments qui leur convenaient, ils les construisaient, témoin la magnifique fontaine qui sert de décor pour certaines scènes clés du film.
Toutes les saisons d'un paradis
SOUS LE SOLEIL DE TOSCANE a été tourné en 16 semaines, du 16 septembre au 10 décembre 2002, à Cortona, Positano, Rome et Florence.
Geoffrey Simpson, le directeur de la photographie, remarque : « Le tournage en extérieurs est un challenge, mais le résultat vaut toujours l'effort qu'il représente. La maison et le jardin sont passés de l’état de ruine à celui de splendide propriété restaurée en huit semaines, ce qui représente un travail plutôt éprouvant ! Les difficultés n’ont pas manqué : outre le planning très serré, la villa était si ancienne que le deuxième étage a dû être renforcé par des poutrelles d’acier, ce qui nous supprimait certaines options de tournage.
« La météo n’était pas non plus de notre côté. Les scènes les plus difficiles ont été tournées en novembre et décembre. L’hiver était pluvieux et froid sur toute l'Europe ! Les scènes du marché à Cortona ont été délicates parce que les nuages modifiaient la lumière sans cesse alors que les journées étaient déjà courtes. Mais c’est quand il a commencé à neiger l’après-midi après une matinée pleine de soleil que nous avons vraiment eu des problèmes !
« Nous avons dû recréer toutes les saisons en trois mois de tournage. Cela a entraîné de nombreuses difficultés : trouver les plantes du jardin, créer une route sinueuse de terre par-dessus ce qui était une route pavée. Une fois le gravier et l’herbe mis en place, des pluies torrentielles ont engendré de vraies rivières de boue qui, dévalant la colline, ont tout emporté… »
Pour le tournage à Positano, un petit village pittoresque au sud de Naples, l’équipe s’est installée sur la route menant hors du village vers la colline. Geoffrey Simpson raconte : « La vue était magnifique, mais elle se méritait ! Il était possible d’interrompre le trafic entre les prises, mais nous ne pouvions placer ni projecteurs, ni déflecteurs, ni aucun équipement sur la route. La caméra, l’équipe prise de vues, les acteurs et l’équipe lumière étaient confinés sur une zone de quelques mètres carrés seulement, et les nuages n’arrêtaient pas de passer devant le soleil… »
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