Notes historiques (issues du dossier de presse)...
Ellis Island
Située dans l’état du New Jersey, Ellis Island est l’île où étaient débarqués les immigrants avant d’entrer aux Etats-Unis. L’île accueillit environ 20 millions de personnes entre son ouverture le 1er janvier 1892 et sa fermeture en novembre 1954. De 1,2 hectare à l’origine, la superficie de ce petit lopin de terre est passée à 11 hectares au fur et à mesure de la croissance du centre d’examen des immigrants. On pouvait en période de pointe examiner jusqu’à 5 000 personnes par jour. Après 1924 et les lois sur les quotas qui ont considérablement diminué l’immigration, le centre est devenu un lieu de détention et d’expulsion pour les étrangers indésirables. Elle abrite aujourd’hui un musée de l’immigration. 1630 Les gouverneurs coloniaux de la Nouvelle Amsterdam achètent une petite île près des côtes du New Jersey, un minuscule rocher qui disparaît presque sous les eaux à marée haute. 1770 Samuel Ellis, un marchand de New York achète l’île. 1812 Les héritiers de Samuel Ellis vendent l’île au gouvernement fédéral de New York pour 10 000 dollars. 1812 à 1890 Ellis Island, qui s’appelle à l’époque Fort Gibson, sert d’arsenal et de base militaire. Elle fait partie de la stratégie de défense de la ville de New York contre les flottes britanniques. 1890 Début des travaux d’aménagement de l’île. Auparavant, le débarquement des immigrants se faisait à Castle Clinton, à l’extrême sud de Manhattan. De 1855 à 1890, environ 8 millions d’immigrants principalement d’Europe occidentale et de Scandinavie transitent par Castle Clinton. Les bâtiments ne permettent plus de faire face au nombre grandissant de voyageurs. Les riverains se plaignent, imputant nombre de maux à la présence des immigrés. L’île fut alors envisagée comme une bonne solution pour isoler les arrivants avant leur acceptation. On nomma l’île, Ellis Island en référence à Samuel Ellis, son ancien propriétaire. 1892 Ouverture officielle du centre d’accueil d’Ellis Island. Le premier voyageur à fouler les pieds de l’île est Annie Moore une jeune irlandaise de 15 ans accompagnée de ses deux frères, venus rejoindre leurs parents. 1900 Suite aux incendies de 1897, de nouveaux bâtiments sont construits. Le bâtiment principal a été conçu pour accueillir 5 000 immigrés par jour. Les travaux d’agrandissement de l’île se poursuivent. 1907 Année record avec 1.004.756 immigrés qui transitent par Ellis Island. 1921 Après la parenthèse de la guerre. Ellis Island reprend ses activités. 560.971 immigrants sont débarqués sur l’Ile. Cette même année est votée la première loi de quota sur l’immigration. 1924 Les nouvelles lois sur l’immigration deviennent de plus en plus restrictives. En outre, les contrôles de l’immigration se font en partie dans les consulats américains des pays de départ, ce qui permet un premier tri. A compter de cette date, la vocation d’Ellis Island évolue. L’île devient principalement un centre de détention et d’expulsion pour les immigrants illégaux et les étrangers indésirables. 1954 Fermeture du centre d’accueil. 1976 Ellis Island devient un lieu touristique, des visites guidées sont organisées. 1990 Ouverture du musée. 2001 Ouverture du centre américain d’histoire de l’immigration.
L’arrivée à Ellis Island Les grandes compagnies maritimes comme la White Star, ou la Red Star ont joué un rôle significatif dans l’histoire de l’île. Les passagers de première et deuxième classe ne sont pas débarqués à Ellis Island. Les examens se font à bord en partant du principe que ceux qui peuvent se payer un billet en première ou deuxième classe ont moins de chance de présenter une menace pour le pays. Seuls ceux qui ont des problèmes médicaux ou administratifs sont conduits à Ellis Island pour passer les tests. Le scénario pour les passagers de troisième classe est très différent. Voyageant à fond de cale dans un manque d’hygiène totale, ils sont débarqués à leur arrivée sur l’île pour y subir un examen médical et administratif. Le but est de s’assurer que le candidat est apte à travailler et à gagner sa vie, et ne constitue pas une menace ou une charge pour la société.
Examen médical L’examen médical commence dès la montée des marches qui accèdent à la salle principale du bâtiment. Des médecins militaires observent la démarche des candidats, cherchant les signes des soixante affections ou défauts (physiques et mentaux) chez chaque individu. Etant donné le très grand nombre de personnes à examiner chaque jour et le peu de médecins disponibles, six secondes sont accordées en moyenne à chaque arrivant. Si un problème est identifié, le sujet est instantanément marqué d’une croix à la craie blanche. Il subit ensuite un examen plus approfondi.
Examen administratif Une série de questions est posée à chaque arrivant. Comme il n’y a aucun moyen de recouper les informations, les agents s’appliquent à être intimidants et suspicieux afin de débusquer les éventuels menteurs. S’ajoute aussi les incompréhensions et malentendus dus aux problèmes linguistiques. En outre, sans que cela ait été officiel, la règle générale voulait que chaque immigrant ait sur lui de quoi payer le voyage jusqu’à sa destination finale et 25 dollars (l’équivalent d’une semaine de salaire d’un fonctionnaire comme ceux travaillant sur l’île).
Les rejetés En cas de refus de l’administration, le retour du candidat se faisait si possible dans le même bateau que l’arrivée, à la charge du transporteur. Si les papiers étaient en ordre et le candidat en bonne santé, l’inspection durait entre trois et cinq heures, le voyageur rejoignait ensuite le Nouveau Monde. Selon des sources officielles, seulement 2% des immigrants étaient rejetés, soit qu’ils étaient porteur d’une maladie contagieuse, soit qu’ils n’étaient pas en mesure de travailler (et risquaient de devenir une charge pour la société). Sur les 27 millions d’immigrants qui se rendirent en Amérique de 1880 à 1930, 20 millions ont transité par Ellis Island. En proportion les plus nombreux furent les italiens avec 4.600.000, suivi des habitants de l’empire austrohongrois 4.000.000, puis des russes 3.300.000, et des allemands 2.800.000.
Eugénisme L’étymologie du terme eugénisme est grecque et signifie littéralement « bien naître ». Le terme a été popularisé par Francis Galton, cousin de Charles Darwin le père fondateur de la théorie de l’évolution. L’eugénisme comprend deux aspects : - l’amélioration génétique des humains par sélection de caractères héréditaires jugés souhaitables et l’élimination des caractères jugés indésirables et ; - l’amélioration des individus par des interventions portant sur les conditions de vie. Le principe de l’eugénisme est de compenser la perte des mécanismes de sélection naturelle. Ce concept a inspiré plusieurs philosophies, théories et pratiques sociales.
L’eugénisme en Amérique L’eugénisme est souvent allé de pair avec des décisions au plan de l’immigration, par exemple des quotas pour certains pays. Vers 1890, Henri Goddard traduit le premier test pratique d’intelligence, celui de Binet en France. Henri Goddard s’intéresse particulièrement aux familles qui représentent un poids pour la société. Il veut empêcher les gens les moins capables de se reproduire. Ses recherches correspondent à une période d’immigration massive. Cette vague d’immigration se distingue des premiers mouvements migratoires. Il ne s’agit plus de populations originaires d’Europe de l’ouest ou de Scandinavie mais d’italiens, de russes et de slaves. Les « immigrés de souche » se méfient de ces populations « étrangères » qui ne parlent pas anglais ! La mise en pratique des tests d’intelligence et les théories eugénistes qui les sous-tendent correspondent à cette ère du soupçon. Les tests Binet-Simon, adaptés par Henri Goddard, sont appliqués à Ellis Island. A l’époque, des médecins, des biologistes et des psychologues renommés font la promotion de l’eugénisme, c’est une sélection par l’Etat pour améliorer la population. En 1910, le biologiste Davenport publie un livre intitulé L’eugénisme, la science de l’amélioration des humains par de meilleurs croisements (1910). Il y propose des stéréotypes pour les races.
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