La Citadelle Assiégée

  »  Anecdotes

Le point fort du film est sans doute l’utilisation du boroscope. Cet outil est révolutionnaire dans l’image macro. Jusqu’à présent tous les objectifs macro avaient une profondeur de champs très réduite. Avec le boroscope, l’objectif est installé à quelques cm de l’animal. Il confère un angle de 120 degrés avec une mise au point très près du sujet, ce qui permet d’avoir une image nette de 5 cm à l’infini. Grâce à cet outil, on découvre l’animal dans son environnement. C’est un peu comme si Tom Pouce faisait une photo avec un appareil proportionnel à sa taille. Les animaux apparaissent énormes et donnent l’impression d’évoluer dans un grand canyon alors qu’ils courent dans une crevasse de quelques cm de large. L’autre point fort du boroscope est d’avoir sa première lentille très éloignée du plan focal. Sur un simple panoramique, l’image donne l’impression d’avoir été tournée à la grue. Sur certaines scènes on a vraiment une impression d’image aérienne tant dans la fluidité des mouvements que dans la découverte des décors. Les termites sont des insectes primitifs présents sur Terre depuis 250 millions d’années. Ils sont aveugles, fuient la lumière et vivent à l’intérieur d’une forteresse pouvant s’élever jusqu’à 6 mètres de hauteur abritant plus de 2 millions d’individus qui travaillent 24 heures sur 24. Dans la termitière, la loge royale pourrait être comparée au centre nerveux d’une énorme machine chimique reliée par des tunnels, des galeries, des nurseries, des champignonnières… Pourtant dans le cas d’une agression, toutes ses connexions se coupent. Le but ultime : protéger la reine. A l’approche des coups de pioche, les ouvriers rebouchent en quelques minutes toutes les voies d’accès menant à l’intérieur de la chambre royale. La stratégie de défense des termites n’est pas basée sur la riposte ou l’agression, comme beaucoup d’animaux ou plantes. Au cours des siècles, les termites ont cultivé l’art de la construction. Mieux vaut s’enterrer et s’isoler du monde extérieur que se risquer à le défier. Dans une organisation aussi sédentaire, aucune fuite vers un environnement plus “calme” n’est envisageable. La reine termite est vouée à l’immobilisme. D’après Alain Robert, termitologue, celle-ci pourrait avoir plus de 30 ans. La construction interne de la loge épouse littéralement la forme de son corps. Un millier d’ouvriers se relaient pour la nourrir, la nettoyer ou encore retirer les oeufs après chaque ponte.