par Reynald Dal Barco | 6/10
Sur le second long métrage de Brizé, on n’oubliera pas de signaler les relations difficiles qu’entretient l’huissier avec son entourage professionnel. Chez les Delsart, la non-communication est un trait de caractère que l’on se transmet de père en fils. Si l’unique né de Jean-Claude souffre en silence son incompatibilité d’humeur avec son père, ce dernier vit la même donne avec son propre père tous les week-ends, lors de la traditionnelle visite hebdomadaire à la maison de retraite : Jean-Claude tente d’amuser le septuagénaire avec des parties de Monopoly qui se finissent généralement mal, ou des promenades qui tournent court.
Jean-Claude s’est habitué à cette solitude. Et puis un jour, écartant le rideau de son bureau, l’huissier découvre le court de tango dispensé dans l’appartement lui faisant face. A la suite d’une visite chez son généraliste qui lui préconise la reprise d’une activité physique « sinon gare à l’infarctus »...
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Sur le second long métrage de Brizé, on n’oubliera pas de signaler les relations difficiles qu’entretient l’huissier avec son entourage professionnel. Chez les Delsart, la non-communication est un trait de caractère que l’on se transmet de père en fils. Si l’unique né de Jean-Claude souffre en silence son incompatibilité d’humeur avec son père, ce dernier vit la même donne avec son propre père tous les week-ends, lors de la traditionnelle visite hebdomadaire à la maison de retraite : Jean-Claude tente d’amuser le septuagénaire avec des parties de Monopoly qui se finissent généralement mal, ou des promenades qui tournent court.
Jean-Claude s’est habitué à cette solitude. Et puis un jour, écartant le rideau de son bureau, l’huissier découvre le court de tango dispensé dans l’appartement lui faisant face. A la suite d’une visite chez son généraliste qui lui préconise la reprise d’une activité physique « sinon gare à l’infarctus »...
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par François-Guillaume Lorrain | Positif
Déjà remarqué pour ses débuts, « Le bleu des villes », Brizé signe une oeuvre qui fait entendre sa petite musique. Délicat, émouvant, voilà un film qui s'impose comme l'excellente surprise de la semaine.
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Déjà remarqué pour ses débuts, « Le bleu des villes », Brizé signe une oeuvre qui fait entendre sa petite musique. Délicat, émouvant, voilà un film qui s'impose comme l'excellente surprise de la semaine.
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par Guillaume Loison | 4/5
Point de complaisance ici, juste un équilibre très artisanal entre typage sociologique, ficelles de romance et performances d'acteurs, une volonté de justesse, d'intensité et de fluidité qui fait mouche. D'où une puissance discrète mais habile qui permet au film de ne jamais réellement flancher en d'abordant les grandes scènes avec une agréable sérénité.
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Point de complaisance ici, juste un équilibre très artisanal entre typage sociologique, ficelles de romance et performances d'acteurs, une volonté de justesse, d'intensité et de fluidité qui fait mouche. D'où une puissance discrète mais habile qui permet au film de ne jamais réellement flancher en d'abordant les grandes scènes avec une agréable sérénité.
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par Vincy | 2/5
Mais, et là est la limite du manque de moyens dans un film indépendant français, on reprochera la laideur de l'image, sa platitude. Il y avait peut-être un peu plus d'ambition visuelle à avoir sur cet homme, à un tournant de sa vie (le père qui meurt, le fils qui se laisse pousser des ailes, une femme qui lui tombe dans les bras), homme qui veut être aimé et que tout le monde "trompe". Il ne suffit pas d'une séquence de tango dans un appartement pour faire vivre une liaison. Ou d'un métier (conseillère d'orientation orientant tout le monde désorientée elle-même) pour concrétiser une métaphore. Le film parvient quand même à boucler la boucle, un peu vite ou laborieusement, selon, à se faire aimer, et à faire aimer un huissier de justice. Ces adultes qui restent encore des enfants pour leurs parents ont cependant autant de chemin à faire que le cinéaste pour nous montrer qu'ils sont en pleine maturité...
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Mais, et là est la limite du manque de moyens dans un film indépendant français, on reprochera la laideur de l'image, sa platitude. Il y avait peut-être un peu plus d'ambition visuelle à avoir sur cet homme, à un tournant de sa vie (le père qui meurt, le fils qui se laisse pousser des ailes, une femme qui lui tombe dans les bras), homme qui veut être aimé et que tout le monde "trompe". Il ne suffit pas d'une séquence de tango dans un appartement pour faire vivre une liaison. Ou d'un métier (conseillère d'orientation orientant tout le monde désorientée elle-même) pour concrétiser une métaphore. Le film parvient quand même à boucler la boucle, un peu vite ou laborieusement, selon, à se faire aimer, et à faire aimer un huissier de justice. Ces adultes qui restent encore des enfants pour leurs parents ont cependant autant de chemin à faire que le cinéaste pour nous montrer qu'ils sont en pleine maturité...
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par Jean-Luc Douin | Positif
La grande qualité de ce film délicat est d'adopter la retenue pudique de ses personnages. En empathie avec ces handicapés de l'émotion, Je ne suis pas là pour être aimé structure les scènes autour des silences, trouve la bonne distance pour capter le choc et l'attirance des timidités. La douleur des non-dits, la maladresse des rapports affectifs ne pouvaient être à ce point perçus qu'avec de remarquables comédiens. C'est le cas du nonchalant Patrick Chesnais, dissipant ici l'éclair malicieux qui fait d'ordinaire son charme pour distiller une infinie tristesse. Sa manière de séduire presque involontairement, n'offrant que ses soupirs, pudeurs et banalités, relève du grand art.
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La grande qualité de ce film délicat est d'adopter la retenue pudique de ses personnages. En empathie avec ces handicapés de l'émotion, Je ne suis pas là pour être aimé structure les scènes autour des silences, trouve la bonne distance pour capter le choc et l'attirance des timidités. La douleur des non-dits, la maladresse des rapports affectifs ne pouvaient être à ce point perçus qu'avec de remarquables comédiens. C'est le cas du nonchalant Patrick Chesnais, dissipant ici l'éclair malicieux qui fait d'ordinaire son charme pour distiller une infinie tristesse. Sa manière de séduire presque involontairement, n'offrant que ses soupirs, pudeurs et banalités, relève du grand art.
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par Gilles Renault | Mitigé
Encore un petit effort et Patrick Chesnais va vraiment devenir le Bill Murray du terroir. Même parcimonie pour infiltrer l'intérieur en lambeaux de quinqua à la limite du hors jeu (sentimental, surtout, mais aussi social, culturel) ; même façon de poser sa carcasse sur un canapé et de fixer la caméra comme si le face-à-face statique pouvait durer une éternité ; même habileté à combiner les styles, entre humour à froid et neurasthénie tempérée. Même panade existentielle, consommée.
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Encore un petit effort et Patrick Chesnais va vraiment devenir le Bill Murray du terroir. Même parcimonie pour infiltrer l'intérieur en lambeaux de quinqua à la limite du hors jeu (sentimental, surtout, mais aussi social, culturel) ; même façon de poser sa carcasse sur un canapé et de fixer la caméra comme si le face-à-face statique pouvait durer une éternité ; même habileté à combiner les styles, entre humour à froid et neurasthénie tempérée. Même panade existentielle, consommée.
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par Aurélien Allin | 3/5
Autant de qualités d'écriture et d'interprétation qui font donc oublier un certain manque d'originalité et une tendance parfois inutile à exacerber le décalage humoristique.
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par Pierre Murat | Positif
C'est un film miniature, comme l'était déjà Le Bleu des villes, le premier long métrage de Stéphane Brizé. Cinéma en pointillé, cinéma pointilliste, où les sentiments se dissimulent, où les silences sont plus éloquents que les mots. Nulle gentillesse, pourtant, dans le regard du cinéaste. Et encore moins de mièvrerie : la scène de l'expulsion d'une pauvre fille sans argent suffirait, à elle seule, à nous en convaincre. En quelques plans, Stéphane Brizé résume tout. La douleur et le chagrin de celle qui se retrouve à la rue et ne sait pas ce qu'elle va devenir. Les rires, indécents, de ceux qui rassemblent ses pauvres affaires et se fichent de son désespoir. Et la gêne, la rage de Jean-Claude qui, brusquement, leur ordonne de se taire, tout en continuant à faire son métier.
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C'est un film miniature, comme l'était déjà Le Bleu des villes, le premier long métrage de Stéphane Brizé. Cinéma en pointillé, cinéma pointilliste, où les sentiments se dissimulent, où les silences sont plus éloquents que les mots. Nulle gentillesse, pourtant, dans le regard du cinéaste. Et encore moins de mièvrerie : la scène de l'expulsion d'une pauvre fille sans argent suffirait, à elle seule, à nous en convaincre. En quelques plans, Stéphane Brizé résume tout. La douleur et le chagrin de celle qui se retrouve à la rue et ne sait pas ce qu'elle va devenir. Les rires, indécents, de ceux qui rassemblent ses pauvres affaires et se fichent de son désespoir. Et la gêne, la rage de Jean-Claude qui, brusquement, leur ordonne de se taire, tout en continuant à faire son métier.
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