We Want Sex Equality : la critique.

On passe un bon moment devant ce film à classer dans la catégorie des comédies sociales britanniques. Tout d'abord, We Want Sex Equality a le mérité de relater un moment important de l'histoire britannique. On ne peut que se réjouir de voir le thème de l'égalité des salaires être traité, alors même que les inégalités existent encore 40 ans plus tard.
We Want Sex Equality relate en effet le combat de travailleuses de l'usine Ford de Dagenham, qui manifestèrent pour dénoncer, dans un premier temps, un déclassement injuste. Leur combat, mené par Rita (Sally Hawkins, malheureusement un peu poussive, en dessous de sa magistrale interprétation dans Be Happy), se matérialisa finalement en lutte pour l'égalité des salaires entre hommes et femmes.
Le film en lui-même est assez charmant mais n'atteint jamais les sommets de films sociaux britanniques tels que Les Virtuoses, My name is Joe ou encore The Full Monty. Pourtant on voit bien qu'au cœur de cette comédie ; on a insufflé des moments plus dramatiques pour flirter avec le drame social.
C'est un peu le problème du film, même si, ne soyons pas trop durs, il fonctionne bien. Les ficelles sont un peu énormes lorsqu'on tente de vous faire verser une larme, alors que d'une manière globale le film "enjolive" une réalité qui devait être bien plus âpre que ce que l'on nous donne à voir.
Enjoliver c'était un parti pris, puisque le réalisateur, Nigel Cole (Saving Grace, Calendar Girls, 7 ans de séduction), a voulu que l'ambiance soit lumineuse, estivale et les femmes de bonnes natures. Du coup, la dramaturgie tombe un peu à plat même si certaines scènes sont véritablement touchantes et bien jouées. On soulignera deux belles scènes : celle du face-à face au café entre Rita la meneuse du mouvement et Albert son responsable (Bob Hoskins), et celle du soutien que vient apporter la femme d'un dirigeant de l'usine (excellente Rosamund Pike) à Rita.
Les points forts du film résident notamment dans le casting, excellent dans son ensemble, et dans des dialogues tout à fait savoureux.
Ce qui nous fait sourire dans le film est bien souvent ce qui écorche le comportement des hommes dont on fait le procès à tous les étages, que ce soient les patrons, les politiques, et même les ouvriers dont le soutien à leurs collègues et femmes se révèle bien relatif.
Le plus intéressant dans le film, c'est la relation homme-femme au delà du monde du travail, c'est à dire à la maison, là où aujourd'hui encore les inégalités sont les plus criantes.
Le film est ainsi intéressant sur de nombreux niveaux, on pourra d'ailleurs se délecter, ou pas, du traitement qui est ici appliqué aux syndicalistes surtout et à la politique un peu.
Malheureusement le film semble techniquement peu abouti, il n'est franchement pas très beau à regarder, les plans sont basiques, le traitement musical très secondaire. Il a des approximations dans le montage (surtout au début), bref, ce sont des aspects qui pour beaucoup sont secondaires, mais qui, au final, font la différence quant à l'aboutissement d'une œuvre cinématographique.
On pourra en tout cas accorder à ce film qu'il créé des réactions, des réflexions. Ce petit rappel historique nous amène à apprécier le chemin parcouru, en Europe, dans l'amélioration de la condition et des droits des femmes. Dans un deuxième temps cependant, on constate aussi que la presqu'égalité à laquelle nous sommes parvenus, que l'exigence qu'ont aujourd'hui les femmes, ont sans doute complexifié les relations de couples, preuve qu'entre hommes et femmes il y aura toujours beaucoup de chemin à parcourir ...
Emilie Bablée
