La Source des femmes : émancipation caricaturale (critique)
Malgré toutes ses bonnes intentions, La Source des femmes, cinquième film de Radu Mihaileanu, ne passera pas au travers des feux de la critique. Seul bons points : les prestations de Leïla Bekhti et Biyouna !Le divorce semble consommé entre la presse cinéma de la semaine et La Source des

Malgré toutes ses bonnes intentions, La Source des femmes, cinquième film de Radu Mihaileanu, ne passera pas au travers des feux de la critique. Seul bons points : les prestations de Leïla Bekhti et Biyouna !
Le divorce semble consommé entre la presse cinéma de la semaine et La Source des femmes. Pourtant, le pitch a de quoi séduire même les plus récalcitrants. Abandonnant un temps les questions existentialistes de la diaspora juive, le réalisateur Radu Mihaileanu se penche sur la condition féminine dans le monde arabo-musulman au travers d’une histoire touchante, celle d’une communauté villageoise où le sexe dit faible a décidé de faire la grève de l’amour.
Aussi belle et militante soit-elle, cette histoire ne demeurera qu’un conte. Comme annoncé en introduction, la parabole pourrait se passer dans n’importe quel pays en manque de soif. Radu Mihaileanu utilise ici l’imaginaire pour faire passer un discours qu’il veut progressiste, mais qui ne demeure, in fine, que celui d’un occidental perdu dans son universalisme. Le vent de démocratie qui balaie depuis des mois le Maghreb semble faire tourner la tête des réformistes de tout poil. L’émergence des partis islamistes rappelle qu’un modèle ne peut être décliné à l’infini. Et oui, avant de tout changer, il faut comprendre un peuple.
Malgré toutes les bonnes intentions (comment ne pas adhérer à l’idée proposée par l’auteur), son film baigne dans la caricature : une belle-mère irascible, un beau-père déconfit, un mari prêt à tous les sacrifices, des hommes fainéants, un ex baigné de regrets, des fondamentalistes très méchants, un imam distant, une relecture du Coran pour les imbéciles, et des jeunes filles qui rêvent d’un devenir tout en regardant des telenovelas insipides, voici le décor planté. Tout y passe. Au cœur de ce mécanisme rondement huilé, pourtant, il en est une qui chavira, à nouveau, notre cœur. Il s’agit de (la grande) Biyouna : artiste protéiforme algérienne qui porte, dans La Source des femmes, tout le comique de la situation. Dans le film, Mihaileanu l’a affublé du titre de Vieux fusil. Caricatural disions-nous… Un tout petit 6 sur 10.
Reynald Dal Barco
