00H00 Le 10/03/11 Films 0
L'Assaut de Julien Leclercq : la critique !

L'Assaut de Julien Leclercq : la critique !


L'Assaut de Julien Leclercq : la critique !

Le deuxième film de Julien Leclercq consacré à la libération des otages de l'Airbus A-300 sur le tarmac de Marseille-Marignane le lundi 26 décembre 1994 n'est pas qu'un film sur l'héroïsme. En aparté d'une chronologie d'événements tragiques, le cinéaste distille un discours salvateur.
L'Assaut est un bon film ! D’abord parce qu’il restitue au plus près (tel était l’objectif du réalisateur) ce que furent les événements de la prise d’otage. Au regard du contexte, Julien Leclercq a, par ailleurs, composé sans partis pris – même s’il était facile de tomber dans la béatitude d’un haut fait d’armes de policiers d’élite, même s’il était facile de stigmatiser un groupuscule terroriste déterminé aux extrêmes.

Aidé des cadres du GIGN ayant participé directement à l’événement (des membres actuels du GIGN ont participé à l’assaut final du film), soutenu par le témoignage de passagers séquestrés dans l’avion, Julien Leclercq a aussi bénéficié des documents écrits et sonores de l’intervention. A ce titre, soulignons que les dialogues entre la tour de contrôle et le cockpit de l’Airbus sur le tarmac d’Alger sont authentiques ("au mot près" revendique l’intéressé). Le premier travail du réalisateur fut donc essentiellement journalistique afin de collecter les tenants et aboutissants d’une prise d’otage qui fut relayée (heure par heure) par la télévision française (prise d’otage qui marqua une génération : Julien Leclercq avoue avoir été marqué au fer rouge alors qu’il n’avait que 14 ans à l’époque). Plus loin, la mise en scène déclinée autour de trois points de vue (terroriste avec les quatre jeunes Algériens, GIGN avec Vincent Elbaz, DGSE avec Mélanie Bernier) permet d’échelonner une vision globale et de préserver un intérêt constant chez le spectateur (car on en apprend de belles pendant 1h30). Même s’il paraît dérisoire de parler d’intérêt spectaculaire étant donné la tragédie, le public reste rivé à l’écran, pris par un suspense grandissant, voire haletant (alors que la fin est d’ores et déjà connue de tous).

Le dénouement du détournement du vol Air France 8969 demeure l’une des interventions les plus symboliques et glorieuses du GIGN. Le film montre, bien sûr, toute l’abnégation de soldats hors pair (immanence de leur métier) ; il montre aussi (responsabilité d’Vincent Elbaz en tant qu’acteur) qu’ils demeurent des hommes du quotidien en proie au doute, même s’ils restent d’authentiques tueurs – voir Vincent Elbaz pénétrant dans le cockpit, 357 à la main. L’œuvre veut appuyer un propos : le GIGN n’est pas qu’une machine de guerre ; le terroriste n’est pas qu’une bête assoiffée de sang. En face, quatre jeunes Algériens (presque des adolescents), quatre musulmans croyant œuvrer pour le destin d’une cause qu’ils pensent noble, quatre bras armés perdus dans les méandres d’un combat qui n’est pas le leur (voir intervention du chef terroriste incarné par Abdelhafid Metalsi). La scène présentant l’intervention d’une mère cherchant à convaincre son fils de stopper le massacre, l’adjurant de penser à sa famille, est probante. Que penser encore de cet autre moment du film où l’un des jeunes pense (enfin) avoir trouvé une épouse parmi les passagères qu’il vient de séquestrer (parce que c’est mal de ne pas être marié à son âge) ? C’est deux temps forts révèlent une dérive, une errance existentielle dramatique : terreau de toutes les récupérations politiques et religieuses. Dans ce sens, la confrontation Terroristes – GIGN ne marque pas un antagoniste premier ; L'Assaut est une histoire d’hommes.

Alors que le film suscite déjà quelques interrogations (mal venues) au sein d’un contexte politico-culturel déjà largement trouble (stigmatisation des questions de religiosité, dégénérescence des rapports au sein de la société française), interrogations à notre avis totalement absconses, voire mensongères, remercions Julien Leclercq d’avoir exprimé toute l’incidence horrible que peut constituer, au travers d’un tel événement, la perte identitaire.

Par Reynald Dal Barco



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